( 24 février, 2011 )

Après Olivier Lebleu, La Turmelière recherche un nouvel auteur…

L’association La Turmelière prépare sa prochaine résidence d’auteur qui se tiendra entre Novembre 2011 et Juin 2012.

Cahier des charges

Sur les pas de Joachim du Bellay, le centre du patrimoine littéraire de la Turmelière est aujourd’hui un lieu de lecture et d’écriture, permettant à chacun de contribuer, à la suite du poète liréen, à l’« illustration » mais aussi à l’enrichissement de la langue française.

Pour la résidence à venir, nous cherchons un auteur répondant aux critères suivants :

-          expérience ou intérêt porté à l’écriture théâtrale

-          auteur ayant publié au moins deux livres à compte d’éditeur

-          ne pas avoir bénéficié d’une bourse d’écriture du CNL sous forme d’un crédit de résidence ces deux dernières années.

-          expérience ou intérêt pour l’animation d’ateliers d’écriture

-          le cas échéant : expérience avec un public « empêché » (ITEP, IME, détenus…)

-          disponible pour 13 semaines, réparties de la façon suivante : 3 semaines fin  2011, et 2 fois 5 semaines en 2012 entre janvier et juin

Après Olivier Lebleu, La Turmelière recherche un nouvel auteur... docSi vous êtes intéressé(e), cliquez ici

une fois rempli, le dossier est à retourner à l’adresse suivante avant le 30 mars :

Association la Turmelière

Château de la Turmelière

49530 liré

tél :02-40-09-15-16

fax : 02-40-09-15-30

 ou par courriel : slherbier@fal44.org en précisant « candidature résidence »

 

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( 24 décembre, 2010 )

Olivier LEBLEU

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Depuis bientôt quinze ans, l’association LA TURMELIERE consacre une partie de son activité aux pratiques littéraires à travers des ateliers d’écriture, des promenades littéraires, des résidences d’auteur…

En 2010, c’est le romancier Olivier Lebleu qui sera accueilli sur le site pour l’écriture de son prochain roman et l’animation de plusieurs rendez-vous avec le grand public ou avec des organismes partenaires. Ainsi, de février à juin 2010, cette résidence permettra au public de rencontrer l’auteur lors de lectures, ateliers d’écriture… Programme complet à venir.

Olivier LEBLEU est écrivain, scénariste, documentariste. Né en 1966, il a publié deux romans : Passer la Nuit (H&O, 2003, sélectionné pour le Prix Chronos 2004) , L’Etranger de la Famille (H&O, 2001).
Il est aussi l’auteur de livres historiques : Les Avatars de Zarafa 1ère Girafe de France – Arléa, novembre 2006 (Prix Académie de Saintonge 2008) , Meyer et Schirlitz : les Meilleurs Ennemis, La Rochelle sept. 44/ mai 45 – Geste, mai 2005 (Prix des Mouettes, Prix Mélusine 2005).
Sa biographie du chanteur Mike Brant (La Voix du Sacrifice – Publibook, 2000) fut adaptée par le réalisateur israélien Erez Laufer et le documentaire sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes (« Mike Brant, Laisse-moi t’aimer », Grand Prix d’Israël 2003).
En télévision, il écrit des documentaires traitant de psychologie : « Nos mémoires secrètes : voyage en Psychogénéalogie » (52 mn, réalisé par Jean-Pierre Gras, diffusé en avril 2008 sur France 2, dans « Infrarouge »), « Aller plus haut » (26 mn, réalisé par Jeanne Mascolo, sur l’association « A chacun son Everest » de Christine Janin, diffusé en juillet 2008 sur France 2, dans « KD2A »).
Pour le cinéma, il est auteur ou co-auteur de projets actuellement en développement.
Il a également signé le scénario d’une comédie musicale (prix de la Fondation Beaumarchais), une adaptation théâtrale de son second roman et plusieurs textes de chansons (Daniel LEVI, Patricia LAY).

( 12 juillet, 2010 )

 

Samedi 10 juillet.

Ce matin, seul une dernière fois à La Turmelière, je joue au seigneur du château. Et de mon balcon sur la vallée, je contemple le territoire exploré : un vaste et lumineux paysage, vallonné de visages, de mots, d’émotions. Tu vois, Joachim, je l’ai fait mon voyage, de ma belle Rochelle à ton Petit Lyré, heureux comme un Ulysse de l’écriture ! Je suis même allé à Rome, entre deux étapes ; je n’y retournerai pas pour la Villa M. mais n’en garde pas de Regrets.

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A la rentrée, nous publierons nos « carnets d’ateliers » sous la forme d’un livret-cd où chacun pourra à la fois lire et écouter les travaux d’écriture de tous les participants. Les textes seront précédés de leurs consignes d’écriture pour que chaque lecteur puisse mieux apprécier le travail. En tant qu’animauteur, je suis extrêmement fier de cette production, dont certains d’entre vous purent entendre une restitution, au cours des Lyriades. La nouveauté par rapport aux précédentes résidences, précise Olivier Bernard, directeur de La Turmelière, c’est l’insertion de ce CD permettant d’entendre les auteurs, adultes ou ados, lire leurs propres textes, choisis par eux-mêmes. Quant à mon roman (sur la manipulation mentale dans le couple), bien avancé, il sera prêt fin septembre, comme prévu.

 

Hier soir, connaissant mon goût pour la chanson, toute l’équipe (Olivier, Soizic, Vanessa, Caroline, Quentin – Nicolas et Dominique étant en vacances) m’avait organisé un buffet-karaoké ! Avec quelques autres proches, nous avons chanté et ri comme des fous. Tout à l’heure, rangeant ma valise, la voix un peu enrouée, j’ai laissé le hasard composer son choix pour ma dernière bande-son ligérienne. Et sur les 1885 titres que contient mon ordinateur, ces deux chansons sont sorties :

 

J’ me lance dans la course à l’instinct

Et j’ traverse la route sans rien voir

D’autr’ que cette envie qui vient

Cett’ tempête qui me faire croire

Que je deviens moi, je deviens moi,

Qu’on devient soi

Le même en plus grand.

(Grégory Lemarchal)

 

Mais qui peut savoir le parcours que j’ai dû faire

Pour arriver à moi, arriver à moi

Et m’apercevoir qu’en retour

Tout reste à faire.

(Emmanuel Moire)

 

C’est ça : le triple sentiment de « m’être parcouru », comme dirait ce cher Michaux, de m’être trouvé à ma place, exactement, et d’en avoir encore sous le clavier !

 

Cette dernière semaine, consacrée à 4 séances d’écriture quotidiennes et successives au Centre de détention de Nantes, fut une sorte d’épilogue condensant mes plus fortes émotions de la Résidence. Ces onze hommes, entre moins de trente et plus de soixante-dix ans, ont démontré une telle envie, une telle urgence, une telle puissance à s’écrire et à se dire, que ces dix heures d’atelier ont défilé à la vitesse d’un cheval au galop. Dans leur quotidien où le temps se traîne souvent si désespérément, ils étaient décidés à tirer le meilleur du partage de ces instants comptés. Et les minutes furent si denses que j’en ai encore le cœur qui tourne. Dans un environnement où il faut parfois hurler plus fort que les loups pour ne pas sombrer, ils ont accepté de mettre leurs voix et leurs crayons au diapason. Et ce fut une chorale unique, une harmonie de solos intimes, drôles ou déchirants mais toujours authentiques. Dédiées à la discussion et l’échange, les deux dernières heures furent non moins riches et passionnées en présence des mêmes et/ou d’autres détenus.

 

Comme à Angers au début de mon séjour, dans la prison de Nantes, le thème qui déclencha le plus de débat fut la psychogénéalogie, ce travail thérapeutique sur la transmission des traumatismes au travers des générations. Forcément, les enjeux sont ici fondamentaux. Que puis-je comprendre de mon parcours et de ses accidents au regard de mon histoire familiale ? Quelle fut la part réelle de mes choix et celle de mes conditionnements ? Qu’ai-je envie de transmettre à la génération qui me suit ? Spécialiste de la discipline, Anne Ancelin-Schützenberger offre une réflexion essentielle sur notre système judiciaire, inspirée de traditions communautaires révélées par l’ethnologie : tant que nous n’aménagerons pas, dans le traitement d’un délit grave, un temps et un espace pour que la douleur de la famille et des proches, à la fois du coupable et de la victime, puisse se dire et être entendue, par toutes les parties concernées, alors le responsable ne prendra jamais la pleine conscience de sa faute et les souffrances psychologiques occasionnées seront malheureusement transmises comme des plaies inguérissables. Le jugement n’est rien sans cette chance offerte à l’apaisement, pour soi, pour les autres et tous ceux qui suivront.

 

L’écriture peut être légère ou grave, elle n’est jamais anodine. C’est un voyage essentiel en soi et vers les autres. Merci à vous tous, associatifs, institutionnels, gens de lettres et gens de scènes, professionnels ou amateurs, de me l’avoir si bien rappelé.

 

Et merci à toi, mon tendre amour, de m’avoir laissé vivre cette aventure au si long cours. Dans cette séparation, tu m’as manqué, je t’ai manqué, mais jamais nous ne nous sommes ratés. Et puisque cette histoire ne s’arrête pas ici, je te laisse le mot de la fin, toi qui as grandi dans une autre langue et continue sans cesse de conquérir la nôtre avec une si joyeuse gourmandise : En voiture, Simone ! C’est toi qui conduis et moi qui klaxonne !

 

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( 28 juin, 2010 )

lundi 28 juin. J’ai achevé ma Résidence (hormis une semaine supplémentaire en juillet, pour un atelier d’écriture avec des détenus de Nantes). La dernière étape, dimanche 20 juin, fut pour moi particulièrement émouvante : j’ai lu en public, à l’occasion de la manifestation « Des Livres et des Fleuves », organisée avec la participation très active de l’Association « D’un Fleuve à l’autre », mon poème en vers libres sur la « Traversée du Jeune Soldat ».

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Pour ceux qui auraient manqué la chronique précédente, j’ai composé ce texte à partir de l’histoire authentique du soldat André Malaganne, « aspirant » de 21 ans qui, le 19 juin 1940, donna le signal pour faire sauter le Pont d’Oudon face à l’avancée allemande, juste avant de se jeter dans la Loire sous le tir ennemi. L’émotion particulière de la lecture publique venait de la pertinence incroyable de la date et du lieu. Une fois sur place, à l’endroit dit « au Cul-du-Moulin », juste à côté du pont d’Oudon, rive gauche, j’ai réalisé en effet que nous nous trouvions sur la rive même que Malaganne avait rejointe sain et sauf cet été 40, en dépit du feu croisé des soldats allemands et français (ces derniers, ne parvenant pas à l’identifier, le prenaient pour un espion ennemi contournant les lignes) ! Et comble de hasard, nous étions exactement 70 ans + 1 jour après l’exploit qui valut au jeune Malaganne d’être inscrit au Tableau Spécial de la Médaille Militaire en 1941.

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Ce n’est pas moi qui ai déterminé le lieu ni la date de cet événement. Ce sont les organisateurs, qui au préalable ignoraient tout de mon projet d’écriture. N’est-ce pas une coïncidence extraordinaire ? Je me suis donc retrouvé au bord du fleuve, en plein air (voire en plein vent), micro à la main, devant ce public, leur expliquant les raisons de ce texte et la pertinence du lieu et de la date… quand tout le monde était persuadé que tout cela était prévu d’avance !

 

L’auditoire fut très attentif, y compris de jeunes enfants assis au premier rang devant moi. J’ai eu du mal à finir le texte, l’émotion me rattrapait. Je me suis projeté, comme si je finissais moi-même épuisé par l’effort physique, heureux de retrouver mes camarades, fier d’avoir accompli mon devoir…

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Beaucoup d’applaudissements. Des gens sont venus me féliciter. En particulier, un monsieur qui avait traversé ce même pont à l’âge de 10 ans, juste avant qu’il ne saute. Il m’a fait le plus beau des compliments : « Enfin de la poésie que l’on comprend, qui nous parle simplement ! »

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Le texte sera publié (au minimum) dans un livret clôturant ma Résidence d’auteur et qui contiendra également le meilleur des travaux des participants, ados ou adultes, aux différents ateliers d’écriture, que j’ai animés dans toute la région depuis février dernier. Ce livret contiendra également un CD, sur lequel on pourra entendre ces œuvres (ou d’autres) lues par les auteurs eux-mêmes.

 

Pour cette avant-dernière chronique, je veux dire déjà tout le bénéfice que je retire de cette expérience. La richesse des rencontres, la variété des échanges, la stimulation artistique que j’y ai trouvées, marquent une étape décisive dans ma vie d’auteur. D’autre part, j’ai pu tendre une nouvelle corde à mon arc : l’animation d’atelier d’écriture, dans toute sa richesse d’émulation créative, de partage d’émotions, de découvertes intimes. Et surtout, j’ai acquis le sentiment d’exercer véritablement mon métier d’écrivain, avec un véritable rôle social, dans cette alternance nécessaire entre introspection de l’écriture et échange/collaboration avec le public. Parmi tous ces mots écrits, lus, donnés, reçus, je me suis senti (enfin) à ma place.

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( 21 juin, 2010 )

Les dernières rencontres d’Olivier Lebleu au pays de Joachim du Bellay.

La semaine dernière a eu un goût de fin de vacances. La résidence d’Olivier Lebleu touche à sa fin et ce n’est pas sans émotion que j’écris ces presque dernières lignes.

Tout d’abord, pour terminer cette semaine, il y a eu une rencontre d’auteur à la librairie Parchemins, à Saint-Florent-le-vieil. Peu de monde était au rendez-vous, mais les âmes présentes étaient sympathiques et intéressées. Olivier a profité de l’occasion pour parler de son prochain livre « La Tête sous l’eau » dont le thème est la manipulation mentale.

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Enfin,  pour clôturer cette résidence riche et dense, Olivier a participé ce dimanche 20 juin à l’évènement « Livres et Fleuves » qui rassemble la 4ème édition du salon du livre de Loire « Les livrées de Loire » et l’association d’Un fleuve à l’autre. Tout ce petit monde s’est retrouvé à Champtoceaux au cul du Moulin, site exceptionnel de surcroît.

