( 29 mars, 2010 )

Une amicale fin d’après-midi.

Ce vendredi, rendez-vous était pris avec le club de lecteurs de la médiathèque d’Ancenis. Rencontrer quelques lecteurs de ses livres ne pouvait qu’enthousiasmer Olivier Lebleu.

17h30 – Tout le monde est présent, attentif, posé, bienveillant.

p2170086.jpgp2170085.jpgp2170083.jpgp2170084.jpg

Olivier commence par se présenter comme une personne très hétéroclite,qui n’aime pas se laisser enfermer dans des cases.
Puis l’échange se porte sur les deux romans (L’étranger de la Famille, Passer la nuit) d’Olivier Lebleu et sur son livre historique les avatars de Zarafa première girafe de France.

1giraffecoulcouv.jpg

 

Et  la conversation arrive rapidement sur l’acte d’écrire. Olivier Lebleu revendique l’acte d’écrire comme une thérapie, il cite alors Yves Navarre qui dit : « Ecrire, c’est crier et rire. » Il n’oublie pas qu’écrire pour lui c’est aussi transmettre.

Une question arrive sur le style d’Olivier Lebleu, il précise aussitôt que selon lui, il n’a pas de style, il a juste la volonté de vouloir laisser la place au lecteur, qu’il puisse y mettre son propre imaginaire (souvenons-nous du canapé rouge !).

p2170088.jpg

La rencontre se poursuit sur l’épopée de la première girafe de France, Olivier Lebleu ne se lasse pas de nous faire partager histoire et anecdotes qui rendent ce moment agréable et souriant.

18h45 – L’échange s’arrête, mais reprend aussitôt autour d’un verre de l’amitié.

p2170092.jpgp2170091.jpgp2170090.jpg

 

Malheureusement le temps est compté, et il est temps de se quitter. Ce rendez-vous fut un réel plaisir de rencontres.

Merci à Florence Chevé et sa collègue pour l’accueil, les sourires et les petits gâteaux.

( 29 mars, 2010 )

Un atelier d’écriture au musée de Joachim du Bellay.

L’atelier d’écriture animé par Olivier Lebleu se passait dans un lieu hautement symbolique : le musée Joachim du Bellay.

p2180096.jpg     p2180095.jpg

Chaleureusement accueillis par Cynthia, avec du thé bien chaud, des gâteaux au sésame et à la lavande préparés par ses soins, nous avons écrit sur la mémoire (fictive, enchantée, et léguée). Puis nous nous sommes amusés à écrire des dialogues qui ont donné lieu à un moment joyeux et humoristique. Nous avons poursuivi sur les textes qui portent sur le thème du fleuve et qui donneront lieu à une lecture publique pour les Lyriades, sous le Tambour à la Turmelière, le dimanche 30 mai à 14h30.

p2180093.jpgp2180094.jpg

 


 

( 25 mars, 2010 )

Rencontre avec Olivier Lebleu

au collège Pompidou



    Jeudi 4 mars de 13H à 14H, une vingtaine d’élèves étaient présents pour rencontrer Olivier Lebleu et lui poser diverses questions préparées avant au CDI. C’est un auteur de romans, de biographies et de livres documentaires.
Nous l’avons interrogé sur ses oeuvres comme par exemple L’Etranger de la famille qui raconte l’histoire d’un jeune homme qui a du mal à dévoiler son homosexualité à ses proches ou Passer la nuit dans lequel une vieille dame séquestre un jeune homme venu lui porter un colis. Il nous a dit qu’il se retrouvait dans ses romans. Il a également écrit la biographie de Mike Brant, un chanteur de variétés des années 80. Il a aussi fait de la télévision et de la radio.
Actuellement, il écrit un roman, tout en animant des ateliers d’écriture pendant sa résidence d’auteur à la Turemelière, lieu culturel près de Champtoceaux.

Notre impression: nous l’avons trouvé très ouvert à toutes les questions posées et à l’aise avec un public d’adolescents.

