( 8 mars, 2010 )

Contre l’homophobie, un long chemin est encore à parcourir.

p1310058.jpgp1310055.jpg

 

Vendredi 5 mars, une rencontre est organisée dans le cadre des semaines contre les discriminations par la FAL 44 dans le café-lecture de l’association O’librius avec Olivier Lebleu. Devant une trentaine de personnes attentives, s’est déroulé un échange entre Gwénaël et Olivier sur son livre « l’étranger de la famille », dont l’un des thèmes est le coming out d’un des personnages principaux, ou comment annoncer son homosexualité à sa famille. Olivier traite le sujet de façon humoristique, mais derrière cette apparente légèreté se cache un sujet profond et souvent douloureux pour de nombreuses personnes. Ce soir-là , les rires et les sourires étaient bien parmi nous, mais n’oublions pas  que derrière les rires se cachent les larmes. Rappelons simplement qu’aujourd’hui de nombreux jeunes se suicident parce qu’ils sont homosexuels. A l’évidence, malgré de réelles avancées, l’homosexualité est un sujet encore tabou. Ce vendredi, nous avons tous rêvé au jour où être homosexuel  ne serait qu’ un simple aspect d’une personne au même titre que la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, ni plus, ni moins.

p1310056.jpgp1310057.jpg

 

Merci à l’équipe d’O’librius pour son accueil, et plus particulièrement à Gwenaël pour la lecture inspirée des extraits de « l’étranger de la famille ».

 

( 5 mars, 2010 )

la compagnie Paq’la Lune et les brigades de lecture étaient à Ancenis.

p1290052.jpgp1290053.jpgp1290039.jpgp1290040.jpgp1290041.jpgp1290042.jpgp1290043.jpgp12900442.jpgp1290038.jpg

Voici les quelques photos des brigades de lecture en pleine action…

 

p12900071.jpgp12900121.jpgp1290020.jpgp12900311.jpgp1290036.jpgp1290028.jpgp1290021.jpgp1290024.jpgp1290026.jpgp1290014.jpgp12900191.jpg

( 2 mars, 2010 )

Sous un ciel bas et gris, la brigade lit.

Nouvelle surprise aux collèges de Champtoceaux, ce lundi matin…La compagnie Paq’la Lune et ses brigades de lecture sont de retour. Cette fois-ci ils se sont transformés en groupie d’Olivier Lebleu. Entre chants audacieux(le fameux « ce rêve bleu » et la non moins fameuse « la java bleue »), et les lectures de textes d’Olivier, ils nous ont invités à le découvrir dans le sourire et la bonne humeur. C’était la journée Olivier Lebleu…

Vous pouvez retrouver la brigade de lecture demain (mercredi 3 mars) à la médiathèque d’Ancenis à 16h15, vous êtes les bienvenus.

 

dsc04610.jpgstbenoit.jpgdsc04633.jpgp1270008.jpg

( 27 février, 2010 )

Vendredi 26 février 2010

« Ecrire c’est oser l’inconnu », disait Marguerite Duras. 8 courageux ont tenter l’expérience et ont plongé de bon coeur dans l’atelier d’écriture proposé par Olivier Lebleu ce vendredi à la cabane à mots à la Turmelière. Trois heures à découvrir Olivier, à écrire et à partager souvenir, émotions et rires autour de bons gâteaux faits maison (merci à Isabelle et à la maman de Nany).Une expérience riche qui se réitèrera le vendredi 26 mars à 19h au musée de Joachim du Bellay à Liré.

 D’autres photos suivent, merci à tous les participants pour leur sourire et leur bonne humeur.

 p1240004.jpgp1240005.jpg

( 22 février, 2010 )

Les brigades de lecture de la compagnie Paq’la Lune dans les collèges de Champtoceaux…

Ce jeudi 4 février, la cour de récréation des collèges avait des allures de surprises, de découvertes et d’écoute…

En effet les comédiens de la compagnie Paq’la Lune sont intervenus avec leur costumes imprimés de lettres, et leurs valises remplies de livres. Ils ont ainsi proposé des textes en lien avec la vie du fleuve à tous ces collégiens étonnés et attentifs.

Cette intervention est en lien avec la résidence d’Olivier Lebleu. Il animera des ateliers d’écriture aux collèges sur le thème du fleuve. Les travaux réalisés par les collégiens feront l’objet d’une restitution au mois de juin pendant la manifestation organisée par l’association d’un fleuve à l’autre.

img1744.jpgimg1742.jpgcopiedeimg1735.jpg Merci à madame Deltombe pour les photos.