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Nous avons eu l’occasion de voir les collégiens de Champtoceaux lire leur texte collectif écrit en atelier d’écriture avec Olivier et mis en scène, en voix en atelier théâtre avec  la compagnie Paq’La Lune. Succès amplement mérité pour ces jeunes !

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Puis Olivier a lu le texte qu’il a créé en résidence « La traversée du jeune soldat », tout en rappelant que cette histoire s’était passée à l’endroit même où nous étions et que cela faisait, à un jour près, 70 ans que cela s’était produit.

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Sa lecture fut un moment d’intense émotion, en résonnance avec le fleuve au courant porteur et plein de trahison. A nos oreilles nous parvenait une voix, non celle d’Olivier, mais celle de ce jeune aspirant qui luttait pour sa survie ; voix rauque, voix sensible, voix étranglée, et le silence, un silence plein, un assourdissant silence…

Fin du texte, fin de la résidence.

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( 15 juin, 2010 )

 

Mardi 15 juin. Dernière semaine de Résidence !

J’entrevois déjà la tristesse de quitter le Château

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et toute l’équipe de La Turmelière

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Mais auparavant, il est temps que je raconte, surtout pour ceux qui ne purent y assister, les présentations publiques des travaux d’atelier.

Elles eurent lieu le 26 mai pour les adolescents et le 30 pour les adultes, dans le cadre des Lyriades lyriades.jpg et sous le magnifique « Tambour » p3270285.jpgp3270286.jpg de la Compagnie Philippe Mathé.

Imaginez un petit chapiteau de cirque de toile cirée et de cordage, en forme de tambour géant rouge et blanc. A l’intérieur, ce lieu modulable au plancher de bois peut accueillir une petite centaine de personnes. Le comédien Philippe Mathé a conçu cette structure symbolique pour abriter le « travail singulier du Biblio-Théâtre, à savoir des spectacles à la charnière littérature-théâtre ». Pendant le festival des Lyriades, j’ai ainsi vu s’y succéder une table ronde sur la francophonie, un concert de flûtes, une conférence sur Joachim du Bellay, des lectures d’extraits de littérature par des comédiens, une adaptation de « La Peste » de Camus, etc.

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C’est donc sous cette toile ronde que nous allions faire résonner nos propres mots.

 

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Mon défi en tant qu’anim’auteur  était triple : non seulement de donner à entendre le fruit des travaux d’écriture lus par les participants-auteurs eux-mêmes, mais aussi d’expliquer le déroulement d’un atelier-type et surtout, de tenter de restituer cette ambiance particulière de créativité dans la convivialité. Avouant humblement qu’il s’agissait d’une première expérience pour moi, à tous les niveaux, je commençai chacune de ces séances publiques en exposant les règles de base. Ni exhaustives ni universelles, ce sont les miennes, constituées à partir de ma lecture d’ouvrages spécialisés et affinées par ma pratique concrète.

Règle n°1 –  l’atelier d’écriture est un lieu d’expérimentation, destiné à développer son imaginaire, à (re)trouver le goût et le plaisir d’écrire, à s’autoriser une forme d’exploration de soi : à partir d’une proposition, chacun essaie de composer un texte, plus ou moins long, dans un temps toujours imparti ; on expérimente sa plume, sans obligation de résultat et surtout, sans souci formel de grammaire ou d’orthographe. Règle n°2 – c’est dans la contrainte que se trouve la liberté de créer : « le classique qui écrit sa tragédie en observant un certain nombre de règles qu’il connaît est plus libre que le poète qui écrit ce qui lui passe par la tête et qui est l’esclave d’autres règles qu’il ignore », a écrit justement Raymond Queneau ; cependant, si l’on sèche, il est permis de détourner la proposition, puisque l’essentiel est de produire. Règle n°3 – après le temps d’écriture, chacun est invité à lire tout haut son texte devant le groupe : ce passage obligé est essentiel à la fois pour donner à entendre le texte dans la texture et l’émotion de la voix de son auteur, et pour partager ses mots dans un groupe qui par cette écoute se constitue et noue des liens ; si certains aspects du texte sont à son goût trop intimes, le participant peut n’en lire qu’une partie. Règle n°4 – tout participant est invité à partager ses impressions d’auditeur : il ne s’agit pas de critiquer, mais de commenter avec bienveillance, notamment d’indiquer comment le texte d’autrui a résonné en soi ; de mon côté, j’encourage et relève les aspects positifs d’une production, en suggérant, quand le texte s’y prête et que mes connaissances littéraires le permettent, des rapprochements avec des auteurs connus (posant comme principe que je ne me pose pas en spécialiste de la littérature, mais en amoureux subjectif). Règle n°5 – « L’atelier est thérapeutique, comme toute expérience de création », écrit l’animatrice Jeanne Benameur : puisque, même dans la contrainte, on travaille toujours sur son propre matériau, l’émotion déborde parfois le participant ; c’est à l’anim’auteur et aux autres écrivants de l’accueillir comme un cadeau que l’on se fait à soi-même et aux autres, dans le respect de la confidence.  Règle n°6 – il s’agit d’apprendre à écrire ensemble pour apprendre à écrire seul : pour certains le travail d’écriture se confinera à l’expérience collective, pour d’autres il se prolongera par une production personnelle ; je me tiens alors à la disposition de chacun pour des conseils personnalisés en dehors du temps de l’atelier.

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Pour chaque restitution d’ateliers, j’avais conçu un programme d’une heure permettant de présenter des expériences variées, illustrées par la lecture d’une dizaine de participants. Chaque fois, j’énonçais la consigne et, l’appelant par son prénom, invitait chaque auteur à devenir lecteur.

Assis autour de moi sur des bancs alignés face au public, se passant le micro de main en main, concentrés sur leurs feuilles, ados et adultes ont joué le jeu avec bravoure et bonne volonté. Quand l’exercice s’y prêtait, je sollicitais la participation du public.

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Pour la présentation de l’atelier des adolescents, tous élèves des collèges de Champtoceaux (Pompidou ou Saint-Benoît : un bel exemple de collaboration entre établissements public et privé), le premier exercice choisi s’intitule « les clichés » : il s’agit de repérer ces expressions usées, devenues des tics de langage, qui ne sont plus pensés à force d’être poncifs – pour dans un second temps, en créer de nouvelles, avec humour et pertinence, afin de raviver notre langage. Ainsi, fier comme Artaban se renouvelle sous la plume de mes jeunes écrivants en « fier comme la Joconde » ; plutôt que bavard comme un pie, on peut être « bavard comme un coiffeur » ; laissons la mule tranquille et soyons « têtu comme un épi sur la tête le matin » ; mieux vaux être « sec comme un pruneau » que comme un coup de trique et c’est moins drôle d’être léger comme une plume que « léger comme une palourde » ! L’exercice des « objets animés » consiste à prêter vie et parole à l’un de nos objets familiers : « Toto l’appareil photo » se met alors à vous harceler à coups de flashes dès votre réveil, ou bien vos boucles d’oreille jumelles, se jugeant mal accrochées, vous houspillent au point de vous faire manquer votre bus du matin (j’ai noté que les ados, sans doute plus immergés dans leur imaginaire, montrent plus d’aisance que les adultes dans cet exercice). Le troisième jeu propose de prendre une expression « au pied de la lettre » et de laisser l’absurde envahir votre univers : on croise ainsi un mot squattant « le bout de la langue » et refusant farouchement d’en sortir, ou encore un œil « jeté » par curiosité au-dessus d’une haie, broyé par une tondeuse à gazon et nous laissant borgne. Le dernier exercice intitulé « ping-pong » se joue en duo et consiste à se renvoyer des répliques écrites en respectant une situation et des personnages donnés : par exemple, une fille de 13 ans appelant son propre téléphone portable qu’elle a égaré et entamant une conversation avec le garçon de 15 ans qui décroche et qu’elle ne connaît pas, ou bien un homme de 40 ans annonçant à son épouse un gain phénoménal au Loto. Les consignes étant seulement connues des écrivants eux-mêmes, une dernière astuce est de faire deviner aux auditeurs le détail de la situation et des personnages en disséminant des indices dans le dialogue.

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Pour l’atelier adulte, j’avais choisi de présenter d’abord le même exercice « au pied de la lettre » pour prouver que l’âge ne fait parfois rien à l’affaire, que l’essentiel est une question d’imaginaire : on entendit ainsi le récit d’un cœur arraché d’un cage thoracique et « offert » palpitant sur une main tendue ou celui d’une tête devenue si « grosse » qu’elle permettait de jouer au bowling. Le second exercice, « logo-rallye » est un classique des ateliers d’écriture, requérant de composer un texte qui inclut, dans l’ordre donné, dix mots imposés ; après lecture des participants, j’ai demandé au public de deviner d’où était extrait le texte original dont je m’étais servi (une personne repéra le célèbre passage des rêveries romantiques du René de Chateaubriant). Ensuite, « le testament poétique » propose de dresser un inventaire de tout – matériel ou immatériel : objets, sensations, émotions, souvenirs, etc. – ce que nous aimerions léguer à ceux que nous avons aimés, sur le modèle des paroles de la chanson de Léo Ferré : « Avant de passer l’arme à gauche / Avant que la faux ne me fauche / Tel jour telle heure en telle année / Sans fric sans papier sans notaire / Je te laisse ici l’inventaire / De ce que j’ai mis de côté… » Le résultat est souvent très émouvant. Enfin, j’ai demandé à chaque participant de lire son « texte sur le fleuve », composé à participer d’un incipit (début de phrases servant de déclencheurs) tels que « Pour traverser le fleuve… », « Elle s’avancera dans le fleuve… », « Prenez le fleuve… » ou encore « Le niveau du fleuve n’avait jamais été aussi bas… ».

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Je dois préciser, non sans une certaine fierté, que chacune de ces lectures fut copieusement applaudie, par un public sincèrement surpris de la qualité des textes. Mon rôle n’étant que celui de facilitateur bienveillant, le mérite essentiel en revient aux auteurs eux-mêmes, ados ou adultes. Qu’ils soient, ici encore, chaleureusement remerciés pour la confiance qu’ils voulurent bien m’accorder ! Et je finirais – comme j’ai conclu ces deux séances publiques, aussi vives de plaisir et riches d’émotion que le furent nos rencontres d’ateliers – par deux citations, auxquelles je souscris pleinement : « j’écris pour me parcourir. » (Henri Michaux) et « écrire, c’est crier et rire. » (Yves Navarre).

 

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( 7 juin, 2010 )

Une belle soirée d’été…

 

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Vendredi dernier, une partie des participants aux ateliers d’écriture étaient encore une fois réunis pour enregistrer leur texte à La Cabane à Mots, à la Turmelière. Dans une atmosphère légère et néanmoins studieuse, chacun a lu un texte de son choix.

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La soirée, sous une douce chaleur,  a rapidement pris la forme d’une soirée lecture à haute voix, entre écoute, et dégustations, entre anecdotes et rires, entre bons mots et belles gens.

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Pour information, vous trouverez tous ces textes lus, et beaucoup d’autres encore, dans un recueil accompagné d’un CD, qui devrait voir le jour en juillet (fin juillet).

( 31 mai, 2010 )

Un dernier atelier avant de reprendre la route.

C’est avec un plaisir non dissimulé que le groupe d’écriture s’est retrouvé vendredi soir à la médiathèque d’Ancenis, accueilli chaleureusement par Florence (boissons, et petits gâteaux nous tendaient les bras…).

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Sous la houlette d’Olivier, nous avons écrit encore, et encore. Nous avons écouté les textes des uns et des autres, des moments intenses, exceptionnels, rares.

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Entre grignotages p3280279.jpg , rires et pleurs p32802731.jpg, notre dernier atelier d’écriture avec Olivier était riche en émotion.

 

Merci à lui p3280277.jpg

 

ET

merci à vous p3280275.jpgp3280276.jpgp3280278.jpgp32802801.jpg

 

 

d’avoir permis à ce rendez-vous mensuel de devenir un échange chaleureux, plaisant, léger et sensible.

( 28 mai, 2010 )

De très belles lectures.

 

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Mercredi dernier, devant une quarantaine de personnes et sous le Tambour, installé depuis une semaine dans le parc du château de la Turmelière dans le cadre des Lyriades,les collégiens de Champtoceaux ont lu avec bonheur leurs textes créés dans les ateliers d’écriture d’Olivier Lebleu. Olivier a réussi à emmener tout ce petit monde par ses propositions ludiques, voire burlesques d’écriture. Une véritable réussite tant les textes étaient riches, étonnants et inattendus !!!

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( 22 février, 2010 )

Les brigades de lecture de la compagnie Paq’la Lune dans les collèges de Champtoceaux…

Ce jeudi 4 février, la cour de récréation des collèges avait des allures de surprises, de découvertes et d’écoute…

En effet les comédiens de la compagnie Paq’la Lune sont intervenus avec leur costumes imprimés de lettres, et leurs valises remplies de livres. Ils ont ainsi proposé des textes en lien avec la vie du fleuve à tous ces collégiens étonnés et attentifs.

Cette intervention est en lien avec la résidence d’Olivier Lebleu. Il animera des ateliers d’écriture aux collèges sur le thème du fleuve. Les travaux réalisés par les collégiens feront l’objet d’une restitution au mois de juin pendant la manifestation organisée par l’association d’un fleuve à l’autre.

img1744.jpgimg1742.jpgcopiedeimg1735.jpg Merci à madame Deltombe pour les photos.

Merci à la compagnie Paq’la lune de favoriser la rencontre et d’ouvrir l’art et la lecture  à tout le monde.

( 27 février, 2010 )

Vendredi 26 février 2010

« Ecrire c’est oser l’inconnu », disait Marguerite Duras. 8 courageux ont tenter l’expérience et ont plongé de bon coeur dans l’atelier d’écriture proposé par Olivier Lebleu ce vendredi à la cabane à mots à la Turmelière. Trois heures à découvrir Olivier, à écrire et à partager souvenir, émotions et rires autour de bons gâteaux faits maison (merci à Isabelle et à la maman de Nany).Une expérience riche qui se réitèrera le vendredi 26 mars à 19h au musée de Joachim du Bellay à Liré.