 

Loïs

 

p2040063.jpg

( 18 mars, 2010 )

 

 

Partenaires du projet :

 

 

- Partenaires financiers :

 

 

Centre National du Livre

Conseil régional des pays de La Loire

Conseil Général du département de Maine et Loire

Ministère de la culture

DRAC

Syndicat mixte des Mauges

La ville d’Ancenis

 

 

 

- Autres partenaires :

 

  Partenaire du Maine et Loire : Association d’ Un fleuve à l’autre, BDP 49,Café le Mas Thélème, Centre social culturel de Champtoceaux, collèges de Champtoceaux, Les Lyriades, Librairie Parchemin, SPIP 49 : maison d’arrêt d’Angers.

 

Partenaires de Loire-Atlantique : Compagnie Paq’la Lune, SPIP 44 : maison d’arrêt de Nantes, Théâtre Quartier Libre d’Ancenis.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

( 14 mars, 2010 )

Un bel après-midi à la bibliothèque de La Varenne.

Vendredi 12 mars, 13h30 : Olivier est attendu pour animer un atelier d’écriture à la bibliothèque de La Varenne, organisé par la BDP 49.  Nous sommes onze personnes à vouloir tenter l’expérience.  Beaucoup avait cette peur, souvent irraisonnée mais que nous connaissons tous, que ce ne soit pas fait pour soi… Peur de l’élitisme, peur d’écrire avec les autres, peur tout simplement du jugement. Heureusement, Olivier, avec sa simplicité habituelle, a réussi a emmené tout le monde dans ces propositions d’écriture, et chacun au fur et à mesure a pris confiance, a baissé la garde et a plongé dans l’écriture au grand plaisir de l’ensemble du groupe.

p2060054.jpgp2060058.jpg p2060057.jpg

Mais déjà 18h, vite, les premières personnes arrivent pour écouter la lecture d’Olivier Lebleu. Nous serons une vingtaine à écouter dans un silence quasi religieux et dans une émotion contenue la nouvelle : Déshéritage. Chacun s’y est retrouvé au fur et à mesure qu’il avançait, en même temps que l’auteur, dans les pièces de la maison d’enfance de celui-ci. Ses souvenirs devenaient les nôtres, et en appelaient bien d’autres. Comme le dit souvent Olivier : « plus votre texte parle de l’intime, plus il touche à l’universel » et donc émeut le plus grand nombre. La lecture  s’est continuée sur une discussion, entrecoupée d’anecdotes et d’histoire de vie, entre Olivier et les participants.

p2060059.jpg p2060060.jpgp2060062.jpgp2060061.jpg

Puis est arrivé le moment de partager autour d’un verre de l’amitié nos impressions, nos ravissements et nos questionnements.

p2060063.jpg p2060064.jpg

Merci à tout le monde, et plus particulièrement à Andrée, Anne, Anne-Marie, Chantale, Christine,Hélène, Mario, Pierre-Hugues, Sophie, Yannis…

 

( 12 mars, 2010 )

A la suite d’Olivier.


Jeudi 4 mars.

Matin, conférence de presse devant 3 journalistes régionaux. Midi, déjeuner au Collège Pompidou. 13h, rencontre avec une vingtaine de 4ème et 3ème, qui ont préparé leurs questions, écrites sur des grandes feuilles à carreaux. La masse de leurs interrogations m’oblige à la concision, leur pertinence m’impose la précision. Pourquoi avoir décidé d’écrire ? Comment choisir un titre ? Me suis-je fait aider ? Quel est mon livre préféré, chez moi, chez les autres ? Quels sont mes projets ? Passionnant, engageant, exigeant !

 

p2040055.jpgp2040056.jpgp2040057.jpg

 

Olivier Lebleu rencontre des collégiens de 4ème-3ème

au collège Georges Pompidou (04/03/10)

 

(Notes prises par Sabine CHAGNAUD à partir des échanges.)

