( 9 avril, 2010 )

1ère séance : LES ECRIVAINS S’AMUSENT : à vous de jouer !

Les textes qui suivent sont le résultat (partiel) de 5 ateliers d’écriture réalisés par Olivier Lebleu entre février et avril 2012, avec une douzaine d’élèves volontaires de 4ème et de 3ème des collèges de Champtoceaux (G. Pompidou et Saint-Benoit) avec la complicité des professeurs de français, Marie Delmas et Anne Kerangoarec.

 MONOSYLLABES

 Elle a des yeux bleus dont elle est fière. (Angèle)

 Je dors en cours de Maths tous les jours. (Lucie)

 Il fait froid ce soir dans la ville de Lille. (Line)

 Le nain fait des bons sur le pont quand il a soif ! (Mona)

 Il fait beau dans le pré, le soir on voit au loin la ville qui brille. (Améliane)

 Le jour et la nuit, le loir dort. (Pauline)

 Elle part seule dans la nuit avec la lune. (Garance)

 Quand tu vas là-bas, tu pars pour le voir. (Emma)

 

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TAUTOGRAMMES

 Paoline pond plusieurs pastèques pourpres pas potables pour plusieurs poissons pas prêts pour partager par parts parallèles. (Angèle)

 Lucie lave longtemps le linge léger. (Lucie)

 Manon mange mon mouton mort, moche, malsain, maigre mais mignon. (Iseline)

Des dragons débiles dorment dans des doudounes derrière des diamants de dinosaures dangereux, déterminés devant des doublures de Damien Durand. (Eliot)

 Mon mari merveilleux mange mes moutons malsains, mais ma maman maligne mange mon mari moelleux. (Emma)

 Mes miraculeuses mirettes mettent ma magnifique mémé méchante, maléfique, même malade, mais moi… (Mona)

 Leïa la laitière lave la lourde laine. (Laëtitia)

 Mon mouton mange ma main mais meurt malade malheureusement. (Améliane)

 Pour pouvoir parler pendant plusieurs périodes, prenons plus pied, plongeons profondément pour piquer plusieurs poissons prune plus pastel. (Noémie)

 Mon méchant matou mange mes mûres, mais mon mari mord mon mignon minou, mais mes moutons malins mangent mes myrtilles. (Garance)

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 MOTS INCRUSTES : cache ton prénom !

 Passe-moi la colle en gel ! (Angèle)

 Mange une cerise, l’inoubliable fruit du cerisier. (Iseline)

 J’ai vu sur ma peau l’inoubliable. (Pauline)

 Ma non-aimée est partie. (Manon)

 Mon abruti, c’est mon anniversaire. Mon asticot grignote mon amour. (Mona)

 Je dois manger des pruneaux et miracle, je ne suis plus constipée ! (Noémie)

 Il faut prendre du papier alu si tu fais des cookies. (Lucie)

 Eh, lis Hotrone, la nouvelle BD de super-héros, sorti en 1996, elle est géniale ! (Eliot)

 Gare, en ce monde il y a beaucoup de surprises ! (Garance)

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 ACROSTICHES : fleuve

Flot léger et continu

Luit sous le soleil

Et emporte avec lui

Une espérance impossible

Voguant à l’infini

Et ce jusqu’au bout de la nuit.

(Améliane)

 

Frivolement, le fleuve s’active et enveloppe

Les pensées de la terre et de Pénélope

Entendant au loin naviguer un bateau

Ulysse arrivant et sortant de l’eau.

Vu du ciel, le fleuve est une beauté

Emerveillant le monde et l’être aimé.

(Noémie)

 

Fleuve qui glisse

Le long des prés

Et s’arrête à côté d’

Une immense et

Vaste

Etendue d’herbe.

(Lucie)

 

Fluide, il ondule doucement

La pluie n’ayant pas de prise sur lui

Elégamment, elle l’accompagne

Uniquement arrivé à la mer, il se lâche

Violemment contre le vent

Et continue sa route dans une autre vie.

(Garance)


 

 

( 9 avril, 2010 )

3ème séance : LES SENTIMENTS

FAIRE UN INVENTAIRE

 CHOSES QUI ME FONT PLAISIR     Sourire

Manger des gâteaux apéro. Un stylo à plume à mine fine. Jouer du piano. Rire jusqu’à en avoir mal au ventre. Regarder ma série préférée. Visiter un zoo. Une journée entre amies. (Angèle)

Mes pieds dans le sable chaud. Un parapluie sous la pluie. Ecouter ma musique à fond pendant des heures enfermée dans ma chambre. Lire pendant longtemps. Aller faire du shopping à Nantes. Revoir des amis que je n’ai pas vus depuis longtemps. (Améliane)

Quand je chante. Quand je fais plaisir à mes cousines en leur faisant des chasses au trésor. Quand j’ai des fous rires avec mes amies. Quand je pense au voyage en Angleterre. Quand j’ai une bonne note. Quand « il » me parle gentiment. Quand mon frère me donne des bonbons. (Iseline)

Que pour une fois, mon frère se montre à peu près sympa. (Mona)

Quand ma sœur veut que je lui apprenne à jouer à la Wii ou la PS3. Quand j’achète le dernier volet des Légendaires. La sonnerie de la fin des cours. (Eliot)

Quand un gâteau sort du four. Quand mes amis sont avec moi. Quand je lis un bon livre. Que j’essaye de nouveaux jeux. (Garance)

Faire de la guitare. Quand je chante avec ma sœur ou ma marraine. Quand j’essaie de faire plaisir aux gens que j’aime. Quand je m’améliore à la guitare. (Manon)

 

CHOSES QUI ME METTENT EN COLERE  Cri

Les enfants maltraités. Les remarques mal placées. L’injustice. Mon frère quand il me dit que je rougis. La quantité de leçons. (Angèle)

Que l’on me contredise. Qu’on essaie de crier plus fort que moi. (Améliane)

Quand mon frère entre dans ma chambre sans frapper. (Iseline)

Que quelqu’un fasse quelque chose en sachant très bien que ça m’énerve. (Mona)

Quand mon frère me bat au jeu de catch. Que les Italiens font des voyages et pas les latinistes. M’ennuyer. Le latin. Léana qui fait sa faux cul. (Mona)

Quand les autres ne comprennent pas ce que je ressens. Quand d’autres personnes se moquent de moi ou de mes amis. (Garance)