 D’autres photos suivent, merci à tous les participants pour leur sourire et leur bonne humeur.

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( 2 mars, 2010 )

Sous un ciel bas et gris, la brigade lit.

Nouvelle surprise aux collèges de Champtoceaux, ce lundi matin…La compagnie Paq’la Lune et ses brigades de lecture sont de retour. Cette fois-ci ils se sont transformés en groupie d’Olivier Lebleu. Entre chants audacieux(le fameux « ce rêve bleu » et la non moins fameuse « la java bleue »), et les lectures de textes d’Olivier, ils nous ont invités à le découvrir dans le sourire et la bonne humeur. C’était la journée Olivier Lebleu…

Vous pouvez retrouver la brigade de lecture demain (mercredi 3 mars) à la médiathèque d’Ancenis à 16h15, vous êtes les bienvenus.

 

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( 5 mars, 2010 )

la compagnie Paq’la Lune et les brigades de lecture étaient à Ancenis.

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Voici les quelques photos des brigades de lecture en pleine action…

 

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( 8 mars, 2010 )

Contre l’homophobie, un long chemin est encore à parcourir.

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Vendredi 5 mars, une rencontre est organisée dans le cadre des semaines contre les discriminations par la FAL 44 dans le café-lecture de l’association O’librius avec Olivier Lebleu. Devant une trentaine de personnes attentives, s’est déroulé un échange entre Gwénaël et Olivier sur son livre « l’étranger de la famille », dont l’un des thèmes est le coming out d’un des personnages principaux, ou comment annoncer son homosexualité à sa famille. Olivier traite le sujet de façon humoristique, mais derrière cette apparente légèreté se cache un sujet profond et souvent douloureux pour de nombreuses personnes. Ce soir-là , les rires et les sourires étaient bien parmi nous, mais n’oublions pas  que derrière les rires se cachent les larmes. Rappelons simplement qu’aujourd’hui de nombreux jeunes se suicident parce qu’ils sont homosexuels. A l’évidence, malgré de réelles avancées, l’homosexualité est un sujet encore tabou. Ce vendredi, nous avons tous rêvé au jour où être homosexuel  ne serait qu’ un simple aspect d’une personne au même titre que la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, ni plus, ni moins.

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Merci à l’équipe d’O’librius pour son accueil, et plus particulièrement à Gwenaël pour la lecture inspirée des extraits de « l’étranger de la famille ».

 

( 8 mars, 2010 )

Une rencontre rare, précieuse et éphémère…

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La rencontre de ce samedi pour  34 chanceux était placé sous le signe de l’originalité, de la qualité et de la légèreté. Dans un lieu exceptionnel, la chapelle des Ursulines, Bruno Bonhoure, homme aux mille facettes, a happé son public en le plongeant dans le conte de La Belle et la bête. D’une voix claire et pleine, pure et divine, il a entrelacé lecture, chants médiévaux, et attitude de la commedia de l’arte : un mélange  étonnant, détonnant, passionnant et savamment réussi.

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S’est ensuivi une discussion entre Olivier Lebleu et Bruno Bonhoure, discussion pleine d’allant et de curiosité,  de joie et de sincérité.  Le public découvre alors qu’avoir du talent n’empêche pas la simplicité. Il apprend avec étonnement que Bruno Bonhoure se construit au fur et à mesure de belles rencontres qu’il sait toujours rendre riches et fructueuses. N’oublions pas sa ténacité, n’oublions pas le « tout est possible »… Mais déjà il est l’heure de se dire au revoir. Alors nous l’espérons, Monsieur Bonhoure,  à la prochaine fois, ici ou ailleurs.

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Merci .

Allez vite découvrir le site de son association, il le mérite ainsi que tous ceux avec qui il travaille.

Pour écouter c’est là…

Merci à Dominique Daheron pour son accueil et pour le lieu merveilleux(la chapelle des Ursulines) qu’il nous a cordialement  prêté.

( 12 mars, 2010 )

A la suite d’Olivier.


Jeudi 4 mars.

Matin, conférence de presse devant 3 journalistes régionaux. Midi, déjeuner au Collège Pompidou. 13h, rencontre avec une vingtaine de 4ème et 3ème, qui ont préparé leurs questions, écrites sur des grandes feuilles à carreaux. La masse de leurs interrogations m’oblige à la concision, leur pertinence m’impose la précision. Pourquoi avoir décidé d’écrire ? Comment choisir un titre ? Me suis-je fait aider ? Quel est mon livre préféré, chez moi, chez les autres ? Quels sont mes projets ? Passionnant, engageant, exigeant !

 

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Olivier Lebleu rencontre des collégiens de 4ème-3ème

au collège Georges Pompidou (04/03/10)

 

(Notes prises par Sabine CHAGNAUD à partir des échanges.)

 

Quelle fréquence de publication ? Environ un livre tous les deux ans. Jusqu’ici, j’ai publié 5 livres.

Depuis quand tu écris ? Les poèmes, les petites histoires que j’ai écrits à l’adolescence, ça compte aussi ? J’ai écrit mon premier livre l’été de mes 18 ans, jamais publié mais c’est souvent le cas, le premier livre n’est pas toujours le meilleur.

Le livre le plus difficile à écrire ? C’est toujours celui qui est en cours.

Ma lecture préférée quand j’étais petit ? La BD Alix.

Ai-je toujours voulu être écrivain ? Quand j’étais enfant, je rêvais d’être chanteur.

Pourquoi avoir choisi de parler d’une famille si compliquée dans « L’Etranger de la famille » ? Parce qu’elle ressemble un peu à la mienne. J’invente pour parler de moi.

L’auteur qui m’a donné envie d’écrire ? Michel Tournier.

Les auteurs que j’aime lire ? Olivier Charneux, Inès Cagnatti, Yves Navarre…

« Ecrire, c’est crier et rire », dit Yves Navarre.

« J’écris pour me parcourir », dit Henri Michaux.

Pourquoi Mike Brant ? Parce que je l’ai beaucoup écouté à une période de ma vie et un jour quelqu’un m’a dit « Pourquoi tu n’écris pas sa vie ? » A ce moment-là je travaillais pour la télévision et j’ai eu accès aux archives de la Maison de la Radio, ils avaient tout sur Mike Brant, c’est là que j’ai découvert qu’il était le fils de rescapés des camps de concentration.

Comment on devient écrivain ? En écrivant… et en publiant. Aux yeux des gens, on est écrivain à partir du moment où on est publié, c’est dommage mais c’est comme ça… Dans ma vie j’ai fait plusieurs choses, c’est de plus en plus courant dans la société dans laquelle on vit, de faire plusieurs métiers.

Quels autres métiers ? J’ai travaillé pendant dix ans pour la télévision, pour une émission pour ados qui s’appelait « Giga », mais j’étais frustré car j’avais besoin d’une part plus grande de créativité dans mon travail.

Votre formation de psychologue vous aide à écrire ? Bien sûr ! Mais pas seulement. La psychologie me passionne parce que ça sert à mieux communiquer, à être bien avec les gens.

Des conseils à donner pour des personnes qui veulent écrire ? Lire beaucoup. C’est en lisant que vient l’envie d’écrire, enfin pour moi, et c’est en lisant qu’on apprend à écrire. Il faut ne pas trop se poser la question de la forme, mais plutôt de ce qu’on a vraiment envie de dire. Si c’est vraiment important pour soi, alors ça touchera les autres.

 

Vendredi 5 mars. Je suis invité à une lecture-rencontre par l’association O’Librius (si j’avais dû prendre un nom de plume, j’aurais choisi celui-là). L’invitation s’inscrit dans le cadre de la Lutte contre (toutes) les Discriminations. Je suis pour cette assimilation. Je veux dire que l’homophobie, la xénophobie, l’antisémitisme – j’en passe et des pires – jaillissent tous du même ressort psychologique : je ne connais pas > j’ai peur > je rejette > j’agresse. Quand vous le démontez, vous reprenez espoir en une tolérance à enseigner. Dans « La Crise » de Coline Serreau (1992), Michou (Patrick Timsit) s’affirme raciste, il déteste tous les Arabes : tous, sauf Mohammed, parce que Mohammed, c’est pas pareil, il est de mon immeuble ! L’ignorance est le terreau de toutes les haines. Alors, parlons-nous.

L’autre mécanisme psychologique opérant en l’occurrence est celui de la projection. Une personne en conflit avec ses propres pulsions homosexuelles peut expulser cette « homophobie intériorisée » en agressant l’homosexuel assumé. Ceux qui vont « casser du pédé » investissent un pseudo-rôle de justicier vengeur, champion d’une morale hétéro-centrée, pour apaiser la secrète (et souvent inconsciente) angoisse de leurs propres tendances « déviantes ». Est-on vraiment surpris d’apprendre qu’Hitler avait une grand-mère juive et qu’il connut des amours masculines quand il était étudiant en peinture ?

 

Ce soir-là, il est donc essentiellement question de mon premier roman « L’Etranger de la famille ».

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Parce que c’est l’histoire d’un coming-out, le mien, à travers le filtre d’une famille de fiction (mais nombreuse, comme la mienne). J’ai dit ma vérité à mes proches vers 20 ans, quand j’étais puissamment amoureux – l’adrénaline de la passion jouant comme un désinhibant. En quelques jours et quelques échanges, les décharges émotionnelles furent si fortes et si diverses qu’un ami journaliste me recommanda de prendre des notes pour un futur livre. Mais je ne voulais pas faire de l’homosexualité ma thématique (puisque fondamentalement pour moi, ce n’est en pas une, pas plus que celle de ma calvitie naissante). Ce qui m’intéressait, c’est le secret de famille, le manque de sincérité dans les relations humaines – doit-on, peut-on, tout dire, vraiment tout, et à qui ? Sous la pression de son copain, Benoît vient mettre les pieds dans le plat familial, le week-end du cinquantième anniversaire de son père. Il dynamite alors les relations tribales en renvoyant chacun à son manque de transparence, à cette trahison de serments d’une fratrie ou d’un couple. Benoît sort de son placard et confronte chacun au squelette qu’il cache dans le sien. Le plus « étranger » de tous n’est jamais celui qu’on croit. Reste ensuite, comme dirait Boris Cyrulnik, à « retricoter » les liens affectifs.

 

Gwenaël, l’animateur du café-lecture d’O’Librius, me demanda l’autorisation de lire devant notre petite assemblée quelques extraits sélectionnés par ses soins. J’ai acquiescé du bout des lèvres. Un auteur a toujours peur de s’entendre trahi par un mauvais orateur. A fortiori quand il s’agit de dialogues, comme c’est souvent le cas dans ma prose. Or, je rends hommage à la pertinence et la simplicité de notre hôte, qui trouva le ton juste entre jeu d’acteur et lecture à plat. Il en fit ni trop ni trop peu. A tel point que j’eus parfois l’impression de redécouvrir mon texte. Merci donc, Gwenaël !

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Merci ensuite à Bruno BONHOURE ! Son nom signifie bonheur en occitan et cela définit parfaitement notre personnage. Ce chanteur / conteur / comédien / mime / auteur (et j’en oublie sûrement) nous en a bien donné, du bonheur, samedi 6 mars, dans le Chapelle des Ursulines à Ancenis, en interprétant le conte de « la Belle et la Bête » (dans sa version originale du XVIIIe siècle) ponctué d’intermèdes (a capella) de chansons médiévales, folkloriques ou même de variétés françaises contemporaines. La Turmelière m’avait donné « Carte blanche » pour présenter une personnalité de mon choix, et j’ai l’honneur et le plaisir d’affirmer que ce choix a conquis le public présent. Redevenus enfants à la veillée, nous regardions et écoutions subjugués cet artiste complet. La grâce de sa voix, la souplesse de ses gestes, amplifiés par les ombres projetées et l’acoustique d’un lieu unique, ont opéré sur chacun un charme puissant. Lorsqu’il sortit de son manteau une main noire et luisante prolongée de longs doigts effilés, entre l’Edward de Tim Burton ou le Dracula de Coppola, j’en ai entendu crier de saisissement juste derrière moi !

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Lundi 8 mars. Tout autre décor : la prison d’Angers. J’y rencontre des détenus. Seulement deux d’entre eux, finalement, sur une douzaine, m’ont lu, et pas complètement. Je parle beaucoup, peu répondent ou me questionnent. Je les sens en attente. Que puis-je leur apporter ? Je détaille ma bibliographie, j’explique les motifs derrière tel livre, ma surprise pour l’accueil de tel autre. Certains mots prennent ici un poids particulier. Quand je fais le pitch de « Passer la nuit » - un jeune homme vient apporter un colis de Noël à une vieille dame esseulée, qui va le séquestrer toute la nuit – on me fait remarquer qu’ici, ce n’est pas vraiment indiqué, les histoires de séquestrés ! On me tacle à nouveau quand je parle de deal ; je me reprends en préférant le mot de contrat – et rougit en découvrant à nouveau une polysémie pouvant être mal interprétée dans le contexte… Une ambiance bonne enfant s’installe cependant. Soudain tendue quand mon homosexualité est évoquée. L’échange est courtois mais vif. L’un des mes interlocuteurs, jusqu’alors remarquablement prolixe, se retire de la conversation : « j’ai rien contre, mais ça m’intéresse pas, je veux pas en parler ». Une autre voix s’élève pour défendre ma liberté de parole. Calmement le groupe s’auto-régule, et l’on peut poursuivre.