 

Quelle fréquence de publication ? Environ un livre tous les deux ans. Jusqu’ici, j’ai publié 5 livres.

Depuis quand tu écris ? Les poèmes, les petites histoires que j’ai écrits à l’adolescence, ça compte aussi ? J’ai écrit mon premier livre l’été de mes 18 ans, jamais publié mais c’est souvent le cas, le premier livre n’est pas toujours le meilleur.

Le livre le plus difficile à écrire ? C’est toujours celui qui est en cours.

Ma lecture préférée quand j’étais petit ? La BD Alix.

Ai-je toujours voulu être écrivain ? Quand j’étais enfant, je rêvais d’être chanteur.

Pourquoi avoir choisi de parler d’une famille si compliquée dans « L’Etranger de la famille » ? Parce qu’elle ressemble un peu à la mienne. J’invente pour parler de moi.

L’auteur qui m’a donné envie d’écrire ? Michel Tournier.

Les auteurs que j’aime lire ? Olivier Charneux, Inès Cagnatti, Yves Navarre…

« Ecrire, c’est crier et rire », dit Yves Navarre.

« J’écris pour me parcourir », dit Henri Michaux.

Pourquoi Mike Brant ? Parce que je l’ai beaucoup écouté à une période de ma vie et un jour quelqu’un m’a dit « Pourquoi tu n’écris pas sa vie ? » A ce moment-là je travaillais pour la télévision et j’ai eu accès aux archives de la Maison de la Radio, ils avaient tout sur Mike Brant, c’est là que j’ai découvert qu’il était le fils de rescapés des camps de concentration.

Comment on devient écrivain ? En écrivant… et en publiant. Aux yeux des gens, on est écrivain à partir du moment où on est publié, c’est dommage mais c’est comme ça… Dans ma vie j’ai fait plusieurs choses, c’est de plus en plus courant dans la société dans laquelle on vit, de faire plusieurs métiers.

Quels autres métiers ? J’ai travaillé pendant dix ans pour la télévision, pour une émission pour ados qui s’appelait « Giga », mais j’étais frustré car j’avais besoin d’une part plus grande de créativité dans mon travail.

Votre formation de psychologue vous aide à écrire ? Bien sûr ! Mais pas seulement. La psychologie me passionne parce que ça sert à mieux communiquer, à être bien avec les gens.

Des conseils à donner pour des personnes qui veulent écrire ? Lire beaucoup. C’est en lisant que vient l’envie d’écrire, enfin pour moi, et c’est en lisant qu’on apprend à écrire. Il faut ne pas trop se poser la question de la forme, mais plutôt de ce qu’on a vraiment envie de dire. Si c’est vraiment important pour soi, alors ça touchera les autres.

 

Vendredi 5 mars. Je suis invité à une lecture-rencontre par l’association O’Librius (si j’avais dû prendre un nom de plume, j’aurais choisi celui-là). L’invitation s’inscrit dans le cadre de la Lutte contre (toutes) les Discriminations. Je suis pour cette assimilation. Je veux dire que l’homophobie, la xénophobie, l’antisémitisme – j’en passe et des pires – jaillissent tous du même ressort psychologique : je ne connais pas > j’ai peur > je rejette > j’agresse. Quand vous le démontez, vous reprenez espoir en une tolérance à enseigner. Dans « La Crise » de Coline Serreau (1992), Michou (Patrick Timsit) s’affirme raciste, il déteste tous les Arabes : tous, sauf Mohammed, parce que Mohammed, c’est pas pareil, il est de mon immeuble ! L’ignorance est le terreau de toutes les haines. Alors, parlons-nous.