Quand mon frère touche à ma guitare. Quand ma sœur lit mes conversations sur MSN. (Manon)

 

CHOSES QUI ME RENDENT TRISTES   Triste

Un arbre sans feuilles. Les animaux écrasés sur la route. Les gens invalides. Des déchets à perte de vue dans une rue. Les tapis en peaux d’animaux. (Angèle)

Quand je ne vois pas mes amies pendant longtemps. Quand je finis un paquet de bonbons ou un gâteau au chocolat. (Iseline)

Etre privé de jeu vidéo. Quand Yohan croit qu’il est mon ami. (Mona)

Quand un professeur humilie une personne en public. Quand une personne pleure. Quand je n’ai plus d’argent pour acheter ce que je veux. Quand une personne proche meurt. (Garance)

Ne pas voir la personne que j’aime. Quand mes amies ne sont pas là. (Manon)

 

CHOSES QUI ME FONT RIRE  Rire

Une gamelle (qui ne fait pas trop mal à la personne en question, quand même). Des blagues. Les rires communicatifs. Les surnoms entre amis. (Angèle)

Les blagues Carambar débiles. Les gens qui tombent dans la rue. Voir rigoler quelqu’un d’autre. Donner des noms aux objets. Faire la conne. (Améliane)

Quand je rigole. Quand mon frère se fait gronder à ma place. Quand mes amies rigolent. Quand Coralie me regarde en cours. (Iseline)

Quand je rigole mais que personne ne comprend pourquoi. Que Garance se mette un crayon dans l’œil. Quand il m’arrive de dire ou de faire une chose complètement idiote. Qu’il arrive quelque chose de ridicule à quelqu’un (c’est nerveux). (Mona)

Le chat Gelluck. Quand la prof de latin s’énerve. Titeuf. Ma sœur qui vomit dans le bol de mon frère quand il la tient sur ses genoux. (Mona)

Une blague drôle dite au bon moment. Une chose idiote qu’il n’y a que moi qui comprends. Quand un professeur fait une blague qui tombe à l’eau. Quand une personne se cogne contre un mur. Le malheur des autres. (Garance)

Quand mon petit frère se fait gronder à ma place. Quand je repense à  des trips entre copines. (Manon)

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OBJETS ANIMES

 Mélo mon piano.

Je suis installée sur mon tabouret et je commence à jouer un morceau sur Mélo. Et soudain, mes doigts dérivent sur un dièse qui sonne, hélas, très faux sur le morceau. Mélo crie :

-  Aïe, fais un peu attention ! Ca fait très mal, tu sais ?

-  Je suis désolée, lui réponds-je. Mais il faut absolument que je m’entraîne, le concert est dans une semaine.

-  Je t’aiderai, je ferai vibrer les touches sur lesquelles tu devras appuyer pour que tu ne te trompes as, dit-il d’une belle voix mélodique.

- Oh merci, nous ne ferons qu’un.

(Angèle)

 

Je sentais Mickey mon briquet gigoter dans ma poche. Oh mince, il s’était réveillé trop tôt et j’étais encore ne cours de Maths. J’ai essayé de l’empêcher de s’échapper mais trop tard, il avait bondi de ma poche. Essayant de le rattraper, je suis tombée par terre, réussissant enfin à le choper. Mais ce n’était pas sans avoir été vue par Monsieur Sechet. Je me pris un mot et Mickey fut kidnappé. De ma place, je pouvais l’entendre pleurnicher au fond du cartable du prof. Bien fait pour lui.

(Améliane)

 

Toto mon appareil passe son temps à me prendre en photo, sans blague. Il n’aime pas quand je suis triste, car les photos sont ratées. Il déteste la pluie, mais n’aime pas trop quand il y a trop de soleil, ça l’éblouit.

-Bonjour Iseline !

-Hey, Toto !

- As-tu bien dormi ?

-Oui, merci.

Et toc, un flash sort de sa bouche. Toto, des fois je l’adore, mais alors des fois, qu’est-ce qu’il m’énerve !

(Iseline)

 

Je me lève, m’habille rapidement, enfin j’essaie de m’habiller rapidement, puis je récupère sur ma table de nuit ma montre et mes boucles d’oreille. Je m’apprête à sortir de ma chambre, mais je suis interrompue par des cris qui me transpercent les tympans :

-Attention, tu nous as mal mises ! Géraldine va tomber !

-C’est bon, arrête de me crier dan les oreilles, Mireille, je suis pas sourde !

Je les raccroche avec empressement, puis sort enfin de ma chambre. Avec leurs histoires, ces boucles d’oreille vont me faire louper mon car.

(Mona)

 

-Je vais t’appeler Oui-Oui, ça te va ?

-Oui, très bien. Au fait, tu pourrais me serrer plus fort et arrêter de me secouer dans tous les sens ?

-Je suis désolé mais tu sais très bien que tu es une…

-Je veux pas le savoir et surtout arrête de massacrer des humains innocents. Ton père te l’a interdit. Le pire dans tout ça, c’est que j’en suis complice.

-Mais ce ne sont pas de vrais humains, ce sont des…

-Tais-toi. Je vais le dire à ton père ! Oh, qu’est-ce tu fais ? Non, pas mes piles ! Pas mes piles…

- Oh la la, si on ne peut plus jouer à « Destroy all human » sans qu’une Wiimote vous balance au vieux, où va le monde ?

(Eliot)

 

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-Voyons mademoiselle, levez-vous ! Vous allez être en retard.

-Hmm… Juste encore un peu, Georgie… Je vais le faire, mais pas maintenant…

-Mademoiselle, si vous continuez, j’appelle votre mère ! Et puis moi aussi, j’ai besoin de sommeil…

- Tu n’as qu’à dormir et me laisser tranquille… Fiche-moi la paix !

-Mademoiselle, vous me voyez dans l’obligation de… CHANTER !

-Nooon ! C’est bon, Georgie, je me lève… Mais regarde, il fait encore nuit…

-Mademoiselle…

-C’est bon, c’est bon…

Je repousse la couette et me lève encore tout endormie. Cette fois, je ne pousserai pas Georgie jusqu’à la chanson… Fichu oreiller !

(Garance)

 

Sophie ma guitare s’avança vers moi et vint sur mes genoux. Je commençai à gratter ses cordes :

- Aïe ! Tu me fais mal, ça va pas !!

-Oh, pardon ! Je suis désolée.

-Bon d’accord, mais la prochaine fois, gratte avec les doigts au lieu de prendre un médiator !