Merci à la compagnie Paq’la lune de favoriser la rencontre et d’ouvrir l’art et la lecture  à tout le monde.

( 24 février, 2011 )

Après Olivier Lebleu, La Turmelière recherche un nouvel auteur…

L’association La Turmelière prépare sa prochaine résidence d’auteur qui se tiendra entre Novembre 2011 et Juin 2012.

Cahier des charges

Sur les pas de Joachim du Bellay, le centre du patrimoine littéraire de la Turmelière est aujourd’hui un lieu de lecture et d’écriture, permettant à chacun de contribuer, à la suite du poète liréen, à l’« illustration » mais aussi à l’enrichissement de la langue française.

Pour la résidence à venir, nous cherchons un auteur répondant aux critères suivants :

-          expérience ou intérêt porté à l’écriture théâtrale

-          auteur ayant publié au moins deux livres à compte d’éditeur

-          ne pas avoir bénéficié d’une bourse d’écriture du CNL sous forme d’un crédit de résidence ces deux dernières années.

-          expérience ou intérêt pour l’animation d’ateliers d’écriture

-          le cas échéant : expérience avec un public « empêché » (ITEP, IME, détenus…)

-          disponible pour 13 semaines, réparties de la façon suivante : 3 semaines fin  2011, et 2 fois 5 semaines en 2012 entre janvier et juin

Après Olivier Lebleu, La Turmelière recherche un nouvel auteur... docSi vous êtes intéressé(e), cliquez ici

une fois rempli, le dossier est à retourner à l’adresse suivante avant le 30 mars :

Association la Turmelière

Château de la Turmelière

49530 liré

tél :02-40-09-15-16

fax : 02-40-09-15-30

 ou par courriel : slherbier@fal44.org en précisant « candidature résidence »

 

aut2885.jpg1040437img.jpg1040441img.jpg

 

( 24 décembre, 2010 )

Olivier LEBLEU

olebleujuillet2008.jpg

Depuis bientôt quinze ans, l’association LA TURMELIERE consacre une partie de son activité aux pratiques littéraires à travers des ateliers d’écriture, des promenades littéraires, des résidences d’auteur…

En 2010, c’est le romancier Olivier Lebleu qui sera accueilli sur le site pour l’écriture de son prochain roman et l’animation de plusieurs rendez-vous avec le grand public ou avec des organismes partenaires. Ainsi, de février à juin 2010, cette résidence permettra au public de rencontrer l’auteur lors de lectures, ateliers d’écriture… Programme complet à venir.

Olivier LEBLEU est écrivain, scénariste, documentariste. Né en 1966, il a publié deux romans : Passer la Nuit (H&O, 2003, sélectionné pour le Prix Chronos 2004) , L’Etranger de la Famille (H&O, 2001).
Il est aussi l’auteur de livres historiques : Les Avatars de Zarafa 1ère Girafe de France – Arléa, novembre 2006 (Prix Académie de Saintonge 2008) , Meyer et Schirlitz : les Meilleurs Ennemis, La Rochelle sept. 44/ mai 45 – Geste, mai 2005 (Prix des Mouettes, Prix Mélusine 2005).
Sa biographie du chanteur Mike Brant (La Voix du Sacrifice – Publibook, 2000) fut adaptée par le réalisateur israélien Erez Laufer et le documentaire sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes (« Mike Brant, Laisse-moi t’aimer », Grand Prix d’Israël 2003).
En télévision, il écrit des documentaires traitant de psychologie : « Nos mémoires secrètes : voyage en Psychogénéalogie » (52 mn, réalisé par Jean-Pierre Gras, diffusé en avril 2008 sur France 2, dans « Infrarouge »), « Aller plus haut » (26 mn, réalisé par Jeanne Mascolo, sur l’association « A chacun son Everest » de Christine Janin, diffusé en juillet 2008 sur France 2, dans « KD2A »).
Pour le cinéma, il est auteur ou co-auteur de projets actuellement en développement.
Il a également signé le scénario d’une comédie musicale (prix de la Fondation Beaumarchais), une adaptation théâtrale de son second roman et plusieurs textes de chansons (Daniel LEVI, Patricia LAY).