 

Je touche dans le mille en expliquant, dans ce cadre particulier, la psychogénéalogie : comment la transmission d’un traumatisme hérité d’un parent ou d’un ancêtre peut imprimer une direction inconsciente à une existence. Comment Moshé Brand dit « Mike Brant » y a laissé sa peau. Comment Anne Ancelin-Schützenberger a mis au point sa théorie (Aïe, mes aïeux ! Liens transgénérationnels, secrets de famille, syndrome d’anniversaire, transmission des traumatismes et pratique du génosociogramme, 1998, Desclée de Brouwer), comment le « syndrome d’anniversaire » peut affecter une lointaine descendante d’un soldat gazé de la Première Guerre. Comment la « loyauté familiale invisible » de John-John Junior a autorisé l’héritier Kennedy à piloter un avion dans les pires conditions possibles. Comment j’ai fait de cette discipline thérapeutique, grille de lecture d’un destin, un documentaire pour France 2 en 2008. Silence profond dans la bibliothèque du centre de détention…

 

Un jeune homme écarquille les yeux, prend des détours pour évoquer l’image d’un parent et des possibles conséquences sur son destin : « Mais c’est pas bon si ça sert qu’à accuser quelqu’un de sa famille d’être responsables de nos conneries ?! » – « En effet, c’est pas le but, il s’agit simplement de déposer les valises qui ne nous appartiennent pas, de nous rendre libres; la malédiction n’existe pas; si l’on comprend que certaines idées, certaines angoisses sont projetées sur nous et qu’elles ne n’ont rien à voir avec nous; quand on comprend tout ça, alors on peut pardonner à l’autre, à soi-même, et commencer à faire ses propres choix dans la vie. » Un second me dit : « Moi, j’ai appris que j’avais un oncle terroriste à l’ETA le jour où je suis passé devant le juge, mon père ne m’avait jamais parlé de ce frère qui a fait le choix de la violence… » Ce même détenu me confiera être là pour des faits de violence, comme cet oncle caché : « Y’a-t-il un rapport avec moi ? » Ce n’est certainement pas à moi de lui répondre… Mais je vois que toute une réflexion s’est mise en marche.

 

 

 

 

 

( 10 mars, 2010 )

 

Attendez que je me rassemble ! Ca fait beaucoup de nouveautés et d’émotions en deux semaines à peine. Mais il faut bien que je détaille, que je débriefe, que je déblogue.

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Ce 22 février, je suis en entré en résidence. Les associés de La Turmelière ont proposé, fort de mes cinq ouvrages publiés j’ai demandé, le courant du fleuve est passé. Et grâce à quelques subsides, voilà que je réside !

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N’imaginez pas une tour d’ivoire, trois tours de clef et circulez, l’auteur écrit, y’a rien à voir ! C’est un studio que j’investis, aménagé dans les communs extérieurs du château. La grande demeure est réservée aux autres visiteurs : écoliers en classes vertes, collégiens en nature découverte, jeunes gens à BAFAtiser, avec leurs adultes certifiés – professeurs, formateurs, animateurs. Je ne suis donc pas châtelain et cela me convient. Je trouve que c’est de dehors qu’il est le plus beau, le château, avec son bel assemblage de briques et pierre de taille, Napoléon III en diable. Pour la même raison, je suis Rochelais : mieux vaut avoir l’île de Ré sous les yeux, la voir en face, plutôt que d’oublier ses beautés à force de l’habiter.

 

D’abord un mot, une pensée, pour ma famille, mes amis, mes concitoyens de La Rochelle, de l’île de Ré, de la Vendée. Tristes, tristes sinistrés. J’ai appelé, texté, mailé. Ce qu’on m’a raconté dit le martyre d’un pays ravagé par les éléments, dont je prends des nouvelles depuis mon exil. La tempête fut pire qu’en 1999 – « Xynthia », c’est forcément plus violent que Cynthia, on est d’accord. Pire parce que plus mortelle. Ma nièce qui travaille à la mairie d’Aytré doit s’occuper de corps en pyjamas, alignés sans papier dans le gymnase communal. Un couple de retraités, un routard, une jeune femme et son bébé… Non encore réclamés, noyés. La Météo avait prévenu, tous les feux passés au rouge : le vent, plus la pluie, plus la marée. Avait-on oublié la vétusté des digues ? Pourquoi n’avoir pas évacué le proche littoral ? Beaucoup se sont piégés dans leur propre maison : barricadés, cernés par les eaux, plus moyen d’ouvrir ni porte ni volet, la mer entre mais ne laisse pas sortir, alors plaqués au plafond, s’ils n’ont pas pu défoncer la couverture de leur toit, ils y sont restés…Et puis, les animaux, les équipements, les aménagements, … Courage, la mer se retire ! Et soyons plus sages, puisqu’elle reviendra… D’accord, je plombe un peu l’ambiance, mais je ne peux pas tricher.

 

Première semaine, surtout d’installation, de réunions préparatoires, d’exercices à collecter. Et vendredi 26 février, après un plateau-dîner, le premier atelier. D’écriture. Pour adultes – enfin, de 15 à 57 ans. Plusieurs sont déjà rodés. A peine le temps de présenter, d’expliquer, sous les meilleures augures (Henri Michaux : « J’écris pour me parcourir », Yves Navarre : « On écrit, pour crier et rire. »), dès la première consigne, ils affutent leur plume et voguent les mots, roulent les idées ! Premières lectures devant le groupe, devant moi. Comment commenter ? Positivement. Laisser résonner. Pourquoi raisonner ? J’en suis épaté, ils ont déjà, sous des formes pas toujours maîtrisées, leur style, leur voix, leur imaginaire, à peine bridés, ne demandant qu’à galoper, dirigés mais libérés. J’essaie de murmurer à l’oreille des stylos. En tout cas, le groupe est là, soudé de bienveillance, conscient de sa diversité, mais chacun prêt à jouer choral ou solo, en fonction des morceaux, plus ou moins imposés.

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Lundi 1er mars, première rencontre avec les élèves, collège privé Saint-Benoît, de Champtoceaux. Je reste à l’écart discret du jeu lancé par les « Brigades de lecture », de la compagnie de théâtre Paq’La Lune. Ils défilent d’entrée, burlesques et délurés, claironnant tout leur répertoire de chansons en bleu : « Olivier s’appelle Lebleu / Lebleu Olivier s’appelle ! », « Je vous dirais les mots bleus / Les mots d’Olivier Lebleu… », « C’est Olivier Lebleu / la plume la plus belle / celle qui ensorcèle… », etc. Je ne sais pas où me mettre – Lebleu rougit, évidemment. Ils s’installent, délimitent un territoire avec une bande collante, bâtissent un totem, virevoltent sous leurs parapluies frappés de lettres, dans leurs pardessus imprimés de mots. Zarafa de mes « Avatars… », le jeune homme et la vieille dame de « Passer la nuit », et même Moshé dit Mike Brant -  ils sont tous là, livrés à des oreilles pas forcément concernées, pas toujours attentives, mais quand même rassemblées. L’après-midi, au CDI du collège public Pompidou, d’autres jeunes sont assis devant le même spectacle, calmes et concentrés, tout ouïes, moment de grâce…

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Le lendemain, mardi 2 mars, déjà le premier atelier ados, au collège Pompidou, avec 14 volontaires, public et privé mêlés. C’était 3h avec les adultes, c’est 1h30 avec eux. J’ai pris soin de collectionner les exercices ludiques. « Les écrivains s’amusent » et les collégiens aussi : ologrammes, palindromes. Ils inventent et c’est déjà savoureux : tautogrammes (« Mon merveilleux mari mange mes moutons malsains, mais ma maman maligne mange mon mari moelleux » compose Emma), acrostiches ( Flot léger et continu / Luit sous le soleil / Et emporte avec lui / Une espérance impossible / Voguant à l’infini / Et ce jusqu’au bout de la nuit » invente Améliane). Je sens qu’on va se régaler ! T’inquiète pas Eliot, 13 filles pour 1 garçon, c’est disproportionné, mais je suis là, elles ne vont pas te manger. Et bravo, déjà tu les as impressionnées : « Des dragons débiles dorment dans des doudounes, derrière des diamants de dinosaures dangereux, déterminés devant des doublures de Damien Durand », record du plus long tautogramme !

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Le lendemain, mercredi 3 mars, nouvelles élucubrations joyeuses des Brigades de Lecture : à la médiathèque d’Ancenis, dans le hall du Centre aquatique, au Foyer de jeunes du Bois Jauni. A la piscine, un quidam près de moi s’exalte du délire inopiné, pour un peu il se lèverait pour chanter, finalement autorisé à donner le « 3 – 4 ! » du départ. En quelques minutes, il a rêvé, il a joué : « c’est pas tous les jours, c’est bien, ça change ! » Au Foyer, à peine étonnés, les ados écoutent et participent : « Et maintenant un 3ème de-e-e ? – Olivier Lebleu ? – Ouiii ! » Puis, un temps de questions – cash : « Pourquoi raconter cette histoire de jeune homme qui apporte un colis de Noël à une vieille dame ? Pourquoi parler d’un homo ? » Et là, je me dois de retranscrire tout l’échange :

 

Moi – D’abord, c’est quoi pour toi, un « homo » ?

L’ado – Ben, un homo, quoi !

Un autre ado : Un pédé !

Moi – Pas très joli, ce mot-là…

Une autre ado – C’est un ho-mo-sex-uel ! (Elle a pris un accent efféminé, je la regarde en souriant, elle arrête de se tortiller.)

Moi – OK, ça veut dire quoi « homosexuel » ?

Un ado – Un garçon qui va avec des garçons !

Moi – C’est ça, un garçon qui aime les autres garçons.

La première ado : Nan, mais je sais ça, mais pourquoi vous, vous avez pris un homosexuel ?

Moi – Parce que moi, je suis homosexuel.

Tous – Ah ? Oh ! (Pas de rires, une gêne quand même).

Moi – Ca change quelque chose ? Vous me trouvez différent ?

Tous  - Non, ben non !!

Moi – C’est comme si je vous disais : j’ai les yeux bleus, par exemple.

L’un des garçons – Ben ouais, mais ils sont marrons, vos yeux !!

Moi – C’est vrai, tu as raison.

 

 

( 14 mars, 2010 )

Un bel après-midi à la bibliothèque de La Varenne.

Vendredi 12 mars, 13h30 : Olivier est attendu pour animer un atelier d’écriture à la bibliothèque de La Varenne, organisé par la BDP 49.  Nous sommes onze personnes à vouloir tenter l’expérience.  Beaucoup avait cette peur, souvent irraisonnée mais que nous connaissons tous, que ce ne soit pas fait pour soi… Peur de l’élitisme, peur d’écrire avec les autres, peur tout simplement du jugement. Heureusement, Olivier, avec sa simplicité habituelle, a réussi a emmené tout le monde dans ces propositions d’écriture, et chacun au fur et à mesure a pris confiance, a baissé la garde et a plongé dans l’écriture au grand plaisir de l’ensemble du groupe.

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Mais déjà 18h, vite, les premières personnes arrivent pour écouter la lecture d’Olivier Lebleu. Nous serons une vingtaine à écouter dans un silence quasi religieux et dans une émotion contenue la nouvelle : Déshéritage. Chacun s’y est retrouvé au fur et à mesure qu’il avançait, en même temps que l’auteur, dans les pièces de la maison d’enfance de celui-ci. Ses souvenirs devenaient les nôtres, et en appelaient bien d’autres. Comme le dit souvent Olivier : « plus votre texte parle de l’intime, plus il touche à l’universel » et donc émeut le plus grand nombre. La lecture  s’est continuée sur une discussion, entrecoupée d’anecdotes et d’histoire de vie, entre Olivier et les participants.

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Puis est arrivé le moment de partager autour d’un verre de l’amitié nos impressions, nos ravissements et nos questionnements.

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Merci à tout le monde, et plus particulièrement à Andrée, Anne, Anne-Marie, Chantale, Christine,Hélène, Mario, Pierre-Hugues, Sophie, Yannis…

 

( 29 mars, 2010 )

Une amicale fin d’après-midi.

Ce vendredi, rendez-vous était pris avec le club de lecteurs de la médiathèque d’Ancenis. Rencontrer quelques lecteurs de ses livres ne pouvait qu’enthousiasmer Olivier Lebleu.

17h30 – Tout le monde est présent, attentif, posé, bienveillant.

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Olivier commence par se présenter comme une personne très hétéroclite,qui n’aime pas se laisser enfermer dans des cases.
Puis l’échange se porte sur les deux romans (L’étranger de la Famille, Passer la nuit) d’Olivier Lebleu et sur son livre historique les avatars de Zarafa première girafe de France.

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Et  la conversation arrive rapidement sur l’acte d’écrire. Olivier Lebleu revendique l’acte d’écrire comme une thérapie, il cite alors Yves Navarre qui dit : « Ecrire, c’est crier et rire. » Il n’oublie pas qu’écrire pour lui c’est aussi transmettre.

Une question arrive sur le style d’Olivier Lebleu, il précise aussitôt que selon lui, il n’a pas de style, il a juste la volonté de vouloir laisser la place au lecteur, qu’il puisse y mettre son propre imaginaire (souvenons-nous du canapé rouge !).

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La rencontre se poursuit sur l’épopée de la première girafe de France, Olivier Lebleu ne se lasse pas de nous faire partager histoire et anecdotes qui rendent ce moment agréable et souriant.

18h45 – L’échange s’arrête, mais reprend aussitôt autour d’un verre de l’amitié.

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Malheureusement le temps est compté, et il est temps de se quitter. Ce rendez-vous fut un réel plaisir de rencontres.

Merci à Florence Chevé et sa collègue pour l’accueil, les sourires et les petits gâteaux.

( 29 mars, 2010 )

Un atelier d’écriture au musée de Joachim du Bellay.

L’atelier d’écriture animé par Olivier Lebleu se passait dans un lieu hautement symbolique : le musée Joachim du Bellay.

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Chaleureusement accueillis par Cynthia, avec du thé bien chaud, des gâteaux au sésame et à la lavande préparés par ses soins, nous avons écrit sur la mémoire (fictive, enchantée, et léguée). Puis nous nous sommes amusés à écrire des dialogues qui ont donné lieu à un moment joyeux et humoristique. Nous avons poursuivi sur les textes qui portent sur le thème du fleuve et qui donneront lieu à une lecture publique pour les Lyriades, sous le Tambour à la Turmelière, le dimanche 30 mai à 14h30.

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( 9 avril, 2010 )

1ère séance : LES ECRIVAINS S’AMUSENT : à vous de jouer !

Les textes qui suivent sont le résultat (partiel) de 5 ateliers d’écriture réalisés par Olivier Lebleu entre février et avril 2012, avec une douzaine d’élèves volontaires de 4ème et de 3ème des collèges de Champtoceaux (G. Pompidou et Saint-Benoit) avec la complicité des professeurs de français, Marie Delmas et Anne Kerangoarec.