-Ok, ok !

Puis, comme elle avait les cordes irritées, elle alla dans son lit pour dormir.

 

 

(Manon)

( 9 avril, 2010 )

4ème séance : REALITE / IMAGINAIRE

SOUVENIRS EN-CHANTES : retrouvez une anecdote liée au souvenir d’une chanson.

 

Sur la plage, près d’un feu de camp, les étoiles scintillent dans le ciel nocturne. Je mets le bras devant, je mets le bras derrière, je mets le bras devant. Tous ceux du mini-camp, sauf ceux qui avaient préféré aller se coucher, dansaient face à la mer. Je fais de tout petits ronds, je fais le tour de moi-même. Sophie, la monitrice, menait la danse. Je fais le booggie-booggie. On commençait à s’approcher dangereusement de l’eau. Et je vais en avant. On fait demi-tour et on retourne vers le feu de camp tout en dansant. Je mets le coude, je mets le coude derrière. (Mona)

 

Avec mes copines, on se promenait dans la rue et on a croisé une dame qui ressemblait à une poupée tellement elle était maquillée. On s’est toutes regardées et on s’est mises à chanter : I’m a Barbie girl in a Barbie world, Barbie plastic, it’s fantastic ! Ensuite, on a éclaté de rire et on a inventé une chorégraphie sur cette chanson. A un moment, j’ai fait la chorégraphie avec une copine et dans la danse, on a faillé se faire un bisou sur la bouche. Et depuis à chaque fois qu’on voit quelqu’un qui est beaucoup maquillé, on rechante cette chanson et la choré. (Manon)

 

 

AU PIED DE LA LETTRE : prenez une expression populaire et traitez-la au sens littéral.

 

J’étais à la piscine avec une amie. J’ai voulu dire quelque chose, mais j’avais le mot sur le bout de la langue. Ce mot inconnu, j’aurais voulu qu’il saute à l’eau, qu’il chante, qu’il danse, pour démontrer mon opinion, mais non ! IL en avait décidé autrement. Il boudait et restait à prendre froid, sur le bout de ma langue tendue, prête à le prononcer, ce mot. Je recommençais ma phrase, en espérant qu’il sort. Mais non, toujours pas. (Iseline)

 

On était chez mes grands-parents à manger. Tut à coup, j’avais tellement mangé que mes yeux se mirent à gonfler. Ca me faisait trop mal. Ils étaient devenus plus gros que mon ventre. Je n’en pouvais plus. Ma mère m’a emmenée aux urgences et on a attendu pendant 1 heure. Quand on a vu le médecin, il m’a dit : » Mais il faut pas s’inquiéter, on va faire un petit trou avec une aiguille et tout ça va s’arranger. » Aussitôt, il a pris une aiguille et a fait un trou dans chaque œil. En fait, ça ne fait pas si mal que ça. Puis, nous sommes rentrées chez mes grands-parents. (Manon)

 

J suis borgne… Borgne depuis le jour où, par curiosité, en entendant un bruit derrière la haie de mon jardin, j’ai décidé d’y jeter un œil. Pas de bol, le bruit que j’avais entendu, c’était la tondeuse du voisin… et l’œil que j’avais jeté était tombé pile devant elle… Donc, depuis, je suis borgne. Ca m’apprendra à être curieuse. (Mona)

 

PING-PONG : écrivez des dialogues en tandem à partir d’une situation donnée.

 

Personnage n°1 : Laëtitia – Personnage n°2 : Eliot

 

P1 :      Dites, j’ai vraiment peur là, vous pouvez vous dépêcher ?  

P2 :      Faut vous calmer, ma p’tite dame. J’ai pas le matériel suffisant, là.

P1 :      Quoi ! Comment ça ? Mais je peux pas attendre ! Ca va faire trois fois que j’arrive en retard au travail, mon patron a dit que la prochaine fois, je serai virée.

P2 :      Bon, écoutez, j’en ai pour seulement 1 à 2 heures. Ce n’est pas long. Et puis, c’st ça ou rien.

P1 :      Quoi ! Mais pourquoi ça tombe toujours sur moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?

P2 :      Très bien, vous avez gagné… Je prends ma tronçonneuse, j’explose le tout et vous êtes libre, ok ?

P1 :      C’est vrai ? Oh, merci ! Mais, dites-moi, c’est pas un peu risqué ? Car je tiens quand même à rester en vie…

P2 :      Bon, vous voulez être à l’heure, oui ou non ?

P1 :      Oui, vous avez raison… Dites-moi, ça fait longtemps que vous faites ce métier ?

P2 :      Ca devrait faire 5 ans, mais j’ai fait 1 an de prison car j’ai découpé la jambe d’une personne en voulant la sortir du même pétrin que vous.

P1 :      Très rassurant, merci ! 1 heure, ce sera très bien.

P2 :      (Seul) C’est fou le nombre de personnes qui croient à cette histoire !

(Une secrétaire de 30 ans, un réparateur de 30 ans, elle était bloquée dans un ascenseur en

 panne, ils communiquaient par interphone.)

 

 

Personnage n°1 : Lucie – Personnage n°2 : Emma

P1 :      (Aparté) Tiens, c’est bizarre, cette jeune fille me rappelle vaguement quelqu’un…

P2 :      (Idem) Pourquoi il me regarde comme ça lui ? J’ai une tâche sur le nez ? Vérification : non, ça va, j’ai l’air bien coiffé. Oublie-le !          

P1 :      (Id.) Elle est jolie avec ses tâches de rousseur, on dirait une petite fille.

P2 :      (Id.) Fais semblant de chercher un livre, pour voir un peu comment il est… Bon, il est bel homme. C’est peut-être quelqu’un que tu connais ? Cherche, cerveau, cherche !

P1 :      (Id.) Qui c’était cette petite fille brune dans ma classe ? Non, pas la peine de chercher, c’est pas elle : elle a déménagé.

P2 :      (Id.) Bon, allez p’tit gars, retourne-toi que j’essaye de te reconnaître… Attends… Roooh… Je vois pas qui tu es. Bon, allez, je souris, l’air de rien !

P1 :      (Id.) Raaah, mais c’était quoi son nom ? Elle était avec moi en CE2, j’en suis sûr !

P2 :      (Id.) Nooon !! Non, c’est pas lui ! Où on fait le plus de rencontres ? A l’école, pardi ! Cherche, cerveau, et trouve ! Ca m’agace ?