L’autre mécanisme psychologique opérant en l’occurrence est celui de la projection. Une personne en conflit avec ses propres pulsions homosexuelles peut expulser cette « homophobie intériorisée » en agressant l’homosexuel assumé. Ceux qui vont « casser du pédé » investissent un pseudo-rôle de justicier vengeur, champion d’une morale hétéro-centrée, pour apaiser la secrète (et souvent inconsciente) angoisse de leurs propres tendances « déviantes ». Est-on vraiment surpris d’apprendre qu’Hitler avait une grand-mère juive et qu’il connut des amours masculines quand il était étudiant en peinture ?

 

Ce soir-là, il est donc essentiellement question de mon premier roman « L’Etranger de la famille ».

http://turmeliereresidenceolivierlebleu.unblog.fr/files/2009/11/couvetranger.jpg

Parce que c’est l’histoire d’un coming-out, le mien, à travers le filtre d’une famille de fiction (mais nombreuse, comme la mienne). J’ai dit ma vérité à mes proches vers 20 ans, quand j’étais puissamment amoureux – l’adrénaline de la passion jouant comme un désinhibant. En quelques jours et quelques échanges, les décharges émotionnelles furent si fortes et si diverses qu’un ami journaliste me recommanda de prendre des notes pour un futur livre. Mais je ne voulais pas faire de l’homosexualité ma thématique (puisque fondamentalement pour moi, ce n’est en pas une, pas plus que celle de ma calvitie naissante). Ce qui m’intéressait, c’est le secret de famille, le manque de sincérité dans les relations humaines – doit-on, peut-on, tout dire, vraiment tout, et à qui ? Sous la pression de son copain, Benoît vient mettre les pieds dans le plat familial, le week-end du cinquantième anniversaire de son père. Il dynamite alors les relations tribales en renvoyant chacun à son manque de transparence, à cette trahison de serments d’une fratrie ou d’un couple. Benoît sort de son placard et confronte chacun au squelette qu’il cache dans le sien. Le plus « étranger » de tous n’est jamais celui qu’on croit. Reste ensuite, comme dirait Boris Cyrulnik, à « retricoter » les liens affectifs.

 

Gwenaël, l’animateur du café-lecture d’O’Librius, me demanda l’autorisation de lire devant notre petite assemblée quelques extraits sélectionnés par ses soins. J’ai acquiescé du bout des lèvres. Un auteur a toujours peur de s’entendre trahi par un mauvais orateur. A fortiori quand il s’agit de dialogues, comme c’est souvent le cas dans ma prose. Or, je rends hommage à la pertinence et la simplicité de notre hôte, qui trouva le ton juste entre jeu d’acteur et lecture à plat. Il en fit ni trop ni trop peu. A tel point que j’eus parfois l’impression de redécouvrir mon texte. Merci donc, Gwenaël !

p13100571.jpg p13100581.jpg

Merci ensuite à Bruno BONHOURE ! Son nom signifie bonheur en occitan et cela définit parfaitement notre personnage. Ce chanteur / conteur / comédien / mime / auteur (et j’en oublie sûrement) nous en a bien donné, du bonheur, samedi 6 mars, dans le Chapelle des Ursulines à Ancenis, en interprétant le conte de « la Belle et la Bête » (dans sa version originale du XVIIIe siècle) ponctué d’intermèdes (a capella) de chansons médiévales, folkloriques ou même de variétés françaises contemporaines. La Turmelière m’avait donné « Carte blanche » pour présenter une personnalité de mon choix, et j’ai l’honneur et le plaisir d’affirmer que ce choix a conquis le public présent. Redevenus enfants à la veillée, nous regardions et écoutions subjugués cet artiste complet. La grâce de sa voix, la souplesse de ses gestes, amplifiés par les ombres projetées et l’acoustique d’un lieu unique, ont opéré sur chacun un charme puissant. Lorsqu’il sortit de son manteau une main noire et luisante prolongée de longs doigts effilés, entre l’Edward de Tim Burton ou le Dracula de Coppola, j’en ai entendu crier de saisissement juste derrière moi !