( 6 août, 2010 )

Un dernier tour de chant au pays de Joachim du Bellay l’Angevin

La résidence d’Olivier Lebleu est terminée, une résidence pleine de souvenirs, une résidence riche, sympathique et conviviale à l’image de l’auteur invité.Donc il faut bien l’avouer, nous ne pouvions pas le laisser partir comme ça. Alors une petite idée a germé dans nos cerveaux bien nourris, Olivier aimait chanter (nous avions eu l’occasion d’entendre sa voix régulièrement), ne s’était-il pas renseigné sur un  Karaoké à Ancenis qui n’existait pas, à sa grande déception.  L’évidence s’est imposée à l’équipe de La Turmelière, nous allions organiser un super Karaoké. Bien nous en a pris, cette dernière soirée fut à la hauteur de nos espérances : chaleureuse, heureuse, légère et bon enfant.

 

soirekaraokol9juillet201016.jpg soirekaraokol9juillet201025.jpgsoirekaraokol9juillet20102.jpgsoirekaraokol9juillet20106.jpg

 

Nous profitons aussi de ce dernier article pour te remercier Olivier pour ta disponibilité, ton ouverture d’esprit, ta conversation, tes rires et tes sourires. Allez vivement que tu publies ton livre, nous serons ainsi certains de te revoir chez nous.


( 12 juillet, 2010 )

 

Samedi 10 juillet.

Ce matin, seul une dernière fois à La Turmelière, je joue au seigneur du château. Et de mon balcon sur la vallée, je contemple le territoire exploré : un vaste et lumineux paysage, vallonné de visages, de mots, d’émotions. Tu vois, Joachim, je l’ai fait mon voyage, de ma belle Rochelle à ton Petit Lyré, heureux comme un Ulysse de l’écriture ! Je suis même allé à Rome, entre deux étapes ; je n’y retournerai pas pour la Villa M. mais n’en garde pas de Regrets.

 joachimdubellay.pngp3190101.jpgp3190100.jpgp3190097.jpgp4060299.jpg

A la rentrée, nous publierons nos « carnets d’ateliers » sous la forme d’un livret-cd où chacun pourra à la fois lire et écouter les travaux d’écriture de tous les participants. Les textes seront précédés de leurs consignes d’écriture pour que chaque lecteur puisse mieux apprécier le travail. En tant qu’animauteur, je suis extrêmement fier de cette production, dont certains d’entre vous purent entendre une restitution, au cours des Lyriades. La nouveauté par rapport aux précédentes résidences, précise Olivier Bernard, directeur de La Turmelière, c’est l’insertion de ce CD permettant d’entendre les auteurs, adultes ou ados, lire leurs propres textes, choisis par eux-mêmes. Quant à mon roman (sur la manipulation mentale dans le couple), bien avancé, il sera prêt fin septembre, comme prévu.

 

Hier soir, connaissant mon goût pour la chanson, toute l’équipe (Olivier, Soizic, Vanessa, Caroline, Quentin – Nicolas et Dominique étant en vacances) m’avait organisé un buffet-karaoké ! Avec quelques autres proches, nous avons chanté et ri comme des fous. Tout à l’heure, rangeant ma valise, la voix un peu enrouée, j’ai laissé le hasard composer son choix pour ma dernière bande-son ligérienne. Et sur les 1885 titres que contient mon ordinateur, ces deux chansons sont sorties :

 

J’ me lance dans la course à l’instinct

Et j’ traverse la route sans rien voir

D’autr’ que cette envie qui vient

Cett’ tempête qui me faire croire

Que je deviens moi, je deviens moi,

Qu’on devient soi

Le même en plus grand.

(Grégory Lemarchal)

 

Mais qui peut savoir le parcours que j’ai dû faire

Pour arriver à moi, arriver à moi

Et m’apercevoir qu’en retour

Tout reste à faire.

(Emmanuel Moire)

 

C’est ça : le triple sentiment de « m’être parcouru », comme dirait ce cher Michaux, de m’être trouvé à ma place, exactement, et d’en avoir encore sous le clavier !

 

Cette dernière semaine, consacrée à 4 séances d’écriture quotidiennes et successives au Centre de détention de Nantes, fut une sorte d’épilogue condensant mes plus fortes émotions de la Résidence. Ces onze hommes, entre moins de trente et plus de soixante-dix ans, ont démontré une telle envie, une telle urgence, une telle puissance à s’écrire et à se dire, que ces dix heures d’atelier ont défilé à la vitesse d’un cheval au galop. Dans leur quotidien où le temps se traîne souvent si désespérément, ils étaient décidés à tirer le meilleur du partage de ces instants comptés. Et les minutes furent si denses que j’en ai encore le cœur qui tourne. Dans un environnement où il faut parfois hurler plus fort que les loups pour ne pas sombrer, ils ont accepté de mettre leurs voix et leurs crayons au diapason. Et ce fut une chorale unique, une harmonie de solos intimes, drôles ou déchirants mais toujours authentiques. Dédiées à la discussion et l’échange, les deux dernières heures furent non moins riches et passionnées en présence des mêmes et/ou d’autres détenus.