P1 :      (Id.) Jacqueline ? Jocelyne ? Non. Germaine ! Voilà ! C’est Germaine ! Eh, elle est toujours aussi mignonne !

P2 :      (Id.) Grand, mince… Cherche ! Oh, mon Dieu ! Oh la la, vite, sors de cette salle ! Il a pas changé ! C’est pour ça que tu as mis du temps…

P1 :      (Id.) Bon, j’y vais ou j’y vais pas ? Ca fait tellement longtemps ! Allez, j’ me lance !

P2        Oui, c’est moi ! Hein toi, que, qu’est-ce que tu fais là ? Ah oui, on était mignons… Bon, bah, à plus… Ouf, sauvée !

(Un jeune employé, une jeune étudiante, ils retrouvaient leur amour d’enfance.)

 

 

Personnage n°1 : Noémie – Personnage n°2 : Mona  

P1 :      Qui êtes-vous ? Pourquoi… ? Que… ? Je ne comprends pas…

P2 :      Mais calme-toi, mademoiselle, j’suis pas chant-mé, laisse-moi t’expliquer…

P1 :      Comment voulez-vous que je me calme ? Et puis, d’abord, qui êtes-vous, pour la seconde fois ?

P2 :      Roh la la, comme elle est coincée c’te meuf ! J’m’appelle Simon… C’est bon, tu t’es calmée, mademoiselle ?

P1 :      Je… je ne vous permets pas de me traiter de meuf, je suis une jeune fille ! Et je veux comprendre le pourquoi de la chose ! Et puis, quel âge avez-vous ?

P2 :      Oh la, ça t’fais quoi mon âge ? 15 ans, et alors, ça change quoi à ta vie ? Et toi, j’te d’mande ton âge ?

P1 :      15 ? Dans ce cas, je peux vous tutoyer. Tu ne me le demandes peut-être pas, mais j’ai 13 ans. Et pour la dernière fois, explique-moi !

P2 :      C’est bon, calme-toi, j’vais t’expliquer. Y dépassait juste un peu d’ton sac, et comme il allait tomber, je l’ai pris pour pas qu’il se casse. J’voulais te le rendre mais t’es partie.

P1 :      Ouais, ouais, c’est c’qu’on dit, c’est ce’qu’on dit. Et tu es où la ? Dépêche-toi de me le dire avant que je ne m’énerve, mec ! J’cache bien mon jeu, mais dans le fond, j’suis pareille que toi.

P2 :      C’est bon, j’lai pas volé, arrête de m’agresser ! J’suis au collège…

P1 :      Et alors ?

P2 :      Et alors si tu le veux, viens le chercher, ma mob n’a plus d’essence…

(La fille de 13 ans appelait son portable perdu, un jeune de 15 ans qu’elle ne

connaît pas décrochait.)

 

 

Personnage n°1 : Iseline - Personnage n°2 : Manon

P1 :      Chérie, il faut que je t’annonce quelque chose.

P2 :      Oui ? Vas-y ! 

P1 :      C’est-à-dire que euh…

P2 :      Oui, c’est-à-dire que euh… quoi ?

P1 :      J’ai gagné !

P2 :      A la belote ? Un jambon ! Mmm… Je m’en lèche les babines ! Félicitations ! Eh, tu sais que t’es un amour ?!

P1 :      Euh, comment te dire ? Non, c’est pas ça ! J’ai gagné le gros lot !

P2 :      Quoi ? Le cochon ! Mais c’est encore mieux !Ce la veut dire qu’il y a dix fois plus de jambon ! Ah, tu sais que je t’aime !

P1 :      Oui, moi aussi je t’aime, mis je n’ai gagné ni un jambon ni le cochon. J’ai gagné plein de chiffres.

P2 :      Des chiffres ?! T’as eu le code barre de l’étiquette ?

P1 :      Non ! Mais tu comprends vraiment rien, toi !! Y’a un 1 et plein d’autres chiffres après… alors ?

P2 :      Non ?! Je pense à ce que tu penses ? Des sous ? On est riches ? Leclerc est à nous, jambons à petit prix, oh la la ! Comme je suis heureuse !

P1 :      Bah ! Je pense que oui, t penses à la même chose que moi. Vive les jambons !

P2 :      Oui, vive les jambons ! Vive l’argent !… Vive toi !

(L’homme de 40 ans annonçait à sa femme du même âge avoir gagné une somme folle au

Loto.)

 

 

Personnage n°1 : Pauline – Personnage n°2 : Améliane

P1 :      Bonjour, petite fille ! Comment vas-tu ?

P2 :      De un, ch’uis pas petite et de deux, on n’a pas élevé les cochons ensemble.

P1 :      Mais je disais juste bonjour à une jolie petite fille…

P2 :      Ouais, bah non, c’est pas parce que j’ai été obligée de venir que je suis obligée de parler aux vieux !

P1 :      Et la politesse, voyons ! Je vais le dire à votre maîtresse si vous continuez.

P2 :      Si tu fais ça, je crève ton fauteuil roulant.

P1 :      Ah non, pas ça ! Tu ne ferais pas ça à une vieille dame comme moi ? Et puis, tu ne pourrais pas !

P2 :      Ah ouais, on parie ?

P1 :      Ca veut dire quoi : on parie ? Je n’ai pas ton âge !

P2 :      Ah oui, c’est vrai, le temps des dinosaures est révolu. Faut évoluer. Mais bon, vous êtes bientôt au cimetière avec vos copains, alors bon .

P1 :      Oh, sale petite malpolie ! Va-t’en d’ici et que je ne te revoie plus ! T verras quand tu auras mon âge…

P2 :      De toute façon, je comptais pas rester plus longtemps. Mais vous inquiétez pas, je regarderai chaque semaine dans la rubrique « défunts » dans le journal pour voir où vous en êtes !

(Une dame âgée, une fillette de 10 ans, une classe d’enfants visitait une maison de retraite.)

 

 

Personnage n°1 : Mme Kérangoarec – Personnage n°2 : Angèle

P1 :      Alors, comment tu me trouves ? C’est pas mal, hein ?!

P2 :      Hum, hum… C’est ringard, mais enfin… Evolue !

P1 :      Bah quoi ? Tu as vu ce que tu portes, toi ?

P2 :      Comment oses-tu ? MOI, je suis à la mode, je te signale !

P1 :      Ton accoutrement est des plus farfelus. Que dirais-tu d’essayer ma tenue ?