 MONOSYLLABES

 Elle a des yeux bleus dont elle est fière. (Angèle)

 Je dors en cours de Maths tous les jours. (Lucie)

 Il fait froid ce soir dans la ville de Lille. (Line)

 Le nain fait des bons sur le pont quand il a soif ! (Mona)

 Il fait beau dans le pré, le soir on voit au loin la ville qui brille. (Améliane)

 Le jour et la nuit, le loir dort. (Pauline)

 Elle part seule dans la nuit avec la lune. (Garance)

 Quand tu vas là-bas, tu pars pour le voir. (Emma)

 

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TAUTOGRAMMES

 Paoline pond plusieurs pastèques pourpres pas potables pour plusieurs poissons pas prêts pour partager par parts parallèles. (Angèle)

 Lucie lave longtemps le linge léger. (Lucie)

 Manon mange mon mouton mort, moche, malsain, maigre mais mignon. (Iseline)

Des dragons débiles dorment dans des doudounes derrière des diamants de dinosaures dangereux, déterminés devant des doublures de Damien Durand. (Eliot)

 Mon mari merveilleux mange mes moutons malsains, mais ma maman maligne mange mon mari moelleux. (Emma)

 Mes miraculeuses mirettes mettent ma magnifique mémé méchante, maléfique, même malade, mais moi… (Mona)

 Leïa la laitière lave la lourde laine. (Laëtitia)

 Mon mouton mange ma main mais meurt malade malheureusement. (Améliane)

 Pour pouvoir parler pendant plusieurs périodes, prenons plus pied, plongeons profondément pour piquer plusieurs poissons prune plus pastel. (Noémie)

 Mon méchant matou mange mes mûres, mais mon mari mord mon mignon minou, mais mes moutons malins mangent mes myrtilles. (Garance)

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 MOTS INCRUSTES : cache ton prénom !

 Passe-moi la colle en gel ! (Angèle)

 Mange une cerise, l’inoubliable fruit du cerisier. (Iseline)

 J’ai vu sur ma peau l’inoubliable. (Pauline)

 Ma non-aimée est partie. (Manon)

 Mon abruti, c’est mon anniversaire. Mon asticot grignote mon amour. (Mona)

 Je dois manger des pruneaux et miracle, je ne suis plus constipée ! (Noémie)

 Il faut prendre du papier alu si tu fais des cookies. (Lucie)

 Eh, lis Hotrone, la nouvelle BD de super-héros, sorti en 1996, elle est géniale ! (Eliot)

 Gare, en ce monde il y a beaucoup de surprises ! (Garance)

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 ACROSTICHES : fleuve

Flot léger et continu

Luit sous le soleil

Et emporte avec lui

Une espérance impossible

Voguant à l’infini

Et ce jusqu’au bout de la nuit.

(Améliane)

 

Frivolement, le fleuve s’active et enveloppe

Les pensées de la terre et de Pénélope

Entendant au loin naviguer un bateau

Ulysse arrivant et sortant de l’eau.

Vu du ciel, le fleuve est une beauté

Emerveillant le monde et l’être aimé.

(Noémie)

 

Fleuve qui glisse

Le long des prés

Et s’arrête à côté d’

Une immense et

Vaste

Etendue d’herbe.

(Lucie)

 

Fluide, il ondule doucement

La pluie n’ayant pas de prise sur lui

Elégamment, elle l’accompagne

Uniquement arrivé à la mer, il se lâche

Violemment contre le vent

Et continue sa route dans une autre vie.

(Garance)


 

 

( 9 avril, 2010 )

3ème séance : LES SENTIMENTS

FAIRE UN INVENTAIRE

 CHOSES QUI ME FONT PLAISIR     Sourire

Manger des gâteaux apéro. Un stylo à plume à mine fine. Jouer du piano. Rire jusqu’à en avoir mal au ventre. Regarder ma série préférée. Visiter un zoo. Une journée entre amies. (Angèle)

Mes pieds dans le sable chaud. Un parapluie sous la pluie. Ecouter ma musique à fond pendant des heures enfermée dans ma chambre. Lire pendant longtemps. Aller faire du shopping à Nantes. Revoir des amis que je n’ai pas vus depuis longtemps. (Améliane)

Quand je chante. Quand je fais plaisir à mes cousines en leur faisant des chasses au trésor. Quand j’ai des fous rires avec mes amies. Quand je pense au voyage en Angleterre. Quand j’ai une bonne note. Quand « il » me parle gentiment. Quand mon frère me donne des bonbons. (Iseline)

Que pour une fois, mon frère se montre à peu près sympa. (Mona)

Quand ma sœur veut que je lui apprenne à jouer à la Wii ou la PS3. Quand j’achète le dernier volet des Légendaires. La sonnerie de la fin des cours. (Eliot)

Quand un gâteau sort du four. Quand mes amis sont avec moi. Quand je lis un bon livre. Que j’essaye de nouveaux jeux. (Garance)

Faire de la guitare. Quand je chante avec ma sœur ou ma marraine. Quand j’essaie de faire plaisir aux gens que j’aime. Quand je m’améliore à la guitare. (Manon)

 

CHOSES QUI ME METTENT EN COLERE  Cri

Les enfants maltraités. Les remarques mal placées. L’injustice. Mon frère quand il me dit que je rougis. La quantité de leçons. (Angèle)

Que l’on me contredise. Qu’on essaie de crier plus fort que moi. (Améliane)

Quand mon frère entre dans ma chambre sans frapper. (Iseline)

Que quelqu’un fasse quelque chose en sachant très bien que ça m’énerve. (Mona)

Quand mon frère me bat au jeu de catch. Que les Italiens font des voyages et pas les latinistes. M’ennuyer. Le latin. Léana qui fait sa faux cul. (Mona)

Quand les autres ne comprennent pas ce que je ressens. Quand d’autres personnes se moquent de moi ou de mes amis. (Garance)

Quand mon frère touche à ma guitare. Quand ma sœur lit mes conversations sur MSN. (Manon)

 

CHOSES QUI ME RENDENT TRISTES   Triste

Un arbre sans feuilles. Les animaux écrasés sur la route. Les gens invalides. Des déchets à perte de vue dans une rue. Les tapis en peaux d’animaux. (Angèle)

Quand je ne vois pas mes amies pendant longtemps. Quand je finis un paquet de bonbons ou un gâteau au chocolat. (Iseline)

Etre privé de jeu vidéo. Quand Yohan croit qu’il est mon ami. (Mona)

Quand un professeur humilie une personne en public. Quand une personne pleure. Quand je n’ai plus d’argent pour acheter ce que je veux. Quand une personne proche meurt. (Garance)

Ne pas voir la personne que j’aime. Quand mes amies ne sont pas là. (Manon)

 

CHOSES QUI ME FONT RIRE  Rire

Une gamelle (qui ne fait pas trop mal à la personne en question, quand même). Des blagues. Les rires communicatifs. Les surnoms entre amis. (Angèle)

Les blagues Carambar débiles. Les gens qui tombent dans la rue. Voir rigoler quelqu’un d’autre. Donner des noms aux objets. Faire la conne. (Améliane)

Quand je rigole. Quand mon frère se fait gronder à ma place. Quand mes amies rigolent. Quand Coralie me regarde en cours. (Iseline)

Quand je rigole mais que personne ne comprend pourquoi. Que Garance se mette un crayon dans l’œil. Quand il m’arrive de dire ou de faire une chose complètement idiote. Qu’il arrive quelque chose de ridicule à quelqu’un (c’est nerveux). (Mona)

Le chat Gelluck. Quand la prof de latin s’énerve. Titeuf. Ma sœur qui vomit dans le bol de mon frère quand il la tient sur ses genoux. (Mona)

Une blague drôle dite au bon moment. Une chose idiote qu’il n’y a que moi qui comprends. Quand un professeur fait une blague qui tombe à l’eau. Quand une personne se cogne contre un mur. Le malheur des autres. (Garance)

Quand mon petit frère se fait gronder à ma place. Quand je repense à  des trips entre copines. (Manon)

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OBJETS ANIMES

 Mélo mon piano.

Je suis installée sur mon tabouret et je commence à jouer un morceau sur Mélo. Et soudain, mes doigts dérivent sur un dièse qui sonne, hélas, très faux sur le morceau. Mélo crie :

-  Aïe, fais un peu attention ! Ca fait très mal, tu sais ?

-  Je suis désolée, lui réponds-je. Mais il faut absolument que je m’entraîne, le concert est dans une semaine.

-  Je t’aiderai, je ferai vibrer les touches sur lesquelles tu devras appuyer pour que tu ne te trompes as, dit-il d’une belle voix mélodique.

- Oh merci, nous ne ferons qu’un.

(Angèle)

 

Je sentais Mickey mon briquet gigoter dans ma poche. Oh mince, il s’était réveillé trop tôt et j’étais encore ne cours de Maths. J’ai essayé de l’empêcher de s’échapper mais trop tard, il avait bondi de ma poche. Essayant de le rattraper, je suis tombée par terre, réussissant enfin à le choper. Mais ce n’était pas sans avoir été vue par Monsieur Sechet. Je me pris un mot et Mickey fut kidnappé. De ma place, je pouvais l’entendre pleurnicher au fond du cartable du prof. Bien fait pour lui.

(Améliane)

 

Toto mon appareil passe son temps à me prendre en photo, sans blague. Il n’aime pas quand je suis triste, car les photos sont ratées. Il déteste la pluie, mais n’aime pas trop quand il y a trop de soleil, ça l’éblouit.

-Bonjour Iseline !

-Hey, Toto !

- As-tu bien dormi ?

-Oui, merci.

Et toc, un flash sort de sa bouche. Toto, des fois je l’adore, mais alors des fois, qu’est-ce qu’il m’énerve !

(Iseline)

 

Je me lève, m’habille rapidement, enfin j’essaie de m’habiller rapidement, puis je récupère sur ma table de nuit ma montre et mes boucles d’oreille. Je m’apprête à sortir de ma chambre, mais je suis interrompue par des cris qui me transpercent les tympans :

-Attention, tu nous as mal mises ! Géraldine va tomber !

-C’est bon, arrête de me crier dan les oreilles, Mireille, je suis pas sourde !

Je les raccroche avec empressement, puis sort enfin de ma chambre. Avec leurs histoires, ces boucles d’oreille vont me faire louper mon car.

(Mona)

 

-Je vais t’appeler Oui-Oui, ça te va ?

-Oui, très bien. Au fait, tu pourrais me serrer plus fort et arrêter de me secouer dans tous les sens ?

-Je suis désolé mais tu sais très bien que tu es une…

-Je veux pas le savoir et surtout arrête de massacrer des humains innocents. Ton père te l’a interdit. Le pire dans tout ça, c’est que j’en suis complice.

-Mais ce ne sont pas de vrais humains, ce sont des…

-Tais-toi. Je vais le dire à ton père ! Oh, qu’est-ce tu fais ? Non, pas mes piles ! Pas mes piles…

- Oh la la, si on ne peut plus jouer à « Destroy all human » sans qu’une Wiimote vous balance au vieux, où va le monde ?

(Eliot)

 

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-Voyons mademoiselle, levez-vous ! Vous allez être en retard.

-Hmm… Juste encore un peu, Georgie… Je vais le faire, mais pas maintenant…

-Mademoiselle, si vous continuez, j’appelle votre mère ! Et puis moi aussi, j’ai besoin de sommeil…

- Tu n’as qu’à dormir et me laisser tranquille… Fiche-moi la paix !

-Mademoiselle, vous me voyez dans l’obligation de… CHANTER !

-Nooon ! C’est bon, Georgie, je me lève… Mais regarde, il fait encore nuit…

-Mademoiselle…

-C’est bon, c’est bon…

Je repousse la couette et me lève encore tout endormie. Cette fois, je ne pousserai pas Georgie jusqu’à la chanson… Fichu oreiller !

(Garance)

 

Sophie ma guitare s’avança vers moi et vint sur mes genoux. Je commençai à gratter ses cordes :

- Aïe ! Tu me fais mal, ça va pas !!

-Oh, pardon ! Je suis désolée.

-Bon d’accord, mais la prochaine fois, gratte avec les doigts au lieu de prendre un médiator !

-Ok, ok !

Puis, comme elle avait les cordes irritées, elle alla dans son lit pour dormir.

 

 

(Manon)

( 9 avril, 2010 )

4ème séance : REALITE / IMAGINAIRE

SOUVENIRS EN-CHANTES : retrouvez une anecdote liée au souvenir d’une chanson.

 

Sur la plage, près d’un feu de camp, les étoiles scintillent dans le ciel nocturne. Je mets le bras devant, je mets le bras derrière, je mets le bras devant. Tous ceux du mini-camp, sauf ceux qui avaient préféré aller se coucher, dansaient face à la mer. Je fais de tout petits ronds, je fais le tour de moi-même. Sophie, la monitrice, menait la danse. Je fais le booggie-booggie. On commençait à s’approcher dangereusement de l’eau. Et je vais en avant. On fait demi-tour et on retourne vers le feu de camp tout en dansant. Je mets le coude, je mets le coude derrière. (Mona)

 

Avec mes copines, on se promenait dans la rue et on a croisé une dame qui ressemblait à une poupée tellement elle était maquillée. On s’est toutes regardées et on s’est mises à chanter : I’m a Barbie girl in a Barbie world, Barbie plastic, it’s fantastic ! Ensuite, on a éclaté de rire et on a inventé une chorégraphie sur cette chanson. A un moment, j’ai fait la chorégraphie avec une copine et dans la danse, on a faillé se faire un bisou sur la bouche. Et depuis à chaque fois qu’on voit quelqu’un qui est beaucoup maquillé, on rechante cette chanson et la choré. (Manon)

 

 

AU PIED DE LA LETTRE : prenez une expression populaire et traitez-la au sens littéral.