 

Comme à Angers au début de mon séjour, dans la prison de Nantes, le thème qui déclencha le plus de débat fut la psychogénéalogie, ce travail thérapeutique sur la transmission des traumatismes au travers des générations. Forcément, les enjeux sont ici fondamentaux. Que puis-je comprendre de mon parcours et de ses accidents au regard de mon histoire familiale ? Quelle fut la part réelle de mes choix et celle de mes conditionnements ? Qu’ai-je envie de transmettre à la génération qui me suit ? Spécialiste de la discipline, Anne Ancelin-Schützenberger offre une réflexion essentielle sur notre système judiciaire, inspirée de traditions communautaires révélées par l’ethnologie : tant que nous n’aménagerons pas, dans le traitement d’un délit grave, un temps et un espace pour que la douleur de la famille et des proches, à la fois du coupable et de la victime, puisse se dire et être entendue, par toutes les parties concernées, alors le responsable ne prendra jamais la pleine conscience de sa faute et les souffrances psychologiques occasionnées seront malheureusement transmises comme des plaies inguérissables. Le jugement n’est rien sans cette chance offerte à l’apaisement, pour soi, pour les autres et tous ceux qui suivront.

 

L’écriture peut être légère ou grave, elle n’est jamais anodine. C’est un voyage essentiel en soi et vers les autres. Merci à vous tous, associatifs, institutionnels, gens de lettres et gens de scènes, professionnels ou amateurs, de me l’avoir si bien rappelé.

 

Et merci à toi, mon tendre amour, de m’avoir laissé vivre cette aventure au si long cours. Dans cette séparation, tu m’as manqué, je t’ai manqué, mais jamais nous ne nous sommes ratés. Et puisque cette histoire ne s’arrête pas ici, je te laisse le mot de la fin, toi qui as grandi dans une autre langue et continue sans cesse de conquérir la nôtre avec une si joyeuse gourmandise : En voiture, Simone ! C’est toi qui conduis et moi qui klaxonne !

 

 p33103041.jpgp3310302.jpgp3170096.jpg

 

( 28 juin, 2010 )

lundi 28 juin. J’ai achevé ma Résidence (hormis une semaine supplémentaire en juillet, pour un atelier d’écriture avec des détenus de Nantes). La dernière étape, dimanche 20 juin, fut pour moi particulièrement émouvante : j’ai lu en public, à l’occasion de la manifestation « Des Livres et des Fleuves », organisée avec la participation très active de l’Association « D’un Fleuve à l’autre », mon poème en vers libres sur la « Traversée du Jeune Soldat ».

p4060295.jpgp4060318.jpglivredeloire.jpgp40603111.jpg

Pour ceux qui auraient manqué la chronique précédente, j’ai composé ce texte à partir de l’histoire authentique du soldat André Malaganne, « aspirant » de 21 ans qui, le 19 juin 1940, donna le signal pour faire sauter le Pont d’Oudon face à l’avancée allemande, juste avant de se jeter dans la Loire sous le tir ennemi. L’émotion particulière de la lecture publique venait de la pertinence incroyable de la date et du lieu. Une fois sur place, à l’endroit dit « au Cul-du-Moulin », juste à côté du pont d’Oudon, rive gauche, j’ai réalisé en effet que nous nous trouvions sur la rive même que Malaganne avait rejointe sain et sauf cet été 40, en dépit du feu croisé des soldats allemands et français (ces derniers, ne parvenant pas à l’identifier, le prenaient pour un espion ennemi contournant les lignes) ! Et comble de hasard, nous étions exactement 70 ans + 1 jour après l’exploit qui valut au jeune Malaganne d’être inscrit au Tableau Spécial de la Médaille Militaire en 1941.

 p40603141.jpgmalaganne1920ans1.jpgp4060299.jpg

Ce n’est pas moi qui ai déterminé le lieu ni la date de cet événement. Ce sont les organisateurs, qui au préalable ignoraient tout de mon projet d’écriture. N’est-ce pas une coïncidence extraordinaire ? Je me suis donc retrouvé au bord du fleuve, en plein air (voire en plein vent), micro à la main, devant ce public, leur expliquant les raisons de ce texte et la pertinence du lieu et de la date… quand tout le monde était persuadé que tout cela était prévu d’avance !