P2 :      Jamais de la vie ! Tu imagines la honte que je vais me prendre ? Ca, c’est pour les vieux !

P1 :      Vieille, moi ? Je suis sure que la vendeuse nous prend pour des sœurs !

P2 :      Ahaha ! Mais bien sûr… Tu es toute ridée !

P1 :      Ridée ? C’est la meilleure ! Au prix des injections !

P2 :      Parce que tu te fais des injections ? Ben, il va falloir changer de méthode, parc que là, c’est la catastrophe !

P1 :      Ingrate ! Tu verras plus tard si c’est facile ! En attendant, file me chercher un jean, et taille 36 s’il-te-plaît !

P2 :      Taille 36 ?? Mais maman, tu sais bien que tu fais beaucoup plus ! Il faut voir la vérité en face !

(Une mère de 45 ans sortait de la cabine d’essayage et demandait l’avis de sa fille de 15 ans.)

 

 

( 9 avril, 2010 )

5ème séance : FICTION COLLECTIVE

Histoire élaborée et rédigée en moins d’1h30, en répartissant la rédaction entre quatre groupes. Olivier Lebleu a seulement « tricoté » les transitions entre les textes.

 

MON AUTRE

 

Assise au bord de la Loire, les yeux dans le vague, je regarde passer le courant. Je m’appelle Estelle. Mes longs cheveux blonds ondulés tombent délicatement sur mes épaules et mes yeux couleur noisette se remplissent de larmes. Mes longues jambes tremblent.

 

Tout a commencé quand le professeur de français nous a demandé de nous informer sur notre famille au sens large pour ensuite former un arbre généalogique. J’ai donc le soir même demander à ma mère :

-          Maman, tu peux me passer le livret de famille s’il-te-plaît pour le prof de fr…

-          C’est hors de question, s’emporte ma mère avec une expression que je ne lui connaissais pas. Enfin, je… pourquoi ?

-          Bah, pour faire un arbre généalogique en français ! Tu le saurais si tu m’avais laissé finir. Alors tu me le passes, s’il-te-plaît ?, dis-je avec incompréhension.

-          Je… je ne peux pas… je crois qu’on l’a perdu… Oui, c’est ça, on l’a perdu !

-          Mais oui, bien sûr… et je peux savoir où ?

-          Mais de quoi je me mêle ? Allez, dans ta chambre, je dois finir la cuisine !

 

Folle de rage, je pars en claquant la porte. En plus, le prof a dit que ce serait noté… Tout ça parce ma mère ne veut pas me montrer le livret de famille ! Mais qu’a-t-elle à cacher à la fin ? J’ai toujours l’impression que ma mère me cache quelque chose. Nous n’avons jamais été très proches. Il faut dire que ma mère (comme mon père d’ailleurs) est très stricte : coucher à 9h, lever à 7h, tenue à table impeccable, interdiction de sortie en semaine et le samedi soir je dois être rentrée avant 7h. Je n’ai pas de télé et encore moins de téléphone portable. Coupée du monde, je me suis toujours sentie seule, comme s’il me manquait quelque chose, quelqu’un. Est-ce le manque d’amour de mes parents ? Je ne sais pas… Et maintenant on essaie de me cacher des choses ? C’est hors de question ! J’en ai marre de me faire marcher sur les pieds, c’en est trop. Ma mère ne veut pas me donner des informations sur la famille ? Eh bien, je les trouverais.

 

Je décide donc de commencer mes recherches par le grenier, où mes parents m’ont toujours interdit d’aller. La cause, c’est plein de poussière et il n’y a que de vieux meubles ? Mais j’ai toujours soupçonné une autre raison et c’est le moment de le découvrir. La porte du grenier est toujours fermée mais j’ai remarqué que ma mère dissimule une clé autour de son cou. Cette nuit, je la lui « emprunterai » et irai jeter un coup d’œil.

 

La nuit venue, je m’arme d’une lampe de poche, traverse le couloir sur la pointe des pieds et entre doucement, très doucement dans la chambre de mes parents. Je m’approche du lit du côté de ma mère et saisi la clé, prenant soin de ne pas la réveiller, puis sors tout aussi doucement. Arrivée à la porte du grenier, je prends une grande inspiration et insère la clé dans la serrure. J’entre. Je regarde autour de moi : que de vieux meubles et de la poussière. Je balaie la pièce du regard et m’arrête sur un coffre ; Je m’en approche et constate qu’il est fermé à clé. Je prends ma pince à cheveux et essaie d’ouvrir. Dix minutes plus tard, je réussis et ouvre doucement, découvrant à la faible lueur de ma lampe, des tas de paperasse. Je commence à fouiller et m’arrête sur un dossier épais, sur lequel il est marqué en grosses lettres « ESTHER ». Que cela peut-il signifier ? J’ouvre : articles de presse, rapports de police, témoignages, photos… Le tout parlant du même fait : l’enlèvement tragique de la petite Esther, jumelle d’Estelle, trois jours après sa naissance. Le voilà le secret qu’on a toujours voulu me cacher ! J’ai une jumelle, qui a été enlevée à la naissance. Mon cœur se serre, je suis prise d’une migraine. Je prends le dossier, referme le coffre, le grenier, remets la clé sur la table de nuit de ma mère et pars le plus vite possible dehors ! Je manque d’air ! Et je suis là, les yeux dans le vague, regardant la Loire et me remémorant tous les mensonges de mes parents. (Améliane et Pauline)

 

La lecture de ce dossier m’a glacée d’effroi. J’y ai repensé toute la nuit dans mon lit.