 

J’étais à la piscine avec une amie. J’ai voulu dire quelque chose, mais j’avais le mot sur le bout de la langue. Ce mot inconnu, j’aurais voulu qu’il saute à l’eau, qu’il chante, qu’il danse, pour démontrer mon opinion, mais non ! IL en avait décidé autrement. Il boudait et restait à prendre froid, sur le bout de ma langue tendue, prête à le prononcer, ce mot. Je recommençais ma phrase, en espérant qu’il sort. Mais non, toujours pas. (Iseline)

 

On était chez mes grands-parents à manger. Tut à coup, j’avais tellement mangé que mes yeux se mirent à gonfler. Ca me faisait trop mal. Ils étaient devenus plus gros que mon ventre. Je n’en pouvais plus. Ma mère m’a emmenée aux urgences et on a attendu pendant 1 heure. Quand on a vu le médecin, il m’a dit : » Mais il faut pas s’inquiéter, on va faire un petit trou avec une aiguille et tout ça va s’arranger. » Aussitôt, il a pris une aiguille et a fait un trou dans chaque œil. En fait, ça ne fait pas si mal que ça. Puis, nous sommes rentrées chez mes grands-parents. (Manon)

 

J suis borgne… Borgne depuis le jour où, par curiosité, en entendant un bruit derrière la haie de mon jardin, j’ai décidé d’y jeter un œil. Pas de bol, le bruit que j’avais entendu, c’était la tondeuse du voisin… et l’œil que j’avais jeté était tombé pile devant elle… Donc, depuis, je suis borgne. Ca m’apprendra à être curieuse. (Mona)

 

PING-PONG : écrivez des dialogues en tandem à partir d’une situation donnée.

 

Personnage n°1 : Laëtitia – Personnage n°2 : Eliot

 

P1 :      Dites, j’ai vraiment peur là, vous pouvez vous dépêcher ?  

P2 :      Faut vous calmer, ma p’tite dame. J’ai pas le matériel suffisant, là.

P1 :      Quoi ! Comment ça ? Mais je peux pas attendre ! Ca va faire trois fois que j’arrive en retard au travail, mon patron a dit que la prochaine fois, je serai virée.

P2 :      Bon, écoutez, j’en ai pour seulement 1 à 2 heures. Ce n’est pas long. Et puis, c’st ça ou rien.

P1 :      Quoi ! Mais pourquoi ça tombe toujours sur moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?

P2 :      Très bien, vous avez gagné… Je prends ma tronçonneuse, j’explose le tout et vous êtes libre, ok ?

P1 :      C’est vrai ? Oh, merci ! Mais, dites-moi, c’est pas un peu risqué ? Car je tiens quand même à rester en vie…

P2 :      Bon, vous voulez être à l’heure, oui ou non ?

P1 :      Oui, vous avez raison… Dites-moi, ça fait longtemps que vous faites ce métier ?

P2 :      Ca devrait faire 5 ans, mais j’ai fait 1 an de prison car j’ai découpé la jambe d’une personne en voulant la sortir du même pétrin que vous.

P1 :      Très rassurant, merci ! 1 heure, ce sera très bien.

P2 :      (Seul) C’est fou le nombre de personnes qui croient à cette histoire !

(Une secrétaire de 30 ans, un réparateur de 30 ans, elle était bloquée dans un ascenseur en

 panne, ils communiquaient par interphone.)

 

 

Personnage n°1 : Lucie – Personnage n°2 : Emma

P1 :      (Aparté) Tiens, c’est bizarre, cette jeune fille me rappelle vaguement quelqu’un…

P2 :      (Idem) Pourquoi il me regarde comme ça lui ? J’ai une tâche sur le nez ? Vérification : non, ça va, j’ai l’air bien coiffé. Oublie-le !          

P1 :      (Id.) Elle est jolie avec ses tâches de rousseur, on dirait une petite fille.

P2 :      (Id.) Fais semblant de chercher un livre, pour voir un peu comment il est… Bon, il est bel homme. C’est peut-être quelqu’un que tu connais ? Cherche, cerveau, cherche !

P1 :      (Id.) Qui c’était cette petite fille brune dans ma classe ? Non, pas la peine de chercher, c’est pas elle : elle a déménagé.

P2 :      (Id.) Bon, allez p’tit gars, retourne-toi que j’essaye de te reconnaître… Attends… Roooh… Je vois pas qui tu es. Bon, allez, je souris, l’air de rien !

P1 :      (Id.) Raaah, mais c’était quoi son nom ? Elle était avec moi en CE2, j’en suis sûr !

P2 :      (Id.) Nooon !! Non, c’est pas lui ! Où on fait le plus de rencontres ? A l’école, pardi ! Cherche, cerveau, et trouve ! Ca m’agace ?

P1 :      (Id.) Jacqueline ? Jocelyne ? Non. Germaine ! Voilà ! C’est Germaine ! Eh, elle est toujours aussi mignonne !

P2 :      (Id.) Grand, mince… Cherche ! Oh, mon Dieu ! Oh la la, vite, sors de cette salle ! Il a pas changé ! C’est pour ça que tu as mis du temps…

P1 :      (Id.) Bon, j’y vais ou j’y vais pas ? Ca fait tellement longtemps ! Allez, j’ me lance !

P2        Oui, c’est moi ! Hein toi, que, qu’est-ce que tu fais là ? Ah oui, on était mignons… Bon, bah, à plus… Ouf, sauvée !

(Un jeune employé, une jeune étudiante, ils retrouvaient leur amour d’enfance.)

 

 

Personnage n°1 : Noémie – Personnage n°2 : Mona  

P1 :      Qui êtes-vous ? Pourquoi… ? Que… ? Je ne comprends pas…

P2 :      Mais calme-toi, mademoiselle, j’suis pas chant-mé, laisse-moi t’expliquer…

P1 :      Comment voulez-vous que je me calme ? Et puis, d’abord, qui êtes-vous, pour la seconde fois ?

P2 :      Roh la la, comme elle est coincée c’te meuf ! J’m’appelle Simon… C’est bon, tu t’es calmée, mademoiselle ?

P1 :      Je… je ne vous permets pas de me traiter de meuf, je suis une jeune fille ! Et je veux comprendre le pourquoi de la chose ! Et puis, quel âge avez-vous ?

P2 :      Oh la, ça t’fais quoi mon âge ? 15 ans, et alors, ça change quoi à ta vie ? Et toi, j’te d’mande ton âge ?

P1 :      15 ? Dans ce cas, je peux vous tutoyer. Tu ne me le demandes peut-être pas, mais j’ai 13 ans. Et pour la dernière fois, explique-moi !

P2 :      C’est bon, calme-toi, j’vais t’expliquer. Y dépassait juste un peu d’ton sac, et comme il allait tomber, je l’ai pris pour pas qu’il se casse. J’voulais te le rendre mais t’es partie.

P1 :      Ouais, ouais, c’est c’qu’on dit, c’est ce’qu’on dit. Et tu es où la ? Dépêche-toi de me le dire avant que je ne m’énerve, mec ! J’cache bien mon jeu, mais dans le fond, j’suis pareille que toi.

P2 :      C’est bon, j’lai pas volé, arrête de m’agresser ! J’suis au collège…

P1 :      Et alors ?

P2 :      Et alors si tu le veux, viens le chercher, ma mob n’a plus d’essence…

(La fille de 13 ans appelait son portable perdu, un jeune de 15 ans qu’elle ne

connaît pas décrochait.)

 

 

Personnage n°1 : Iseline - Personnage n°2 : Manon

P1 :      Chérie, il faut que je t’annonce quelque chose.

P2 :      Oui ? Vas-y ! 

P1 :      C’est-à-dire que euh…

P2 :      Oui, c’est-à-dire que euh… quoi ?

P1 :      J’ai gagné !

P2 :      A la belote ? Un jambon ! Mmm… Je m’en lèche les babines ! Félicitations ! Eh, tu sais que t’es un amour ?!

P1 :      Euh, comment te dire ? Non, c’est pas ça ! J’ai gagné le gros lot !

P2 :      Quoi ? Le cochon ! Mais c’est encore mieux !Ce la veut dire qu’il y a dix fois plus de jambon ! Ah, tu sais que je t’aime !

P1 :      Oui, moi aussi je t’aime, mis je n’ai gagné ni un jambon ni le cochon. J’ai gagné plein de chiffres.

P2 :      Des chiffres ?! T’as eu le code barre de l’étiquette ?

P1 :      Non ! Mais tu comprends vraiment rien, toi !! Y’a un 1 et plein d’autres chiffres après… alors ?

P2 :      Non ?! Je pense à ce que tu penses ? Des sous ? On est riches ? Leclerc est à nous, jambons à petit prix, oh la la ! Comme je suis heureuse !

P1 :      Bah ! Je pense que oui, t penses à la même chose que moi. Vive les jambons !

P2 :      Oui, vive les jambons ! Vive l’argent !… Vive toi !

(L’homme de 40 ans annonçait à sa femme du même âge avoir gagné une somme folle au

Loto.)

 

 

Personnage n°1 : Pauline – Personnage n°2 : Améliane

P1 :      Bonjour, petite fille ! Comment vas-tu ?

P2 :      De un, ch’uis pas petite et de deux, on n’a pas élevé les cochons ensemble.

P1 :      Mais je disais juste bonjour à une jolie petite fille…

P2 :      Ouais, bah non, c’est pas parce que j’ai été obligée de venir que je suis obligée de parler aux vieux !

P1 :      Et la politesse, voyons ! Je vais le dire à votre maîtresse si vous continuez.

P2 :      Si tu fais ça, je crève ton fauteuil roulant.

P1 :      Ah non, pas ça ! Tu ne ferais pas ça à une vieille dame comme moi ? Et puis, tu ne pourrais pas !

P2 :      Ah ouais, on parie ?

P1 :      Ca veut dire quoi : on parie ? Je n’ai pas ton âge !

P2 :      Ah oui, c’est vrai, le temps des dinosaures est révolu. Faut évoluer. Mais bon, vous êtes bientôt au cimetière avec vos copains, alors bon .

P1 :      Oh, sale petite malpolie ! Va-t’en d’ici et que je ne te revoie plus ! T verras quand tu auras mon âge…

P2 :      De toute façon, je comptais pas rester plus longtemps. Mais vous inquiétez pas, je regarderai chaque semaine dans la rubrique « défunts » dans le journal pour voir où vous en êtes !

(Une dame âgée, une fillette de 10 ans, une classe d’enfants visitait une maison de retraite.)

 

 

Personnage n°1 : Mme Kérangoarec – Personnage n°2 : Angèle

P1 :      Alors, comment tu me trouves ? C’est pas mal, hein ?!

P2 :      Hum, hum… C’est ringard, mais enfin… Evolue !

P1 :      Bah quoi ? Tu as vu ce que tu portes, toi ?

P2 :      Comment oses-tu ? MOI, je suis à la mode, je te signale !

P1 :      Ton accoutrement est des plus farfelus. Que dirais-tu d’essayer ma tenue ?

P2 :      Jamais de la vie ! Tu imagines la honte que je vais me prendre ? Ca, c’est pour les vieux !

P1 :      Vieille, moi ? Je suis sure que la vendeuse nous prend pour des sœurs !

P2 :      Ahaha ! Mais bien sûr… Tu es toute ridée !

P1 :      Ridée ? C’est la meilleure ! Au prix des injections !

P2 :      Parce que tu te fais des injections ? Ben, il va falloir changer de méthode, parc que là, c’est la catastrophe !

P1 :      Ingrate ! Tu verras plus tard si c’est facile ! En attendant, file me chercher un jean, et taille 36 s’il-te-plaît !

P2 :      Taille 36 ?? Mais maman, tu sais bien que tu fais beaucoup plus ! Il faut voir la vérité en face !

(Une mère de 45 ans sortait de la cabine d’essayage et demandait l’avis de sa fille de 15 ans.)

 

 

( 9 avril, 2010 )

5ème séance : FICTION COLLECTIVE

Histoire élaborée et rédigée en moins d’1h30, en répartissant la rédaction entre quatre groupes. Olivier Lebleu a seulement « tricoté » les transitions entre les textes.

 

MON AUTRE

 

Assise au bord de la Loire, les yeux dans le vague, je regarde passer le courant. Je m’appelle Estelle. Mes longs cheveux blonds ondulés tombent délicatement sur mes épaules et mes yeux couleur noisette se remplissent de larmes. Mes longues jambes tremblent.

 

Tout a commencé quand le professeur de français nous a demandé de nous informer sur notre famille au sens large pour ensuite former un arbre généalogique. J’ai donc le soir même demander à ma mère :

-          Maman, tu peux me passer le livret de famille s’il-te-plaît pour le prof de fr…

-          C’est hors de question, s’emporte ma mère avec une expression que je ne lui connaissais pas. Enfin, je… pourquoi ?

-          Bah, pour faire un arbre généalogique en français ! Tu le saurais si tu m’avais laissé finir. Alors tu me le passes, s’il-te-plaît ?, dis-je avec incompréhension.

-          Je… je ne peux pas… je crois qu’on l’a perdu… Oui, c’est ça, on l’a perdu !

-          Mais oui, bien sûr… et je peux savoir où ?

-          Mais de quoi je me mêle ? Allez, dans ta chambre, je dois finir la cuisine !

 

Folle de rage, je pars en claquant la porte. En plus, le prof a dit que ce serait noté… Tout ça parce ma mère ne veut pas me montrer le livret de famille ! Mais qu’a-t-elle à cacher à la fin ? J’ai toujours l’impression que ma mère me cache quelque chose. Nous n’avons jamais été très proches. Il faut dire que ma mère (comme mon père d’ailleurs) est très stricte : coucher à 9h, lever à 7h, tenue à table impeccable, interdiction de sortie en semaine et le samedi soir je dois être rentrée avant 7h. Je n’ai pas de télé et encore moins de téléphone portable. Coupée du monde, je me suis toujours sentie seule, comme s’il me manquait quelque chose, quelqu’un. Est-ce le manque d’amour de mes parents ? Je ne sais pas… Et maintenant on essaie de me cacher des choses ? C’est hors de question ! J’en ai marre de me faire marcher sur les pieds, c’en est trop. Ma mère ne veut pas me donner des informations sur la famille ? Eh bien, je les trouverais.

 

Je décide donc de commencer mes recherches par le grenier, où mes parents m’ont toujours interdit d’aller. La cause, c’est plein de poussière et il n’y a que de vieux meubles ? Mais j’ai toujours soupçonné une autre raison et c’est le moment de le découvrir. La porte du grenier est toujours fermée mais j’ai remarqué que ma mère dissimule une clé autour de son cou. Cette nuit, je la lui « emprunterai » et irai jeter un coup d’œil.