 

L’auditoire fut très attentif, y compris de jeunes enfants assis au premier rang devant moi. J’ai eu du mal à finir le texte, l’émotion me rattrapait. Je me suis projeté, comme si je finissais moi-même épuisé par l’effort physique, heureux de retrouver mes camarades, fier d’avoir accompli mon devoir…

 p4060309.jpglivredeloire.jpg

Beaucoup d’applaudissements. Des gens sont venus me féliciter. En particulier, un monsieur qui avait traversé ce même pont à l’âge de 10 ans, juste avant qu’il ne saute. Il m’a fait le plus beau des compliments : « Enfin de la poésie que l’on comprend, qui nous parle simplement ! »

 journal.jpg

Le texte sera publié (au minimum) dans un livret clôturant ma Résidence d’auteur et qui contiendra également le meilleur des travaux des participants, ados ou adultes, aux différents ateliers d’écriture, que j’ai animés dans toute la région depuis février dernier. Ce livret contiendra également un CD, sur lequel on pourra entendre ces œuvres (ou d’autres) lues par les auteurs eux-mêmes.

 

Pour cette avant-dernière chronique, je veux dire déjà tout le bénéfice que je retire de cette expérience. La richesse des rencontres, la variété des échanges, la stimulation artistique que j’y ai trouvées, marquent une étape décisive dans ma vie d’auteur. D’autre part, j’ai pu tendre une nouvelle corde à mon arc : l’animation d’atelier d’écriture, dans toute sa richesse d’émulation créative, de partage d’émotions, de découvertes intimes. Et surtout, j’ai acquis le sentiment d’exercer véritablement mon métier d’écrivain, avec un véritable rôle social, dans cette alternance nécessaire entre introspection de l’écriture et échange/collaboration avec le public. Parmi tous ces mots écrits, lus, donnés, reçus, je me suis senti (enfin) à ma place.

 p40603051.jpgolivier3.jpgp40603101.jpgp32802812.jpg

( 21 juin, 2010 )

Les dernières rencontres d’Olivier Lebleu au pays de Joachim du Bellay.

La semaine dernière a eu un goût de fin de vacances. La résidence d’Olivier Lebleu touche à sa fin et ce n’est pas sans émotion que j’écris ces presque dernières lignes.

Tout d’abord, pour terminer cette semaine, il y a eu une rencontre d’auteur à la librairie Parchemins, à Saint-Florent-le-vieil. Peu de monde était au rendez-vous, mais les âmes présentes étaient sympathiques et intéressées. Olivier a profité de l’occasion pour parler de son prochain livre « La Tête sous l’eau » dont le thème est la manipulation mentale.

p4010294.jpgp4010295.jpgp4010296.jpgp4010298.jpg

Enfin,  pour clôturer cette résidence riche et dense, Olivier a participé ce dimanche 20 juin à l’évènement « Livres et Fleuves » qui rassemble la 4ème édition du salon du livre de Loire « Les livrées de Loire » et l’association d’Un fleuve à l’autre. Tout ce petit monde s’est retrouvé à Champtoceaux au cul du Moulin, site exceptionnel de surcroît.

p4060296.jpgp4060298.jpgp4060300.jpgp4060297.jpgp4060299.jpgp40603131.jpgp4060315.jpg

Nous avons eu l’occasion de voir les collégiens de Champtoceaux lire leur texte collectif écrit en atelier d’écriture avec Olivier et mis en scène, en voix en atelier théâtre avec  la compagnie Paq’La Lune. Succès amplement mérité pour ces jeunes !

p4060306.jpgp4060307.jpg

Puis Olivier a lu le texte qu’il a créé en résidence « La traversée du jeune soldat », tout en rappelant que cette histoire s’était passée à l’endroit même où nous étions et que cela faisait, à un jour près, 70 ans que cela s’était produit.

p40603101.jpgp40603111.jpgp40603121.jpgp40603141.jpgmalaganne1920ans.jpg

Sa lecture fut un moment d’intense émotion, en résonnance avec le fleuve au courant porteur et plein de trahison. A nos oreilles nous parvenait une voix, non celle d’Olivier, mais celle de ce jeune aspirant qui luttait pour sa survie ; voix rauque, voix sensible, voix étranglée, et le silence, un silence plein, un assourdissant silence…

Fin du texte, fin de la résidence.

p4060302.jpg

( 15 juin, 2010 )

 

Mardi 15 juin. Dernière semaine de Résidence !