Heureusement, aujourd’hui c’est mercredi, je n’ai pas à me lever tôt. J’entends mon père partir au travail, j’attends que ma mère sorte faire les courses. Enfin seule,  je vais à l’ordinateur qui se trouve au salon. Sur Google, je tape les mots-clefs essentiels à ma recherche : « enfants disparus ». Une liste de sites. Je clique sur le premier. Oh, mon Dieu ! J’den lâche la souris. L site est… horrible, ignoble. Des histoires de bébés mutilés, congelés, des images sanguinolentes… je n’ai pas le courage de tout lire. Il y a trop de détails… Je me dépêche de quitter, les mains tremblantes. Ne surtout pas prendre de verre d’eau ! Bon, deuxième site. A peine remise, je clique sur le line. Ouf ! Pas de bébés tués ! Un panneau s’affiche : « choisissez une date. » Tremblante d’motion, je rentre mon année de naissance, 1995. Une liste d’articles se colle sur ma page. Il y en a un qui… Une petite voix me souffle dans la tête… Un bébé trouvé à Nantes ! Jamais identifié, adopté par une famille, il y a un nom, je pourrai sûrement retrouver l’adresse. Oui, il faut que j’y aille ! Mon comportement est stupide, je le sais bien, mais là…

 

J’ai décidé d’y aller pour retrouver mon autre moi – oui, bon, c’est une fugue… Ca y est, c’est le soir, mes parents dorment, mon sac est prêt. Un petit peu d’argent, des provisions et me voilà partie. Après une journée éprouvante de marche, un peu d’auto-stop, Nantes est en vue. Je me dirige vers l’adresse trouvée grâce au site. Je sonne, mon cœur bat fort, une jeune fille ouvre… Elle a mon âge. Mais la peau noire… Aucun lien possible. Je rentre dépitée.

 

Je me suis pris une de ces engueulades ! Ca m’est égal. Je n’ai rien dit, que j’avais besoin d’air, c’est tout. Privée de sortie pendant deux semaines. Ca ne m’empêche pas, dès le lendemain, de reprendre mes recherches. Je sens qu’il faut repartir du dossier. Dans un article, il y a le nom de la sage-femme. C’est écrit qu’elle est de Champtoceaux ! Dans les pages blanches, je la trouve… à 500 mètres de chez nous.

 

La femme qui m’ouvre est vieille, faible. Elle fait une drôle de tête en me voyant. Je

lui explique que j’ai une question importante à lui poser. Elle me fait rentrer en m’examinant de la tête aux pieds. Je me retrouve dans une maison impeccablement tenue. La vieille dame n’est pas aimable. Je lui explique maladroitement les raisons de cette visite, sans lui raconter tous les détails de l’histoire. Oui, elle était sage-femme, mais elle ne se souvient pas d’une histoire de jumelles, encore moins d’un enlèvement. Je lui montre son nom dans l’article. Oui, c’est bien elle, mais ça ne lui revient pas, ça fait des années. 15 ans, je lui précise. Justement, et en plus elle perd un peu la boule, me dit-elle. Je ne sais plus quoi dire. Gentiment, elle me raccompagne à la porte. (Garance et Eliot)

 

Tout raté, j’ai tout raté. Toutes mes recherches ne servent à rien. Je marche au hasard dans les rues de la ville, oppressée, toute petite, comme une intrus au milieu de ces passants indifférents à mon chagrin. En même temps, que pourraient-ils faire pour moi ? Rien, ils ne peuvent rien faire. Mes pas me mènent, machinalement, jusqu’au bas de la colline, jusqu’au ponton. Je m’assieds, les pieds ballants au-dessus de l’eau. Mes larmes se mêlent au flot de l’immense fleuve. Je sors mon carnet, où je note tous mes états d’âme. Je récapitule tout depuis le début de mon enquête. L’article de presse sur internet. La fausse piste de la jeune fille de couleur. La sage-femme qui se souvient de pas grand-chose.

 

            Plus je repense au comportement de la sage-femme et plus je le trouve bizarre. Comment on peut oublier une histoire pareille ? Oui, mais si elle perd la mémoire… Comment une vieille femme physiquement diminuée peut vivre dans une maison si nickel ? Pour vivre dans cette petite maison, elle n’a sûrement pas les moyens de s’offrir une femme de ménage. Oui, mais si la Sécu lui paie une aide… Quand même. Une voix qui souffle en moi depuis des années se réveille… Je vais revenir cette nuit. D’abord, rentrons vite, avant que ma mère ne s’aperçoive de ma désobéissance. (Mona, Lucie et Emma)

 

             A la nuit tombée, munie d’une lampe-torche, je reviens. Par chance, la porte de la maison n’est pas fermée à clef. Je rentre doucement. R.A.S. Evidemment, je me cogne dans une table. Je m’immobilise, terrifiée. Silence. Je passe devant une chambre, j’entre. C’est celle de la vieille dame. D’un bond, elle se dresse dans son lit. Elle parle, mais c’est incompréhensible, elle divague, puis elle se recouche. Ouf, elle est seulement somnambule. J’ouvre une autre porte. J’entre dans la pièce, je l’éclaire avec ma lampe. Les murs sont couverts de tags inquiétants, comme « aidez-moi ! » Soudain, j’entends un souffle. Au fond, une silhouette prostrée. Malgré la peur, je m’approche. La tête se lève. C’est elle ! (Garance et Eliot)

-          Esther ?

Ma sœur se tait. Quelques secondes passent et je m’assieds près d’elle.

-          Moi, c’est Estelle.

Je lui tends mon miroir de poche.

-          Regarde, regarde-nous… J’ai toujours su que je n’étais pas seule… Depuis le temps que j’attends ce moment. Pourquoi es-tu ici ? Depuis combien de temps ?

Elle ne réalise pas encore. Mais, pour la première fois, elle me parle :

-          Il fut un temps où j’étais libre, toutefois avec quelques horaires stricts. Ma peau ne doit pas être en contact avec le soleil, sous peine de brûlures intenses qui pourraient contribuer à ma mort. C’est pour cela que je ne sors que la nuit.

-          C’est sûrement faux, tu as été manipulée sur toute la ligne !

-          Je m’en doutais un peu…

Je la serre dans mes bras, puis une larme coule sur ma joue.

-          Esther, raconte-moi tout !

-          Il y a trois ans, j’ai tenté de fuguer, mais mère m’a retrouvée.

-          Ta mère, notre mère… Elle s’appelle Corinne et ce n’est pas cette… cette femme qui se prend pour ta mère.

-          Alors qui sont mes parents… nos parents ?

-          Viens, je t’emmène les retrouver.

 

Nous sortons de la maison. J’ai réveillé mes parents. Ils faisaient une de ces têtes. Ma sœur les attendait dans le salon, aussi stressée qu’eux.

-          Papa, Maman, je vous présente Esther.

-          Esther ?… Ma fille ! C’est bien toi ?

Mon père l’embrasse et la prend dans ses bras. Trois larmes roulent sur ses joues. Ma mère tremble beaucoup.

-          Nous t’attendons depuis 15 ans ! 15 ans, ma chérie !

-          Bonjour madame… euh, Maman.