p20100631.jpg

Lundi 8 mars. Tout autre décor : la prison d’Angers. J’y rencontre des détenus. Seulement deux d’entre eux, finalement, sur une douzaine, m’ont lu, et pas complètement. Je parle beaucoup, peu répondent ou me questionnent. Je les sens en attente. Que puis-je leur apporter ? Je détaille ma bibliographie, j’explique les motifs derrière tel livre, ma surprise pour l’accueil de tel autre. Certains mots prennent ici un poids particulier. Quand je fais le pitch de « Passer la nuit » - un jeune homme vient apporter un colis de Noël à une vieille dame esseulée, qui va le séquestrer toute la nuit – on me fait remarquer qu’ici, ce n’est pas vraiment indiqué, les histoires de séquestrés ! On me tacle à nouveau quand je parle de deal ; je me reprends en préférant le mot de contrat – et rougit en découvrant à nouveau une polysémie pouvant être mal interprétée dans le contexte… Une ambiance bonne enfant s’installe cependant. Soudain tendue quand mon homosexualité est évoquée. L’échange est courtois mais vif. L’un des mes interlocuteurs, jusqu’alors remarquablement prolixe, se retire de la conversation : « j’ai rien contre, mais ça m’intéresse pas, je veux pas en parler ». Une autre voix s’élève pour défendre ma liberté de parole. Calmement le groupe s’auto-régule, et l’on peut poursuivre.

 

Je touche dans le mille en expliquant, dans ce cadre particulier, la psychogénéalogie : comment la transmission d’un traumatisme hérité d’un parent ou d’un ancêtre peut imprimer une direction inconsciente à une existence. Comment Moshé Brand dit « Mike Brant » y a laissé sa peau. Comment Anne Ancelin-Schützenberger a mis au point sa théorie (Aïe, mes aïeux ! Liens transgénérationnels, secrets de famille, syndrome d’anniversaire, transmission des traumatismes et pratique du génosociogramme, 1998, Desclée de Brouwer), comment le « syndrome d’anniversaire » peut affecter une lointaine descendante d’un soldat gazé de la Première Guerre. Comment la « loyauté familiale invisible » de John-John Junior a autorisé l’héritier Kennedy à piloter un avion dans les pires conditions possibles. Comment j’ai fait de cette discipline thérapeutique, grille de lecture d’un destin, un documentaire pour France 2 en 2008. Silence profond dans la bibliothèque du centre de détention…

 

Un jeune homme écarquille les yeux, prend des détours pour évoquer l’image d’un parent et des possibles conséquences sur son destin : « Mais c’est pas bon si ça sert qu’à accuser quelqu’un de sa famille d’être responsables de nos conneries ?! » – « En effet, c’est pas le but, il s’agit simplement de déposer les valises qui ne nous appartiennent pas, de nous rendre libres; la malédiction n’existe pas; si l’on comprend que certaines idées, certaines angoisses sont projetées sur nous et qu’elles ne n’ont rien à voir avec nous; quand on comprend tout ça, alors on peut pardonner à l’autre, à soi-même, et commencer à faire ses propres choix dans la vie. » Un second me dit : « Moi, j’ai appris que j’avais un oncle terroriste à l’ETA le jour où je suis passé devant le juge, mon père ne m’avait jamais parlé de ce frère qui a fait le choix de la violence… » Ce même détenu me confiera être là pour des faits de violence, comme cet oncle caché : « Y’a-t-il un rapport avec moi ? » Ce n’est certainement pas à moi de lui répondre… Mais je vois que toute une réflexion s’est mise en marche.