J’entrevois déjà la tristesse de quitter le Château

laturmeliremedievalcastle.jpgp3190100.jpgaut28851.jpg

et toute l’équipe de La Turmelière

p3190095.jpgp3190104.jpgp31900943.jpgp3190105.jpgp3190110.jpgp3180094.jpg

 

Mais auparavant, il est temps que je raconte, surtout pour ceux qui ne purent y assister, les présentations publiques des travaux d’atelier.

Elles eurent lieu le 26 mai pour les adolescents et le 30 pour les adultes, dans le cadre des Lyriades lyriades.jpg et sous le magnifique « Tambour » p3270285.jpgp3270286.jpg de la Compagnie Philippe Mathé.

Imaginez un petit chapiteau de cirque de toile cirée et de cordage, en forme de tambour géant rouge et blanc. A l’intérieur, ce lieu modulable au plancher de bois peut accueillir une petite centaine de personnes. Le comédien Philippe Mathé a conçu cette structure symbolique pour abriter le « travail singulier du Biblio-Théâtre, à savoir des spectacles à la charnière littérature-théâtre ». Pendant le festival des Lyriades, j’ai ainsi vu s’y succéder une table ronde sur la francophonie, un concert de flûtes, une conférence sur Joachim du Bellay, des lectures d’extraits de littérature par des comédiens, une adaptation de « La Peste » de Camus, etc.

p3270284.jpg

C’est donc sous cette toile ronde que nous allions faire résonner nos propres mots.

 

p3280280.jpgp3280281.jpgp2040064.jpgp32802812.jpg

Mon défi en tant qu’anim’auteur  était triple : non seulement de donner à entendre le fruit des travaux d’écriture lus par les participants-auteurs eux-mêmes, mais aussi d’expliquer le déroulement d’un atelier-type et surtout, de tenter de restituer cette ambiance particulière de créativité dans la convivialité. Avouant humblement qu’il s’agissait d’une première expérience pour moi, à tous les niveaux, je commençai chacune de ces séances publiques en exposant les règles de base. Ni exhaustives ni universelles, ce sont les miennes, constituées à partir de ma lecture d’ouvrages spécialisés et affinées par ma pratique concrète.

Règle n°1 –  l’atelier d’écriture est un lieu d’expérimentation, destiné à développer son imaginaire, à (re)trouver le goût et le plaisir d’écrire, à s’autoriser une forme d’exploration de soi : à partir d’une proposition, chacun essaie de composer un texte, plus ou moins long, dans un temps toujours imparti ; on expérimente sa plume, sans obligation de résultat et surtout, sans souci formel de grammaire ou d’orthographe. Règle n°2 – c’est dans la contrainte que se trouve la liberté de créer : « le classique qui écrit sa tragédie en observant un certain nombre de règles qu’il connaît est plus libre que le poète qui écrit ce qui lui passe par la tête et qui est l’esclave d’autres règles qu’il ignore », a écrit justement Raymond Queneau ; cependant, si l’on sèche, il est permis de détourner la proposition, puisque l’essentiel est de produire. Règle n°3 – après le temps d’écriture, chacun est invité à lire tout haut son texte devant le groupe : ce passage obligé est essentiel à la fois pour donner à entendre le texte dans la texture et l’émotion de la voix de son auteur, et pour partager ses mots dans un groupe qui par cette écoute se constitue et noue des liens ; si certains aspects du texte sont à son goût trop intimes, le participant peut n’en lire qu’une partie. Règle n°4 – tout participant est invité à partager ses impressions d’auditeur : il ne s’agit pas de critiquer, mais de commenter avec bienveillance, notamment d’indiquer comment le texte d’autrui a résonné en soi ; de mon côté, j’encourage et relève les aspects positifs d’une production, en suggérant, quand le texte s’y prête et que mes connaissances littéraires le permettent, des rapprochements avec des auteurs connus (posant comme principe que je ne me pose pas en spécialiste de la littérature, mais en amoureux subjectif). Règle n°5 – « L’atelier est thérapeutique, comme toute expérience de création », écrit l’animatrice Jeanne Benameur : puisque, même dans la contrainte, on travaille toujours sur son propre matériau, l’émotion déborde parfois le participant ; c’est à l’anim’auteur et aux autres écrivants de l’accueillir comme un cadeau que l’on se fait à soi-même et aux autres, dans le respect de la confidence.  Règle n°6 – il s’agit d’apprendre à écrire ensemble pour apprendre à écrire seul : pour certains le travail d’écriture se confinera à l’expérience collective, pour d’autres il se prolongera par une production personnelle ; je me tiens alors à la disposition de chacun pour des conseils personnalisés en dehors du temps de l’atelier.