 

Après les présentations, ma mère a sorti des photos. Moi, j’ai sorti le dossier que

j’avais trouvé au grenier. Mon père m’a regardée longuement, il ne pouvait pas me disputer. Après toutes ces émotions, Papa a appelé la police, en pleine nuit, pour expliquer la situation.

 

            La sage-femme fut arrêtée. Les policiers m’ont remerciée pour mon courage, mon sérieux et ma volonté. Nous allons vivre heureux, enfin réunis. (Iseline, Manon et Angèle)

 

 

FIN

           




 

    

( 9 avril, 2010 )

5ème séance : FICTION COLLECTIVE

Histoire élaborée et rédigée en moins d’1h30, en répartissant la rédaction entre quatre groupes. Olivier Lebleu a seulement « tricoté » les transitions entre les textes.

 

MON AUTRE

 

Assise au bord de la Loire, les yeux dans le vague, je regarde passer le courant. Je m’appelle Estelle. Mes longs cheveux blonds ondulés tombent délicatement sur mes épaules et mes yeux couleur noisette se remplissent de larmes. Mes longues jambes tremblent.

 

Tout a commencé quand le professeur de français nous a demandé de nous informer sur notre famille au sens large pour ensuite former un arbre généalogique. J’ai donc le soir même demander à ma mère :

-          Maman, tu peux me passer le livret de famille s’il-te-plaît pour le prof de fr…

-          C’est hors de question, s’emporte ma mère avec une expression que je ne lui connaissais pas. Enfin, je… pourquoi ?

-          Bah, pour faire un arbre généalogique en français ! Tu le saurais si tu m’avais laissé finir. Alors tu me le passes, s’il-te-plaît ?, dis-je avec incompréhension.

-          Je… je ne peux pas… je crois qu’on l’a perdu… Oui, c’est ça, on l’a perdu !

-          Mais oui, bien sûr… et je peux savoir où ?

-          Mais de quoi je me mêle ? Allez, dans ta chambre, je dois finir la cuisine !

 

Folle de rage, je pars en claquant la porte. En plus, le prof a dit que ce serait noté… Tout ça parce ma mère ne veut pas me montrer le livret de famille ! Mais qu’a-t-elle à cacher à la fin ? J’ai toujours l’impression que ma mère me cache quelque chose. Nous n’avons jamais été très proches. Il faut dire que ma mère (comme mon père d’ailleurs) est très stricte : coucher à 9h, lever à 7h, tenue à table impeccable, interdiction de sortie en semaine et le samedi soir je dois être rentrée avant 7h. Je n’ai pas de télé et encore moins de téléphone portable. Coupée du monde, je me suis toujours sentie seule, comme s’il me manquait quelque chose, quelqu’un. Est-ce le manque d’amour de mes parents ? Je ne sais pas… Et maintenant on essaie de me cacher des choses ? C’est hors de question ! J’en ai marre de me faire marcher sur les pieds, c’en est trop. Ma mère ne veut pas me donner des informations sur la famille ? Eh bien, je les trouverais.

 

Je décide donc de commencer mes recherches par le grenier, où mes parents m’ont toujours interdit d’aller. La cause, c’est plein de poussière et il n’y a que de vieux meubles ? Mais j’ai toujours soupçonné une autre raison et c’est le moment de le découvrir. La porte du grenier est toujours fermée mais j’ai remarqué que ma mère dissimule une clé autour de son cou. Cette nuit, je la lui « emprunterai » et irai jeter un coup d’œil.

 

La nuit venue, je m’arme d’une lampe de poche, traverse le couloir sur la pointe des pieds et entre doucement, très doucement dans la chambre de mes parents. Je m’approche du lit du côté de ma mère et saisi la clé, prenant soin de ne pas la réveiller, puis sors tout aussi doucement. Arrivée à la porte du grenier, je prends une grande inspiration et insère la clé dans la serrure. J’entre. Je regarde autour de moi : que de vieux meubles et de la poussière. Je balaie la pièce du regard et m’arrête sur un coffre ; Je m’en approche et constate qu’il est fermé à clé. Je prends ma pince à cheveux et essaie d’ouvrir. Dix minutes plus tard, je réussis et ouvre doucement, découvrant à la faible lueur de ma lampe, des tas de paperasse. Je commence à fouiller et m’arrête sur un dossier épais, sur lequel il est marqué en grosses lettres « ESTHER ». Que cela peut-il signifier ? J’ouvre : articles de presse, rapports de police, témoignages, photos… Le tout parlant du même fait : l’enlèvement tragique de la petite Esther, jumelle d’Estelle, trois jours après sa naissance. Le voilà le secret qu’on a toujours voulu me cacher ! J’ai une jumelle, qui a été enlevée à la naissance. Mon cœur se serre, je suis prise d’une migraine. Je prends le dossier, referme le coffre, le grenier, remets la clé sur la table de nuit de ma mère et pars le plus vite possible dehors ! Je manque d’air ! Et je suis là, les yeux dans le vague, regardant la Loire et me remémorant tous les mensonges de mes parents. (Améliane et Pauline)

 

La lecture de ce dossier m’a glacée d’effroi. J’y ai repensé toute la nuit dans mon lit.

Heureusement, aujourd’hui c’est mercredi, je n’ai pas à me lever tôt. J’entends mon père partir au travail, j’attends que ma mère sorte faire les courses. Enfin seule,  je vais à l’ordinateur qui se trouve au salon. Sur Google, je tape les mots-clefs essentiels à ma recherche : « enfants disparus ». Une liste de sites. Je clique sur le premier. Oh, mon Dieu ! J’den lâche la souris. L site est… horrible, ignoble. Des histoires de bébés mutilés, congelés, des images sanguinolentes… je n’ai pas le courage de tout lire. Il y a trop de détails… Je me dépêche de quitter, les mains tremblantes. Ne surtout pas prendre de verre d’eau ! Bon, deuxième site. A peine remise, je clique sur le line. Ouf ! Pas de bébés tués ! Un panneau s’affiche : « choisissez une date. » Tremblante d’motion, je rentre mon année de naissance, 1995. Une liste d’articles se colle sur ma page. Il y en a un qui… Une petite voix me souffle dans la tête… Un bébé trouvé à Nantes ! Jamais identifié, adopté par une famille, il y a un nom, je pourrai sûrement retrouver l’adresse. Oui, il faut que j’y aille ! Mon comportement est stupide, je le sais bien, mais là…

 

J’ai décidé d’y aller pour retrouver mon autre moi – oui, bon, c’est une fugue… Ca y est, c’est le soir, mes parents dorment, mon sac est prêt. Un petit peu d’argent, des provisions et me voilà partie. Après une journée éprouvante de marche, un peu d’auto-stop, Nantes est en vue. Je me dirige vers l’adresse trouvée grâce au site. Je sonne, mon cœur bat fort, une jeune fille ouvre… Elle a mon âge. Mais la peau noire… Aucun lien possible. Je rentre dépitée.