 

 

 

 

 

( 10 mars, 2010 )

 

Attendez que je me rassemble ! Ca fait beaucoup de nouveautés et d’émotions en deux semaines à peine. Mais il faut bien que je détaille, que je débriefe, que je déblogue.

p12800041.jpg 

Ce 22 février, je suis en entré en résidence. Les associés de La Turmelière ont proposé, fort de mes cinq ouvrages publiés j’ai demandé, le courant du fleuve est passé. Et grâce à quelques subsides, voilà que je réside !

aut28851.jpg

N’imaginez pas une tour d’ivoire, trois tours de clef et circulez, l’auteur écrit, y’a rien à voir ! C’est un studio que j’investis, aménagé dans les communs extérieurs du château. La grande demeure est réservée aux autres visiteurs : écoliers en classes vertes, collégiens en nature découverte, jeunes gens à BAFAtiser, avec leurs adultes certifiés – professeurs, formateurs, animateurs. Je ne suis donc pas châtelain et cela me convient. Je trouve que c’est de dehors qu’il est le plus beau, le château, avec son bel assemblage de briques et pierre de taille, Napoléon III en diable. Pour la même raison, je suis Rochelais : mieux vaut avoir l’île de Ré sous les yeux, la voir en face, plutôt que d’oublier ses beautés à force de l’habiter.

 

D’abord un mot, une pensée, pour ma famille, mes amis, mes concitoyens de La Rochelle, de l’île de Ré, de la Vendée. Tristes, tristes sinistrés. J’ai appelé, texté, mailé. Ce qu’on m’a raconté dit le martyre d’un pays ravagé par les éléments, dont je prends des nouvelles depuis mon exil. La tempête fut pire qu’en 1999 – « Xynthia », c’est forcément plus violent que Cynthia, on est d’accord. Pire parce que plus mortelle. Ma nièce qui travaille à la mairie d’Aytré doit s’occuper de corps en pyjamas, alignés sans papier dans le gymnase communal. Un couple de retraités, un routard, une jeune femme et son bébé… Non encore réclamés, noyés. La Météo avait prévenu, tous les feux passés au rouge : le vent, plus la pluie, plus la marée. Avait-on oublié la vétusté des digues ? Pourquoi n’avoir pas évacué le proche littoral ? Beaucoup se sont piégés dans leur propre maison : barricadés, cernés par les eaux, plus moyen d’ouvrir ni porte ni volet, la mer entre mais ne laisse pas sortir, alors plaqués au plafond, s’ils n’ont pas pu défoncer la couverture de leur toit, ils y sont restés…Et puis, les animaux, les équipements, les aménagements, … Courage, la mer se retire ! Et soyons plus sages, puisqu’elle reviendra… D’accord, je plombe un peu l’ambiance, mais je ne peux pas tricher.

 

Première semaine, surtout d’installation, de réunions préparatoires, d’exercices à collecter. Et vendredi 26 février, après un plateau-dîner, le premier atelier. D’écriture. Pour adultes – enfin, de 15 à 57 ans. Plusieurs sont déjà rodés. A peine le temps de présenter, d’expliquer, sous les meilleures augures (Henri Michaux : « J’écris pour me parcourir », Yves Navarre : « On écrit, pour crier et rire. »), dès la première consigne, ils affutent leur plume et voguent les mots, roulent les idées ! Premières lectures devant le groupe, devant moi. Comment commenter ? Positivement. Laisser résonner. Pourquoi raisonner ? J’en suis épaté, ils ont déjà, sous des formes pas toujours maîtrisées, leur style, leur voix, leur imaginaire, à peine bridés, ne demandant qu’à galoper, dirigés mais libérés. J’essaie de murmurer à l’oreille des stylos. En tout cas, le groupe est là, soudé de bienveillance, conscient de sa diversité, mais chacun prêt à jouer choral ou solo, en fonction des morceaux, plus ou moins imposés.

p12400041.jpgp1240005.jpg

 