p2060055.jpgp3040093.jpgp2040061.jpg

Pour chaque restitution d’ateliers, j’avais conçu un programme d’une heure permettant de présenter des expériences variées, illustrées par la lecture d’une dizaine de participants. Chaque fois, j’énonçais la consigne et, l’appelant par son prénom, invitait chaque auteur à devenir lecteur.

Assis autour de moi sur des bancs alignés face au public, se passant le micro de main en main, concentrés sur leurs feuilles, ados et adultes ont joué le jeu avec bravoure et bonne volonté. Quand l’exercice s’y prêtait, je sollicitais la participation du public.

p3260271.jpgp3280292.jpgp3280293.jpgp3260281.jpgp3280294.jpgp3260282.jpg

Pour la présentation de l’atelier des adolescents, tous élèves des collèges de Champtoceaux (Pompidou ou Saint-Benoît : un bel exemple de collaboration entre établissements public et privé), le premier exercice choisi s’intitule « les clichés » : il s’agit de repérer ces expressions usées, devenues des tics de langage, qui ne sont plus pensés à force d’être poncifs – pour dans un second temps, en créer de nouvelles, avec humour et pertinence, afin de raviver notre langage. Ainsi, fier comme Artaban se renouvelle sous la plume de mes jeunes écrivants en « fier comme la Joconde » ; plutôt que bavard comme un pie, on peut être « bavard comme un coiffeur » ; laissons la mule tranquille et soyons « têtu comme un épi sur la tête le matin » ; mieux vaux être « sec comme un pruneau » que comme un coup de trique et c’est moins drôle d’être léger comme une plume que « léger comme une palourde » ! L’exercice des « objets animés » consiste à prêter vie et parole à l’un de nos objets familiers : « Toto l’appareil photo » se met alors à vous harceler à coups de flashes dès votre réveil, ou bien vos boucles d’oreille jumelles, se jugeant mal accrochées, vous houspillent au point de vous faire manquer votre bus du matin (j’ai noté que les ados, sans doute plus immergés dans leur imaginaire, montrent plus d’aisance que les adultes dans cet exercice). Le troisième jeu propose de prendre une expression « au pied de la lettre » et de laisser l’absurde envahir votre univers : on croise ainsi un mot squattant « le bout de la langue » et refusant farouchement d’en sortir, ou encore un œil « jeté » par curiosité au-dessus d’une haie, broyé par une tondeuse à gazon et nous laissant borgne. Le dernier exercice intitulé « ping-pong » se joue en duo et consiste à se renvoyer des répliques écrites en respectant une situation et des personnages donnés : par exemple, une fille de 13 ans appelant son propre téléphone portable qu’elle a égaré et entamant une conversation avec le garçon de 15 ans qui décroche et qu’elle ne connaît pas, ou bien un homme de 40 ans annonçant à son épouse un gain phénoménal au Loto. Les consignes étant seulement connues des écrivants eux-mêmes, une dernière astuce est de faire deviner aux auditeurs le détail de la situation et des personnages en disséminant des indices dans le dialogue.

p3021453.jpgp2060054.jpgp3021452.jpg

Pour l’atelier adulte, j’avais choisi de présenter d’abord le même exercice « au pied de la lettre » pour prouver que l’âge ne fait parfois rien à l’affaire, que l’essentiel est une question d’imaginaire : on entendit ainsi le récit d’un cœur arraché d’un cage thoracique et « offert » palpitant sur une main tendue ou celui d’une tête devenue si « grosse » qu’elle permettait de jouer au bowling. Le second exercice, « logo-rallye » est un classique des ateliers d’écriture, requérant de composer un texte qui inclut, dans l’ordre donné, dix mots imposés ; après lecture des participants, j’ai demandé au public de deviner d’où était extrait le texte original dont je m’étais servi (une personne repéra le célèbre passage des rêveries romantiques du René de Chateaubriant). Ensuite, « le testament poétique » propose de dresser un inventaire de tout – matériel ou immatériel : objets, sensations, émotions, souvenirs, etc. – ce que nous aimerions léguer à ceux que nous avons aimés, sur le modèle des paroles de la chanson de Léo Ferré : « Avant de passer l’arme à gauche / Avant que la faux ne me fauche / Tel jour telle heure en telle année / Sans fric sans papier sans notaire / Je te laisse ici l’inventaire / De ce que j’ai mis de côté… » Le résultat est souvent très émouvant. Enfin, j’ai demandé à chaque participant de lire son « texte sur le fleuve », composé à participer d’un incipit (début de phrases servant de déclencheurs) tels que « Pour traverser le fleuve… », « Elle s’avancera dans le fleuve… », « Prenez le fleuve… » ou encore « Le niveau du fleuve n’avait jamais été aussi bas… ».