 

Je me suis pris une de ces engueulades ! Ca m’est égal. Je n’ai rien dit, que j’avais besoin d’air, c’est tout. Privée de sortie pendant deux semaines. Ca ne m’empêche pas, dès le lendemain, de reprendre mes recherches. Je sens qu’il faut repartir du dossier. Dans un article, il y a le nom de la sage-femme. C’est écrit qu’elle est de Champtoceaux ! Dans les pages blanches, je la trouve… à 500 mètres de chez nous.

 

La femme qui m’ouvre est vieille, faible. Elle fait une drôle de tête en me voyant. Je

lui explique que j’ai une question importante à lui poser. Elle me fait rentrer en m’examinant de la tête aux pieds. Je me retrouve dans une maison impeccablement tenue. La vieille dame n’est pas aimable. Je lui explique maladroitement les raisons de cette visite, sans lui raconter tous les détails de l’histoire. Oui, elle était sage-femme, mais elle ne se souvient pas d’une histoire de jumelles, encore moins d’un enlèvement. Je lui montre son nom dans l’article. Oui, c’est bien elle, mais ça ne lui revient pas, ça fait des années. 15 ans, je lui précise. Justement, et en plus elle perd un peu la boule, me dit-elle. Je ne sais plus quoi dire. Gentiment, elle me raccompagne à la porte. (Garance et Eliot)

 

Tout raté, j’ai tout raté. Toutes mes recherches ne servent à rien. Je marche au hasard dans les rues de la ville, oppressée, toute petite, comme une intrus au milieu de ces passants indifférents à mon chagrin. En même temps, que pourraient-ils faire pour moi ? Rien, ils ne peuvent rien faire. Mes pas me mènent, machinalement, jusqu’au bas de la colline, jusqu’au ponton. Je m’assieds, les pieds ballants au-dessus de l’eau. Mes larmes se mêlent au flot de l’immense fleuve. Je sors mon carnet, où je note tous mes états d’âme. Je récapitule tout depuis le début de mon enquête. L’article de presse sur internet. La fausse piste de la jeune fille de couleur. La sage-femme qui se souvient de pas grand-chose.

 

            Plus je repense au comportement de la sage-femme et plus je le trouve bizarre. Comment on peut oublier une histoire pareille ? Oui, mais si elle perd la mémoire… Comment une vieille femme physiquement diminuée peut vivre dans une maison si nickel ? Pour vivre dans cette petite maison, elle n’a sûrement pas les moyens de s’offrir une femme de ménage. Oui, mais si la Sécu lui paie une aide… Quand même. Une voix qui souffle en moi depuis des années se réveille… Je vais revenir cette nuit. D’abord, rentrons vite, avant que ma mère ne s’aperçoive de ma désobéissance. (Mona, Lucie et Emma)

 

             A la nuit tombée, munie d’une lampe-torche, je reviens. Par chance, la porte de la maison n’est pas fermée à clef. Je rentre doucement. R.A.S. Evidemment, je me cogne dans une table. Je m’immobilise, terrifiée. Silence. Je passe devant une chambre, j’entre. C’est celle de la vieille dame. D’un bond, elle se dresse dans son lit. Elle parle, mais c’est incompréhensible, elle divague, puis elle se recouche. Ouf, elle est seulement somnambule. J’ouvre une autre porte. J’entre dans la pièce, je l’éclaire avec ma lampe. Les murs sont couverts de tags inquiétants, comme « aidez-moi ! » Soudain, j’entends un souffle. Au fond, une silhouette prostrée. Malgré la peur, je m’approche. La tête se lève. C’est elle ! (Garance et Eliot)

-          Esther ?

Ma sœur se tait. Quelques secondes passent et je m’assieds près d’elle.

-          Moi, c’est Estelle.

Je lui tends mon miroir de poche.

-          Regarde, regarde-nous… J’ai toujours su que je n’étais pas seule… Depuis le temps que j’attends ce moment. Pourquoi es-tu ici ? Depuis combien de temps ?

Elle ne réalise pas encore. Mais, pour la première fois, elle me parle :

-          Il fut un temps où j’étais libre, toutefois avec quelques horaires stricts. Ma peau ne doit pas être en contact avec le soleil, sous peine de brûlures intenses qui pourraient contribuer à ma mort. C’est pour cela que je ne sors que la nuit.

-          C’est sûrement faux, tu as été manipulée sur toute la ligne !

-          Je m’en doutais un peu…

Je la serre dans mes bras, puis une larme coule sur ma joue.

-          Esther, raconte-moi tout !

-          Il y a trois ans, j’ai tenté de fuguer, mais mère m’a retrouvée.

-          Ta mère, notre mère… Elle s’appelle Corinne et ce n’est pas cette… cette femme qui se prend pour ta mère.

-          Alors qui sont mes parents… nos parents ?

-          Viens, je t’emmène les retrouver.

 

Nous sortons de la maison. J’ai réveillé mes parents. Ils faisaient une de ces têtes. Ma sœur les attendait dans le salon, aussi stressée qu’eux.

-          Papa, Maman, je vous présente Esther.

-          Esther ?… Ma fille ! C’est bien toi ?

Mon père l’embrasse et la prend dans ses bras. Trois larmes roulent sur ses joues. Ma mère tremble beaucoup.

-          Nous t’attendons depuis 15 ans ! 15 ans, ma chérie !

-          Bonjour madame… euh, Maman.

 

Après les présentations, ma mère a sorti des photos. Moi, j’ai sorti le dossier que

j’avais trouvé au grenier. Mon père m’a regardée longuement, il ne pouvait pas me disputer. Après toutes ces émotions, Papa a appelé la police, en pleine nuit, pour expliquer la situation.

 

            La sage-femme fut arrêtée. Les policiers m’ont remerciée pour mon courage, mon sérieux et ma volonté. Nous allons vivre heureux, enfin réunis. (Iseline, Manon et Angèle)

 

 

FIN

           

           

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