Lundi 1er mars, première rencontre avec les élèves, collège privé Saint-Benoît, de Champtoceaux. Je reste à l’écart discret du jeu lancé par les « Brigades de lecture », de la compagnie de théâtre Paq’La Lune. Ils défilent d’entrée, burlesques et délurés, claironnant tout leur répertoire de chansons en bleu : « Olivier s’appelle Lebleu / Lebleu Olivier s’appelle ! », « Je vous dirais les mots bleus / Les mots d’Olivier Lebleu… », « C’est Olivier Lebleu / la plume la plus belle / celle qui ensorcèle… », etc. Je ne sais pas où me mettre – Lebleu rougit, évidemment. Ils s’installent, délimitent un territoire avec une bande collante, bâtissent un totem, virevoltent sous leurs parapluies frappés de lettres, dans leurs pardessus imprimés de mots. Zarafa de mes « Avatars… », le jeune homme et la vieille dame de « Passer la nuit », et même Moshé dit Mike Brant -  ils sont tous là, livrés à des oreilles pas forcément concernées, pas toujours attentives, mais quand même rassemblées. L’après-midi, au CDI du collège public Pompidou, d’autres jeunes sont assis devant le même spectacle, calmes et concentrés, tout ouïes, moment de grâce…

p2040059.jpgp2040061.jpgp2040063.jpg

Le lendemain, mardi 2 mars, déjà le premier atelier ados, au collège Pompidou, avec 14 volontaires, public et privé mêlés. C’était 3h avec les adultes, c’est 1h30 avec eux. J’ai pris soin de collectionner les exercices ludiques. « Les écrivains s’amusent » et les collégiens aussi : ologrammes, palindromes. Ils inventent et c’est déjà savoureux : tautogrammes (« Mon merveilleux mari mange mes moutons malsains, mais ma maman maligne mange mon mari moelleux » compose Emma), acrostiches ( Flot léger et continu / Luit sous le soleil / Et emporte avec lui / Une espérance impossible / Voguant à l’infini / Et ce jusqu’au bout de la nuit » invente Améliane). Je sens qu’on va se régaler ! T’inquiète pas Eliot, 13 filles pour 1 garçon, c’est disproportionné, mais je suis là, elles ne vont pas te manger. Et bravo, déjà tu les as impressionnées : « Des dragons débiles dorment dans des doudounes, derrière des diamants de dinosaures dangereux, déterminés devant des doublures de Damien Durand », record du plus long tautogramme !

 p2040062.jpgp2040061.jpg

Le lendemain, mercredi 3 mars, nouvelles élucubrations joyeuses des Brigades de Lecture : à la médiathèque d’Ancenis, dans le hall du Centre aquatique, au Foyer de jeunes du Bois Jauni. A la piscine, un quidam près de moi s’exalte du délire inopiné, pour un peu il se lèverait pour chanter, finalement autorisé à donner le « 3 – 4 ! » du départ. En quelques minutes, il a rêvé, il a joué : « c’est pas tous les jours, c’est bien, ça change ! » Au Foyer, à peine étonnés, les ados écoutent et participent : « Et maintenant un 3ème de-e-e ? – Olivier Lebleu ? – Ouiii ! » Puis, un temps de questions – cash : « Pourquoi raconter cette histoire de jeune homme qui apporte un colis de Noël à une vieille dame ? Pourquoi parler d’un homo ? » Et là, je me dois de retranscrire tout l’échange :

 

Moi – D’abord, c’est quoi pour toi, un « homo » ?

L’ado – Ben, un homo, quoi !

Un autre ado : Un pédé !

Moi – Pas très joli, ce mot-là…

Une autre ado – C’est un ho-mo-sex-uel ! (Elle a pris un accent efféminé, je la regarde en souriant, elle arrête de se tortiller.)

Moi – OK, ça veut dire quoi « homosexuel » ?

Un ado – Un garçon qui va avec des garçons !

Moi – C’est ça, un garçon qui aime les autres garçons.

La première ado : Nan, mais je sais ça, mais pourquoi vous, vous avez pris un homosexuel ?

Moi – Parce que moi, je suis homosexuel.

Tous – Ah ? Oh ! (Pas de rires, une gêne quand même).

Moi – Ca change quelque chose ? Vous me trouvez différent ?

Tous  - Non, ben non !!

Moi – C’est comme si je vous disais : j’ai les yeux bleus, par exemple.