chantiersurloire.jpglesurloire.jpglebateaunoir.jpg

 

Je dois préciser, non sans une certaine fierté, que chacune de ces lectures fut copieusement applaudie, par un public sincèrement surpris de la qualité des textes. Mon rôle n’étant que celui de facilitateur bienveillant, le mérite essentiel en revient aux auteurs eux-mêmes, ados ou adultes. Qu’ils soient, ici encore, chaleureusement remerciés pour la confiance qu’ils voulurent bien m’accorder ! Et je finirais – comme j’ai conclu ces deux séances publiques, aussi vives de plaisir et riches d’émotion que le furent nos rencontres d’ateliers – par deux citations, auxquelles je souscris pleinement : « j’écris pour me parcourir. » (Henri Michaux) et « écrire, c’est crier et rire. » (Yves Navarre).

 

p328027821.jpgp3280273.jpgp3270283.jpgp3270271.jpgp3280292.jpgp3310303.jpgolivier4.jpg

 

 

 

 

( 7 juin, 2010 )

Une belle soirée d’été…

 

p3310296.jpgp3310302.jpg

Vendredi dernier, une partie des participants aux ateliers d’écriture étaient encore une fois réunis pour enregistrer leur texte à La Cabane à Mots, à la Turmelière. Dans une atmosphère légère et néanmoins studieuse, chacun a lu un texte de son choix.

p3310294.jpgp3310300.jpgp3310301.jpgp3310298.jpg

La soirée, sous une douce chaleur,  a rapidement pris la forme d’une soirée lecture à haute voix, entre écoute, et dégustations, entre anecdotes et rires, entre bons mots et belles gens.

p33103051.jpgp3310295.jpgp3310299.jpgp3310303.jpgp33103041.jpg

Pour information, vous trouverez tous ces textes lus, et beaucoup d’autres encore, dans un recueil accompagné d’un CD, qui devrait voir le jour en juillet (fin juillet).

( 31 mai, 2010 )

Un dernier atelier avant de reprendre la route.

C’est avec un plaisir non dissimulé que le groupe d’écriture s’est retrouvé vendredi soir à la médiathèque d’Ancenis, accueilli chaleureusement par Florence (boissons, et petits gâteaux nous tendaient les bras…).

p3270271.jpg p319009541.jpg

Sous la houlette d’Olivier, nous avons écrit encore, et encore. Nous avons écouté les textes des uns et des autres, des moments intenses, exceptionnels, rares.

p3270269.jpgp3270268.jpgp3270270.jpgp3270267.jpgp3280281.jpgp3280274.jpg

Entre grignotages p3280279.jpg , rires et pleurs p32802731.jpg, notre dernier atelier d’écriture avec Olivier était riche en émotion.

 

Merci à lui p3280277.jpg

 

ET

merci à vous p3280275.jpgp3280276.jpgp3280278.jpgp32802801.jpg

 

 

d’avoir permis à ce rendez-vous mensuel de devenir un échange chaleureux, plaisant, léger et sensible.

( 28 mai, 2010 )

De très belles lectures.

 

p3270283.jpgp3270286.jpgp3270284.jpg

Mercredi dernier, devant une quarantaine de personnes et sous le Tambour, installé depuis une semaine dans le parc du château de la Turmelière dans le cadre des Lyriades,les collégiens de Champtoceaux ont lu avec bonheur leurs textes créés dans les ateliers d’écriture d’Olivier Lebleu. Olivier a réussi à emmener tout ce petit monde par ses propositions ludiques, voire burlesques d’écriture. Une véritable réussite tant les textes étaient riches, étonnants et inattendus !!!

p3260267.jpgp3260269.jpgp3260272.jpgp3260281.jpg

123456
Page Suivante »
|