 

La nuit venue, je m’arme d’une lampe de poche, traverse le couloir sur la pointe des pieds et entre doucement, très doucement dans la chambre de mes parents. Je m’approche du lit du côté de ma mère et saisi la clé, prenant soin de ne pas la réveiller, puis sors tout aussi doucement. Arrivée à la porte du grenier, je prends une grande inspiration et insère la clé dans la serrure. J’entre. Je regarde autour de moi : que de vieux meubles et de la poussière. Je balaie la pièce du regard et m’arrête sur un coffre ; Je m’en approche et constate qu’il est fermé à clé. Je prends ma pince à cheveux et essaie d’ouvrir. Dix minutes plus tard, je réussis et ouvre doucement, découvrant à la faible lueur de ma lampe, des tas de paperasse. Je commence à fouiller et m’arrête sur un dossier épais, sur lequel il est marqué en grosses lettres « ESTHER ». Que cela peut-il signifier ? J’ouvre : articles de presse, rapports de police, témoignages, photos… Le tout parlant du même fait : l’enlèvement tragique de la petite Esther, jumelle d’Estelle, trois jours après sa naissance. Le voilà le secret qu’on a toujours voulu me cacher ! J’ai une jumelle, qui a été enlevée à la naissance. Mon cœur se serre, je suis prise d’une migraine. Je prends le dossier, referme le coffre, le grenier, remets la clé sur la table de nuit de ma mère et pars le plus vite possible dehors ! Je manque d’air ! Et je suis là, les yeux dans le vague, regardant la Loire et me remémorant tous les mensonges de mes parents. (Améliane et Pauline)

 

La lecture de ce dossier m’a glacée d’effroi. J’y ai repensé toute la nuit dans mon lit.

Heureusement, aujourd’hui c’est mercredi, je n’ai pas à me lever tôt. J’entends mon père partir au travail, j’attends que ma mère sorte faire les courses. Enfin seule,  je vais à l’ordinateur qui se trouve au salon. Sur Google, je tape les mots-clefs essentiels à ma recherche : « enfants disparus ». Une liste de sites. Je clique sur le premier. Oh, mon Dieu ! J’den lâche la souris. L site est… horrible, ignoble. Des histoires de bébés mutilés, congelés, des images sanguinolentes… je n’ai pas le courage de tout lire. Il y a trop de détails… Je me dépêche de quitter, les mains tremblantes. Ne surtout pas prendre de verre d’eau ! Bon, deuxième site. A peine remise, je clique sur le line. Ouf ! Pas de bébés tués ! Un panneau s’affiche : « choisissez une date. » Tremblante d’motion, je rentre mon année de naissance, 1995. Une liste d’articles se colle sur ma page. Il y en a un qui… Une petite voix me souffle dans la tête… Un bébé trouvé à Nantes ! Jamais identifié, adopté par une famille, il y a un nom, je pourrai sûrement retrouver l’adresse. Oui, il faut que j’y aille ! Mon comportement est stupide, je le sais bien, mais là…

 

J’ai décidé d’y aller pour retrouver mon autre moi – oui, bon, c’est une fugue… Ca y est, c’est le soir, mes parents dorment, mon sac est prêt. Un petit peu d’argent, des provisions et me voilà partie. Après une journée éprouvante de marche, un peu d’auto-stop, Nantes est en vue. Je me dirige vers l’adresse trouvée grâce au site. Je sonne, mon cœur bat fort, une jeune fille ouvre… Elle a mon âge. Mais la peau noire… Aucun lien possible. Je rentre dépitée.

 

Je me suis pris une de ces engueulades ! Ca m’est égal. Je n’ai rien dit, que j’avais besoin d’air, c’est tout. Privée de sortie pendant deux semaines. Ca ne m’empêche pas, dès le lendemain, de reprendre mes recherches. Je sens qu’il faut repartir du dossier. Dans un article, il y a le nom de la sage-femme. C’est écrit qu’elle est de Champtoceaux ! Dans les pages blanches, je la trouve… à 500 mètres de chez nous.

 

La femme qui m’ouvre est vieille, faible. Elle fait une drôle de tête en me voyant. Je

lui explique que j’ai une question importante à lui poser. Elle me fait rentrer en m’examinant de la tête aux pieds. Je me retrouve dans une maison impeccablement tenue. La vieille dame n’est pas aimable. Je lui explique maladroitement les raisons de cette visite, sans lui raconter tous les détails de l’histoire. Oui, elle était sage-femme, mais elle ne se souvient pas d’une histoire de jumelles, encore moins d’un enlèvement. Je lui montre son nom dans l’article. Oui, c’est bien elle, mais ça ne lui revient pas, ça fait des années. 15 ans, je lui précise. Justement, et en plus elle perd un peu la boule, me dit-elle. Je ne sais plus quoi dire. Gentiment, elle me raccompagne à la porte. (Garance et Eliot)

 

Tout raté, j’ai tout raté. Toutes mes recherches ne servent à rien. Je marche au hasard dans les rues de la ville, oppressée, toute petite, comme une intrus au milieu de ces passants indifférents à mon chagrin. En même temps, que pourraient-ils faire pour moi ? Rien, ils ne peuvent rien faire. Mes pas me mènent, machinalement, jusqu’au bas de la colline, jusqu’au ponton. Je m’assieds, les pieds ballants au-dessus de l’eau. Mes larmes se mêlent au flot de l’immense fleuve. Je sors mon carnet, où je note tous mes états d’âme. Je récapitule tout depuis le début de mon enquête. L’article de presse sur internet. La fausse piste de la jeune fille de couleur. La sage-femme qui se souvient de pas grand-chose.

 

            Plus je repense au comportement de la sage-femme et plus je le trouve bizarre. Comment on peut oublier une histoire pareille ? Oui, mais si elle perd la mémoire… Comment une vieille femme physiquement diminuée peut vivre dans une maison si nickel ? Pour vivre dans cette petite maison, elle n’a sûrement pas les moyens de s’offrir une femme de ménage. Oui, mais si la Sécu lui paie une aide… Quand même. Une voix qui souffle en moi depuis des années se réveille… Je vais revenir cette nuit. D’abord, rentrons vite, avant que ma mère ne s’aperçoive de ma désobéissance. (Mona, Lucie et Emma)

 

             A la nuit tombée, munie d’une lampe-torche, je reviens. Par chance, la porte de la maison n’est pas fermée à clef. Je rentre doucement. R.A.S. Evidemment, je me cogne dans une table. Je m’immobilise, terrifiée. Silence. Je passe devant une chambre, j’entre. C’est celle de la vieille dame. D’un bond, elle se dresse dans son lit. Elle parle, mais c’est incompréhensible, elle divague, puis elle se recouche. Ouf, elle est seulement somnambule. J’ouvre une autre porte. J’entre dans la pièce, je l’éclaire avec ma lampe. Les murs sont couverts de tags inquiétants, comme « aidez-moi ! » Soudain, j’entends un souffle. Au fond, une silhouette prostrée. Malgré la peur, je m’approche. La tête se lève. C’est elle ! (Garance et Eliot)

-          Esther ?

Ma sœur se tait. Quelques secondes passent et je m’assieds près d’elle.

-          Moi, c’est Estelle.

Je lui tends mon miroir de poche.

-          Regarde, regarde-nous… J’ai toujours su que je n’étais pas seule… Depuis le temps que j’attends ce moment. Pourquoi es-tu ici ? Depuis combien de temps ?

Elle ne réalise pas encore. Mais, pour la première fois, elle me parle :

-          Il fut un temps où j’étais libre, toutefois avec quelques horaires stricts. Ma peau ne doit pas être en contact avec le soleil, sous peine de brûlures intenses qui pourraient contribuer à ma mort. C’est pour cela que je ne sors que la nuit.

-          C’est sûrement faux, tu as été manipulée sur toute la ligne !

-          Je m’en doutais un peu…

Je la serre dans mes bras, puis une larme coule sur ma joue.

-          Esther, raconte-moi tout !

-          Il y a trois ans, j’ai tenté de fuguer, mais mère m’a retrouvée.

-          Ta mère, notre mère… Elle s’appelle Corinne et ce n’est pas cette… cette femme qui se prend pour ta mère.

-          Alors qui sont mes parents… nos parents ?

-          Viens, je t’emmène les retrouver.

 

Nous sortons de la maison. J’ai réveillé mes parents. Ils faisaient une de ces têtes. Ma sœur les attendait dans le salon, aussi stressée qu’eux.

-          Papa, Maman, je vous présente Esther.

-          Esther ?… Ma fille ! C’est bien toi ?

Mon père l’embrasse et la prend dans ses bras. Trois larmes roulent sur ses joues. Ma mère tremble beaucoup.

-          Nous t’attendons depuis 15 ans ! 15 ans, ma chérie !

-          Bonjour madame… euh, Maman.

 

Après les présentations, ma mère a sorti des photos. Moi, j’ai sorti le dossier que

j’avais trouvé au grenier. Mon père m’a regardée longuement, il ne pouvait pas me disputer. Après toutes ces émotions, Papa a appelé la police, en pleine nuit, pour expliquer la situation.

 

            La sage-femme fut arrêtée. Les policiers m’ont remerciée pour mon courage, mon sérieux et ma volonté. Nous allons vivre heureux, enfin réunis. (Iseline, Manon et Angèle)

 

 

FIN

           




 

    

( 12 avril, 2010 )

Une soirée d’écriture réussie à la librairie Parchemins

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Accueillis dans un lieu privilégié qu’est une librairie et par Michèle Germain, la maîtresse de ces lieux, nous avons écrit encore et encore, enthousiastes, plein d’allant et d’envie. Comme à son habitude Olivier Lebleu avait de nombreuses propositions dans son panier.

Dans un premier temps, nous avons imaginé, en solitaire, des vacances idéales. Puis nous avons créé, collectivement, la vie d’un personnage de fiction. Expérience riche et étonnante.

Nous avons enfin marché dans les pas, je devrais plutôt écrire dans les mots de Chateaubriand.

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Après une pause bien méritée (petits gâteaux, boissons…), nous avons repris les textes sur le fleuve et surtout nous avons écrit quelques acrostiches inédits (à découvrir bientôt sur le blog…). Je rappelle que ces textes sur le thème du fleuve seront lus dimanche 30 mai sous Le Tambour à la Turmelière dans le cadre des Lyriades.

La soirée se termine dans la joie et la bonne humeur.

Je rêve déjà au prochain atelier. Vivement le 7 mai !

 

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( 16 avril, 2010 )

LES ACROSTICHES DU FLEUVE…

Ces poèmes, acrostiches aux initiales du mot « fleuve », ont été composés par tous les participants des ateliers d’écriture menés par Olivier Lebleu, adultes ou adolescents, des collèges de Champtoceaux, du Foyer des Jeunes d’Ancenis ou de l’ITEP de La Turmelière (février-avril 2010).

 

Ils feront l’objet d’une mise en voix théâtrale pour une présentation publique par leurs auteurs eux-mêmes (mai-juin 2010)

 

Fleuve, cours d’eau qui se jette dans la mer
Long et calme
Emmêlé d’algues et des rochers
Unique
Vivant, poissons sautant de couleurs éclairés par le soleil
Enfin, il arrive près d’un pont où se promènent les touristes, admiratifs.

(Iseline)

Fleurs tout autour de toi,
L‘été comme l’hiver,
Eternellement jolies,
Un petit oiseau qui chante,
Vite, tu t’envoles,
Eternellement joli.

(Manon)

Fluide comme le vent,
Le fleuve tourbillonne,  
En toute saison il jaillit,
Un jour il partira,
Vivant dans le bonheur,
Emportant toutes ses merveilleuses rencontres avec lui.
(Pauline)

 

Flot léger et continu

Luit sous le soleil

Et emporte avec lui

Une espérance impossible

Voguant à l’infini

Et ce jusqu’au bout de la nuit.

(Améliane)

 

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Frivolement, le fleuve s’active et enveloppe

Les pensées de la terre et de Pénélope

Entendant au loin naviguer un bateau

Ulysse arrivant et sortant de l’eau.

Vu du ciel, le fleuve est une beauté

Emerveillant le monde et l’être aimé.

(Noémie)

 

Fleuve qui glisse

Le long des prés

Et s’arrête à côté d’

Une immense et

Vaste

Etendue d’herbe.

(Lucie)

 

Fluide, il ondule doucement

La pluie n’ayant pas de prise sur lui

Elégamment, elle l’accompagne

Uniquement arrivé à la mer, il se lâche

Violemment contre le vent

Et continue sa route dans une autre vie.

(Garance)

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Filet d’eau bleu

Lentement s’écoule

Emmenant avec lui

Ulysse au loin

Vers la mer

En laissant derrière lui sa mère et son père.

(Nasser)

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Fluide, le fleuve s’écoule librement

Lancinant, il se retire pour ensuite revenir

Emmenant dans son sillage

Une multitude de paysages

Véritablement majestueux et impétueux

Entraînant des pensées heureuses.

(Noémie)

Fleur qu’il y a dedans

L’eau qu’il y a dans ce fleuve

Eloigné de la ville de Paris

Un espace de convivialité

Voyez toutes les couleurs qui y brillent

En le touchant on est noyé.

(Dennys)

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Facile à consommer mais pas facile à économiser

Libre de passer par ci ou par là

Emmenant dans son courant toute personne à l’eau

Utilisé par les bateaux

Vif ou lent comme une panthère

Et quand l’estuaire arrive, il se jette pour éclabousser toute personne à proximité.

(Pierre)

 

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Flou est l’eau

Long est le fleuve

Etendu sur des kilomètres et des kilomètres

Une direction :

Vers la mer

En liberté.

(Marine)

 

Filant comme l’éclair

L’eau de la rivière

Eclabousse les gens à cause des pierres

Une personne dit merci au fleuve

Venant d’un endroit il va vers un autre

En arrivant jusqu’à la mer.