L’un des garçons – Ben ouais, mais ils sont marrons, vos yeux !!

Moi – C’est vrai, tu as raison.

 

 

( 8 mars, 2010 )

Une rencontre rare, précieuse et éphémère…

p2010059.jpg

La rencontre de ce samedi pour  34 chanceux était placé sous le signe de l’originalité, de la qualité et de la légèreté. Dans un lieu exceptionnel, la chapelle des Ursulines, Bruno Bonhoure, homme aux mille facettes, a happé son public en le plongeant dans le conte de La Belle et la bête. D’une voix claire et pleine, pure et divine, il a entrelacé lecture, chants médiévaux, et attitude de la commedia de l’arte : un mélange  étonnant, détonnant, passionnant et savamment réussi.

p2010061.jpgp2010060.jpgp2010062.jpg

 

S’est ensuivi une discussion entre Olivier Lebleu et Bruno Bonhoure, discussion pleine d’allant et de curiosité,  de joie et de sincérité.  Le public découvre alors qu’avoir du talent n’empêche pas la simplicité. Il apprend avec étonnement que Bruno Bonhoure se construit au fur et à mesure de belles rencontres qu’il sait toujours rendre riches et fructueuses. N’oublions pas sa ténacité, n’oublions pas le « tout est possible »… Mais déjà il est l’heure de se dire au revoir. Alors nous l’espérons, Monsieur Bonhoure,  à la prochaine fois, ici ou ailleurs.

p2010063.jpgp2010064.jpgp2010065.jpg

Merci .

Allez vite découvrir le site de son association, il le mérite ainsi que tous ceux avec qui il travaille.

Pour écouter c’est là…

Merci à Dominique Daheron pour son accueil et pour le lieu merveilleux(la chapelle des Ursulines) qu’il nous a cordialement  prêté.

( 8 mars, 2010 )

Contre l’homophobie, un long chemin est encore à parcourir.

p1310058.jpgp1310055.jpg

 

Vendredi 5 mars, une rencontre est organisée dans le cadre des semaines contre les discriminations par la FAL 44 dans le café-lecture de l’association O’librius avec Olivier Lebleu. Devant une trentaine de personnes attentives, s’est déroulé un échange entre Gwénaël et Olivier sur son livre « l’étranger de la famille », dont l’un des thèmes est le coming out d’un des personnages principaux, ou comment annoncer son homosexualité à sa famille. Olivier traite le sujet de façon humoristique, mais derrière cette apparente légèreté se cache un sujet profond et souvent douloureux pour de nombreuses personnes. Ce soir-là , les rires et les sourires étaient bien parmi nous, mais n’oublions pas  que derrière les rires se cachent les larmes. Rappelons simplement qu’aujourd’hui de nombreux jeunes se suicident parce qu’ils sont homosexuels. A l’évidence, malgré de réelles avancées, l’homosexualité est un sujet encore tabou. Ce vendredi, nous avons tous rêvé au jour où être homosexuel  ne serait qu’ un simple aspect d’une personne au même titre que la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, ni plus, ni moins.

p1310056.jpgp1310057.jpg

 

Merci à l’équipe d’O’librius pour son accueil, et plus particulièrement à Gwenaël pour la lecture inspirée des extraits de « l’étranger de la famille ».

 

( 5 mars, 2010 )

la compagnie Paq’la Lune et les brigades de lecture étaient à Ancenis.

p1290052.jpgp1290053.jpgp1290039.jpgp1290040.jpgp1290041.jpgp1290042.jpgp1290043.jpgp12900442.jpgp1290038.jpg

Voici les quelques photos des brigades de lecture en pleine action…

 

p12900071.jpgp12900121.jpgp1290020.jpgp12900311.jpgp1290036.jpgp1290028.jpgp1290021.jpgp1290024.jpgp1290026.jpgp1290014.jpgp12900191.jpg

123456
« Page Précédente  Page Suivante »
|