(Hugo)

 

Fluide, fuyante, folle, fracassante,

Loire libre, luisante, lorgnant

Eternellement une éphémère épeire, épiant

Un ubuesque ululement

Venu vénérer Vénus

Ethérique, esthétique, élastique.

(Isa-Tamarin)

 

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Frou frou

Langue de sable mangée par la lamproie

Enterrement d’un vieux garçon

Unique paysage, chaque jour mouvant

Voleur de civelles

Eternel dragon.

(Claudine)

 

Filer sur les chemins

Lire dans le matin

Ecouter les oiseaux

Ulysse dans le bateau

Voguer sur la Loire

Errer par les chemins.

(Michèle)

 

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 Fuir le train-train

Louer un bateau

Ecrire un refrain

User ses pinceaux

Voyager au loin

Exécuter un tableau.

(Michèle)

 

Femme

 Libre

 Emporte l’enfant

 Une vie commence

 Vole petit homme

 Existe !

 (Yannis)

 

Fiche le camp

Largue les amarres

Energumène à deux sous

Urticaire ambulant

Va-nu-pied

Ectoplasme !

(Yannis)

 

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Famine

Laisse-les mourir

Eteins la vie

Ubu arrive

Vide ton verre

Empiffre-toi.

(Yannis)

 

Fuite

Lente

Eau

Utile

Voyage

Etonnant.

(Myriam)

 

Favorisant

 Les

 Echanges

 Un

 Voyage

 En lui-même.

 (Myriam)

 

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Fuyant le relief

Louvoyant entre les reliefs

Epousant les reliefs

Usant le relief

Valorisant le relief

Et finissant tout raplapla !

(Myriam)

 

Filet

 Liquide

 Etale

 Unique

 Violent

 Estuaire.

 (Françoise)

 Fil

 Lointain

 Entame

 Une

 Valse

 Eau de vie.

 (Françoise)

 

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Fillette, je longe ses sentiers

Libre, je peux ses ponts traverser

Enervée, je la regarde souillée

Utopique, je la voudrais jamais asséchée

Vagabonde, je me laisse emporter

Eternelle, Loire je ne peux la quitter.

(Sophie)

 

 

 

Flot impétueux ou au repos.

Le lit est-il ton berceau ou ton tombeau ?

Est-ce que tu sens les kilomètres que tu parcours ?

Unis-tu la terre et les hommes que tu abreuves ?

 Vois-tu ceux qui se reflètent en toi, penses-tu à faire demi-tour ?

 Est-ce que tu te jettes dans la mer sans que cela t’émeuve ?

 (Sébastien)

 


 Fil de l’eau

L’eau qui coule

Envers et contre tout

Une et multiple

Vers les rives

Eau qui coule.

(Isabelle)

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Force de la nature

 Lié et liant

 Eaux dormantes et turbulentes

 Utiles et futiles

 Voyage de vies

 Envie de voyage.

 (Isabelle)

 

 Fleuve miroir de ma région

Ligne grise et argentée

En vaguelettes murmurantes

Unies dans le lit

Vogue vers l’estuaire

En emportant nos rêves.

(Jacqueline)

 

 

 

 

 

Flot généreux

 Lit ample et imposant

 Embâcles dans les méandres

 Univers jaune et bleu

 Vrombissant des hors-bords

 Estuaire vers l’évasion.

 (Jean-Marc)

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

( 10 mai, 2010 )

Olivier Lebleu, le retour enfin…

Vous avez du remarquer que depuis un mois le blog ne bougeait pas beaucoup. En effet, notre Olivier était parti sous d’autres cieux, à Londres (il a même été victime des cendres du fameux volcan islandais),  à Madrid, à Orange… Bref, nous, pauvres Liréens, il a fallu nous passer de lui.

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La porte était close.

Heureusement, avec les beaux jours,  comme les hirondelles, Olivier nous est revenu ce vendredi 7 mai.

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Quatorze mordus d’écriture étaient au rendez-vous à la cabane à mots pour écrire, lire, partager, échanger sous l’égide d’Olivier.

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 Les textes lus étaient à la fois riches, sensibles, et drôles : un vrai festival  !

 

 


( 18 mai, 2010 )

Retour en terre liréenne.

 

Vendredi 7 mai.

C’est ma rentrée de résidence, après un intermède d’un mois !

Je vous passe mes aventures privées, ce n’est pas le propos de ce blog. Vous saurez seulement que, passant une semaine à Londres, je fus bloqué comme des milliers de touristes par le nuage volcanique…

La Turmelière est heureusement bien loin de ces désordres et je la retrouve telle que je l’ai quittée.

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Pas le temps de chômer : le soir même, nouvel atelier. Les fidèles sont au rendez-vous, d’autres nous rejoignent, dont une jeune « plume » de 17 ans. Nouvelles expérimentations textuelles, découvertes, rires et chaleur humaine. Je prends plaisir à inventer des propositions d’écriture inédites. Voilà définitivement une nouvelle corde à mon arc.

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Cette deuxième « saison » m’entraîne inexorablement vers la présentation de nos travaux. Ados comme adultes ont (bientôt) terminé leurs textes et (presque) chacun se prêtera sous peu au jeu de la lecture publique, sur scène – les 26 et 30 mai dans le cadre des Lyriades lyriades.jpg , et le 20 juin pour la manifestation d’Un Fleuve à l’Autre (cf. planning des réjouissances). Ils y seront préparés par des comédiens de la troupe de théâtre Paq’lalune. Ces derniers leur apprennent non seulement à « projeter » leurs textes, mais aussi à se mettre en scène. J’ai assisté à une répétition des collégiens de Champtoceaux encadrés par le comédien Lionel  p1290050.jpg,  vu et entendu un texte écrit collectivement restitué en polyphonie par un chœur d’ados en mouvement sur la scène – et je vous promets un résultat captivant. A voir !

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Certaines missions se sont ajoutées à mon emploi du temps initial (au grand dam parfois de mon dirlo Olivier Bernard qui s’inquiète du temps qu’il me reste pour mon écriture – t’inquiète, Olivier, je gère).

p31901041.jpg bureau d’Olivier Bernard

Entre autres, j’ai accepté de donner quatre ateliers d’écriture pour des élèves de CIPPA. Ayant travaillé moi-même deux années pour des classes de Cycle d’Insertion Professionnelle Par l’Apprentissage au collège d’Aytré en banlieue de La Rochelle (bonjour Karine et Mathilde si vous me lisez), je n’ai pas résisté à l’invitation de l’enseignante d’Ancenis, Catherine. Âgés de 16 à 18 ans, ce sont des élèves en rupture avec l’enseignement classique et que l’on accompagne dans la recherche d’un contrat d’apprentissage. Ils alternent donc stages en entreprise et cours de matières essentielles, pour tenter de trouver une seconde chance, en marge d’un système qui, pour des raisons variées, n’a pas voulu d’eux, et réciproquement. Mon CIPPA d’Aytré fut brutalement fermé l’année dernière, de toute évidence pour des questions de mauvaise rentabilité : 15 élèves par enseignant, trop coûteux ! Et voilà comment on sacrifie les plus faibles à la raison économique… Un dernier mot : je crois aux vertus de cet enseignement alterné, tel que les Maisons Familiales l’ont inventé au lendemain de la dernière Guerre (pour des écoles d’agriculture). Nos scolaires devraient être le plus tôt possible familiarisés au monde de l’entreprise. Ils y trouveraient des motivations concrètes pour apprendre et inversement, les professeurs seraient bien obligés de bâtir un enseignement mieux adaptés à ces futurs actifs.

Soizic, p31901031.jpg → c’est elle, enfin plutôt ses chaussures…

Soizic, celle qui me bichonne ici (je l’appelle « ma camériste » quand je joue ma diva) me demande de détailler une de mes journées type en résidence. Le problème, c’est qu’aucune journée n’y ressemble à l’autre – et c’est tant mieux ! Disons que j’adapte mes efforts à mon emploi du temps. En tout cas, je n’ai pas de rituel d’écrivain. Ah si ! Souvent, avant de les poser sur le clavier, je me lave les mains. Et parfois même les dents, quand j’ai vraiment besoin d’encouragement (j’use du fil dentaire dans les cas vraiment désespérés).

p31901012.jpg       Et le thé vert à la menthe, alors

A part ça, je peux écrire le matin, le soir ou l’après-midi (rarement la nuit). Je n’écoute pas de musique – mes pensées font trop de bruit et j’ai besoin d’entendre sonner les phrases dans ma tête. Je n’écris qu’à l’ordinateur, incapable de me passer des avantages du traitement de texte (copier, coller, déplacer, effacer…).

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Pour un roman, je prépare un plan, un scénario que j’autoriserai mon inspiration à transgresser au cours de la rédaction. Il est rare que j’écrive plus de trois heures d’affilée, la cervelle se fatigue plus vite que les doigts. Mais je peux enchaîner plus d’une « session » par jour. Entre temps, je dois changer de sujet : je rédige tout autre chose ou je réponds à mes courriels, je sors m’aérer, marcher dans le parc ou pédaler dans la campagne, je regarde la télé p31900972.jpg, j’écoute de la musique, je chante à tue-tête (surtout celle des autres), ou encore je lis p3040090.jpg. Je lis un maximum et de tout, tant que ça n’a pas de rapport direct avec mon travail en cours – le journal, une BD, une biographie…

 

Mon contrat d’écriture (ben oui, c’est sérieux, vous imaginez quoi ?) stipule deux textes. Le premier : un texte court à composer sur la thématique du « fleuve » – si vous avez suivi, vous savez que j’écris quasiment les pieds dans la Loire.

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Le second : mon roman tel que je l’ai conçu avant même d’arriver ici, et qui intègrera lui aussi des éléments fluviaux. Pas de roman fleuve, ni vraiment de fleuve roman. Le premier devait être achevé pour le 10 mai et j’ai tenu l’échéance, je peux donc vous en parler. Alternant écriture romanesque et récit historique, j’étais en recherche d’un fait authentique se déroulant sur ou autour de la Loire. Et j’ai trouvé mon bonheur dans un exemplaire du Cahiers des Mauges, magazine d’histoire(s) locale(s), édition de novembre 2008. Je ne pourrai mieux vous en donner l’intrigue qu’en vous recopiant l’extrait du Journal Officiel du 16 février 1941, page 784, 2ème colonne : « Ordre 363 – Est inscrit au Tableau Spécial de la Médaille Militaire pour prendre rang du 12-10-40. MALAGANNE André, Pierre, Julien, Aspirant 3ème Division légère de Cavalerie, Groupement de Saint-Laumer : le 19 juin 1940, maintenu au nord du Pont de Oudon pour surveiller l’arrivée de l’ennemi et donner le signal de faire sauter le pont, a ouvert le feu sur un détachement blindé qui se présentait. Son fusil-mitrailleur s’étant enrayé et sommé de se rendre, a tué à coups de revolver un sous-officier allemand, puis le pont venant de sauter, a traversé la Loire à la nage sous le feu de l’ennemi.»

malaganne1920ans.jpg André Malaganne à 19, 20 ans

Quelles pensées, pendant ces longues minutes de traversée, passèrent par la tête de ce jeune homme tout juste majeur (pour l’époque) qui venait de tuer un homme et risquait de se noyer dans le fleuve ou de mourir sous les balles des Allemands, ou bien sous celles des Français qui le prenaient pour un espion ennemi contournant leurs lignes ? J’ai complété mon travail préparatoire en retrouvant les filles du défunt André, les aimables Odile et Hélène, qui m’ont nourri de détails biographiques. Le résultat est un long monologue intérieur en vers libres, que vous viendrez écouter ou que vous lirez dans le recueil de fin de résidence.

 

Quant au roman, je peux vous en donner le sujet, déjà dévoilé dans des articles de presse : la manipulation mentale à l’intérieur d’un couple. C’est un thème qui me tient à cœur pour l’avoir connu de près. Je n’en fais pas mystère, mes romans ont toujours une forte inspiration autobiographique, même si tout est réinventé au travers de personnages fictifs. Seuls mes proches peuvent distinguer le vrai du faux, et encore. Même moi, à un certain stade de l’écriture, je n’en suis plus tout à fait capable. C’est d’abord un processus douloureux, car il s’agit de décrypter, donc de revivre en pensée des expériences pénibles, vécues autrefois dans la confusion et l’angoisse (mes cauchemars pendant la période de rédaction témoignent de ces douleurs réactivées). Mais c’est finalement pour moi un travail essentiel, m’épargnant sans doute plusieurs séances de thérapie. C’est en outre et surtout un témoignage, que j’espère utile pour les autres. « L’Etranger de la famille » couvetranger.jpg raconte mon coming-out familial pour dénoncer plus largement toute forme de secret de famille, nocif et dévastateur. « Passer la nuit » couvpasser.jpg parle d’un deuil rendu impossible par la culpabilité, et plaide pour la tolérance et le dialogue entre générations. « La Tête sous l’eau » traitera des années les plus sombres de ma vie affective pour dénoncer ces pervers narcissiques qui empoisonnent la vie de leurs victimes et d’une société toute entière dans une relative impunité. Remise du manuscrit en septembre.

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Et à retrouver plus tard dans les meilleures librairies de France…

 

 

 

( 6 août, 2010 )

Un dernier tour de chant au pays de Joachim du Bellay l’Angevin

La résidence d’Olivier Lebleu est terminée, une résidence pleine de souvenirs, une résidence riche, sympathique et conviviale à l’image de l’auteur invité.Donc il faut bien l’avouer, nous ne pouvions pas le laisser partir comme ça. Alors une petite idée a germé dans nos cerveaux bien nourris, Olivier aimait chanter (nous avions eu l’occasion d’entendre sa voix régulièrement), ne s’était-il pas renseigné sur un  Karaoké à Ancenis qui n’existait pas, à sa grande déception.  L’évidence s’est imposée à l’équipe de La Turmelière, nous allions organiser un super Karaoké. Bien nous en a pris, cette dernière soirée fut à la hauteur de nos espérances : chaleureuse, heureuse, légère et bon enfant.

 

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Nous profitons aussi de ce dernier article pour te remercier Olivier pour ta disponibilité, ton ouverture d’esprit, ta conversation, tes rires et tes sourires. Allez vivement que tu publies ton livre, nous serons ainsi certains de te revoir chez nous.


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